UNE NOUVELLE THEOLOGIE

ou faut-il parler de spiritualité ?

Dieu existe-t-il ?

Toutes les religions ont échoué dans leur but avoué de conduire l'humanité sur la voie du salut. La terre est déchirée par toute sorte de conflits, (y compris les conflits religieux), et toutes les exactions commises sur le plan familial, relationnel, social et politique, sont le fait de gens qui, pour la plupart, croient en Dieu (même si ce Dieu ne porte pas toujours le même nom). La vision que les religions nous ont donné de Dieu était-elle fausse ? Une autre vision est-elle possible ?

Dans le chapitre 15 du tome 3 des Conversations avec Dieu, on peut lire ceci :

"Toute votre vie, on vous a répété que Dieu vous avait créés. Je viens maintenant vous dire ceci : C'est vous qui créez Dieu."

Les matérialistes affirment depuis longtemps que Dieu est une invention des hommes.

La preuve : Un Dieu véritable ne permettrait pas tant de souffrances sur terre.

Ici, on nous affirme que Dieu est la création des hommes.

La preuve : les souffrances sur terre marquent justement les ratages de cette création.

Note. On voit ici les deux emplois du verbe inventer : - Soit il s'agit de faire croire quelque chose de faux (ou qui n'existe pas) - Soit il s'agit de créer quelque chose de nouveau. Les matérialistes ont pris l'invention dans le premier sens. L'affirmation des CAD utilise le second. Mais la même preuve sert aux deux affirmations...

*

Evolution de la Divinité dans l'esprit humain.

"Tant qu'une religion ne prend pas pour fondement l'homme lui-même, elle ne saurait être capable d'humanité." Eugen Drewermann.

J'aurai l'occasion de reparler de l'évolution de la divinité au cours des âges. Je signale simplement qu'on ne pouvait demander aux hommes préhistoriques de concevoir un Dieu d'amour, étant donné leur expérience de la vie terrestre, pleine de dangers et de barbarie animale. L'homme de l'antiquité, lui, en se regroupant en villes et villages, n'était plus soumis à des prédateurs animaux. Mais il restait une victime facile pour ses propres chefs, assoiffés de pouvoir. Les Dieux exigeants et sanguinaires persistaient donc, d'après les modèles des potentats, tyrans et autres pharaons. Le Dieu des Hébreux s'est pourtant rapproché des hommes, mais c'est celui des Chrétiens qui s'est présenté comme un Père.

Aujourd'hui, manifestement, l'humanité cherche un autre modèle, peut-être parce que les pères ont failli à leur devoir, et qu'on n'accepte plus leurs manques et leurs erreurs. Le "Tu respecteras ton père et ta mère" est en train de perdre toute validité... parce que, lorsqu'ils ne sont pas respectables, nous osons enfin le dire. Nous avons donc effectivement besoin de créer un autre Dieu, dont les valeurs - d'une part, ne seront plus parentales, - et d'autre part, seront acceptées par la collectivité. On remarque au passage, que chaque nouvelle représentation divine se rapproche un peu plus de l'homme.

Parole humaine, Parole divine.

"A chaque instant, Dieu s'exprime en vous, en tant que vous et par votre intermédiaire."

Le principe de projection s'applique à Dieu, comme à tout le reste. On ne peut prêter à autrui des comportements qu'on ignore soi-même. Le Dieu qui exigeait des vies humaines était vénéré par une humanité capable de tuer sans encourir de châtiment. Cela a duré très longtemps, j'imagine, si on accepte cette hypothèse. Simplement, au fil du temps, l'homme a grandi en conscience, et cela lui a permis de concevoir des Dieux plus humains, qu'il a projetés à l'extérieur de lui-même pour les vénérer. Ceci dit, chaque fois que nous nous exprimons, nous manifestons un aspect de ce Dieu, créateur de toute chose, en référence au règne animal (cruauté), au règne végétal (passivité ou acceptation de cette cruauté), au règne minéral (dureté ou insensibilité), ou au règne humain (tolérance et bonté). Et cela vient du fait que nous ne savons pas qui nous sommes vraiment, ce qui permet à notre ego (le 'dieu' des règnes précédents) de nous faire croire qu'il est notre identité.

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La confusion des langages.

Langage et connaissance sont intimement liés, car il n'y a pas de connaissance sans langage. Certes, les animaux ont un langage, mais il est pré-établi, limité à des signaux précis, qui n'évoluent pas, et qui leur suffisent amplement. En revanche, si on considère notre humanité, le langage de la préhistoire devait être essentiellement concret, et au fil des millénaires, il a gagné en abstraction, il s'est différencié, multiplié, diversifié, et sa richesse est aujourd'hui colossale. Ce n'est pas innocent, car le langage est lié à la croissance du conscient.

Dans La Tour de Babel, on nous parle de la confusion des langages.

Cela pourrait s'interpréter comme le signe de la confusion entre notre monde intérieur, et le monde extérieur. Entre la parole de notre âme et celle de notre ego. Entre notre vie psychique et notre vie terrestre. Entre Dieu (symbole de notre âme) et le Diable (symbole de notre ego).

Selon cette optique, la Jérusalem Céleste dont on nous parle dans la Bible, symbolise l'être humain qui s'identifie à son âme, en excluant son ego du commandement de lui-même. Inversement, Babylone est appelée 'la Grande Prostituée', et symbolise l'être humain qui se "prostitue" à son ego (=se laisse acheter par les fausses valeurs : le pouvoir, le sexe et l'argent), ce qui a pour conséquence de mettre le plan extérieur à la première place. Ce plan extérieur est visible dans toutes les guerres religieuses, dont le but est toujours une conquête géographique, alors que seule, la conquête de sa propre âme (inconsciente) est pertinente sur le plan spirituel. Voilà pourquoi Jérusalem - la ville - a donné lieu à des croisades meurtrières, et est encore aujourd'hui un sujet de discorde entre les différentes communautés religieuses.

En voici un autre exemple, plus subtil (Jean. 1. 1):

"Au commencement était la Parole" (autres traductions : le Verbe, ou le Logos).

L'Eglise a décidé que ce Verbe, c'est Jésus, le Christ. Immédiatement, nous voilà projetés dans le monde extérieur. Un seul être humain "profite" de ce symbolisme, et tous les autres en sont exclus du même coup. Or, ce premier verset rappelle celui de la Genèse :"Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre." Selon la symbolique des rêves, le ciel et la terre sont notre âme et notre corps. Il s'agit donc là d'une vision symbolique de la création de l'homme, en tant qu'être vivant, totalement inconscient mais prêt à accéder à la conscience, ce qui est dit dans le verset 3 : "Que la lumière soit, et la lumière fut !" En effet, la lumière est (très logiquement) un symbole du conscient, capable d'éclairer l'obscurité de l'inconscience animale. Et la conscience ne peut s'installer sans la parole, ce qui pourrait bien être confirmé par le fait que toutes les 'créations' de la genèse sont précédées de :"Dieu dit". Les deux versets se complètent donc parfaitement.

La parole est une spécificité humaine basique. Le Logos, lui, parle de connaissance, d'étude. Il est devenu en français le suffixe "logie" (Ex : Psychologie = étude de l'âme). Quant au Verbe, c'est grammaticalement un mot qui se conjugue, et fait donc référence au temps. Le temps n'existe pas pour Dieu, puisqu'il est Eternel, mais il est douloureusement présent pour l'homme, coincé entre sa naissance et sa mort. Personnellement, je ressens ces deux autres traductions comme pédantes.

Indubitablement, je préfère la Parole. Elle caractérise chacun d'entre nous. Elle est accessible dès la petite enfance, et nous indique que la naissance de notre zone consciente s'est faite grâce à notre premier souvenir, stocké dans notre mémoire, grâce au langage, auquel nous venions d'accéder (vers l'âge de trois ans, en général).

Cette parole serait donc le commencement de notre vie d'être humain. Au commencement, était la parole... celle de chaque individu. De même que la parole a été le commencement de notre humanité.

Le parallèle est du reste évident entre le collectif et le personnel.

L'homme de la préhistoire correspond à ce bébé que nous avons tous été. Mais lui, il a dû "inventer" la parole. Cela lui a pris des millénaires.

L'homme de l'antiquité, c'est notre petite enfance. Mais lui, ce n'est pas à l'école qu'il a appris ses connaissances : il a dû les découvrir.

Le moyen-âge pourrait être notre école primaire. Nous y avons lutté pour faire la différence entre l'obscurantisme des dogmes religieux (le soleil tourne autour de la terre) et la vérité scientifique objective (c'est le contraire, selon Copernic), tout comme le petit enfant doit découvrir par lui-même que le Père Noël est en vérité son papa...

La renaissance a été le début de notre adolescence, avec la floraison de l'humanisme, (dont les religions ont toujours eu peur, car cela met l'homme à la première place), tout comme le jeune doit se libérer des idées de ses parents pour accéder aux siennes propres.

Le XXI° siècle. C'est aujourd'hui, et nous sommes à notre majorité : 21 ans. Au cours de cette évolution, notre parole a pris une ampleur extraordinaire. Pourtant, l'ego est toujours capable de la récupérer à son profit. La cause essentielle vient du fait que nous n'arrivons pas à comprendre le symbole comme étant notre réalité... psychique. Toujours, la réalité physique réussit à prendre le dessus, c'est-à-dire le plan extérieur.

En hébreu, le mot "dabar" signifie : la parole, vivante et efficace. C'est celle de notre âme. Dans l'évangile de Luc, le verset : "Rien n'est impossible à Dieu" est une traduction du texte grec, qui dit exactement : "Aucune parole, venant de Dieu, n'est impuissante". Or, cette parole, chacun de nous peut l'entendre, mieux encore, chacun de nous peut la dire. Cette affirmation découle de l'hypothèse suivante : Chaque fois que nous ouvrons la bouche, nous laissons s'exprimer soit notre ego (le 'dieu' des animaux), soit notre âme (le 'dieu' des hommes). L'ego nous précipite dans la barbarie animale. L'âme nous ouvre les portes de l'humanisme.

"A chaque instant, Dieu s'exprime en vous, en tant que vous, et par votre intermédiaire." (Nous sommes bien ici dans la parole). "Vous aurez toujours le choix quant à la façon dont Dieu sera créé à partir de maintenant, et Elle (=El=Dieu, à la fois féminin et masculin) ne vous enlèvera jamais ce choix et ne vous punira jamais d'avoir fait le 'mauvais' choix."

Si Dieu est le créateur de toutes choses, Il est aussi bien le créateur du monde animal que du monde humain. Nous, les hommes, nous devons faire la différence entre le comportement animal et le comportement humain. Le Dieu qui régit les bêtes est devenu notre ego, à la racine de notre inconscient. Le Dieu qui régit les hommes est notre âme, à la racine de notre conscience.

=> Lorsque le premier l'emporte sur le second (dans le psychisme humain), l'ego a gagné, et l'homme illustre cette approche philosophique connue, qui le rabaisse au rang d'un animal à peine un peu plus évolué que ceux du règne précédent. Et certes, nous sommes trop souvent capables de nous comporter avec bestialité.

=> Mais le cas inverse existe aussi, et dans ce cas de figure, l'âme a gagné. C'est le choix qu'on nous donne au départ. Et pour comprendre cela, nous avons tout le temps nécessaire, nous pouvons commettre autant d'erreurs que nous le voulons, mais plus nous tardons, plus nous en souffrons. Notre véritable intérêt coïncide avec le plan 'divin', celui de notre âme, c-à-d avec le règne humain.

Ce que je pense, je l'exprime. Ce que j'exprime, je le fais.

Pensée, parole, action. Les trois sont liées et déterminent ma vie, mais affichent aussi mes conceptions philosophiques et / ou religieuses.

Exemple 1. Un être humain habité par la haine (pensées), insulte et maudit (paroles), agresse et peut tuer (actes). Selon le cas, il va assassiner son voisin (acte ciblé et unique), sa femme (crime passionnel), des femmes (serial killer), des opposants à ses idées (exactions politiques), des fidèles d'une autre religion (Croisades, Inquisition, Saint Barthélémy, toutes les guerres religieuses, terrorisme islamique). On remarque au passage que les religions ont sans conteste le plus grand nombre de morts sur la conscience. Les hommes ont toujours aimé tuer au nom de Dieu. Mais quel est ce Dieu qui les y autorise ? C'est le faux Dieu qui est en nous et qui nous gouverne, cet ego monstrueux et névrotique, qui est aussi à la racine du meurtrier occasionnel - et de tous nos dysfonctionnements.

Exemple 2. Un être humain habité par la gentillesse (remarquez bien que je ne parle même pas d'amour), aura un discours mesuré, et agira selon toute vraisemblance en évitant de faire du mal autour de lui. Et Dieu, quel que soit le nom qu'on lui donne, sera plus proche de cet être humain-là que de ces serviteurs fanatiques qui s'arrogent le droit de tuer en son nom.

"Un système de guidage intégré en vous, vous indique comment revenir chez vous." Pour moi, il s'agit du rêve, à condition de le traduire correctement. Mais aussi de tous les textes religieux, à condition de les traduire correctement. Et plus largement de notre âme, qui s'exprime à travers le rêve (message personnel) et les Ecritures (message collectif). Esaïe (29. 11-12) l'affirme ainsi :

"Toute la révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté, que l'on donne à un homme qui sait lire en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je ne le puis, car il est cacheté. Ou comme un livre que l'on donne à un homme qui ne sait pas lire en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je ne sais pas lire."

Les spécialistes en théologie pourraient bien être ceux qui savent lire, et la masse de leurs fidèles, ceux qui ne le savent pas. Mais les premiers sont plus responsables que les seconds, car ils affirment avoir tout compris, alors que le message leur reste codé.

Jérémie le dit aussi (33.3) : "J'annoncerai de grandes choses, des choses cachées, que tu ne connais pas." Et dans Daniel (1.17), on peut lire : "Dieu accorda à Daniel de la science, de l'intelligence dans toutes les lettres, et de la sagesse, et il expliquait toutes les visions et tous les songes."

Dans le Bardo-Thödol, il est également précisé que tout le livre est codé. J'en ai proposé une traduction dans le dossier sur les vies antérieures. Du reste, la plupart des textes sacrés laissent entendre plus ou moins clairement que la lecture directe ne suffit pas. Par exemple, dans le Coran, une phrase revient tout le temps : "Il y a dans ceci des signes pour les hommes intelligents." Et dans la sourate III, verset 5, on peut lire : "Certains versets sont allégoriques. Ceux qui ont du penchant à l'erreur dans leurs coeurs s'attachent aux allégories par amour du schisme et par le désir de les interpréter ; mais Dieu seul en connaît l'interprétation. [...] Les hommes sensés réfléchissent."

Il est évident que les islamistes ne s'attardent pas sur ce genre d'énigme. C'est dommage. Il est intéressant aussi de bien comprendre le mot : Signe. Il vient du grec sumbolon, et a donné également le mot 'symbole'. Dans les quatre Evangiles, les nombreuses paraboles sont des allégories, dont il est nécessaire de percer la signification symbolique. Jésus en a expliqué certaines. Mais la plupart restent encore aujourd'hui codées, puisque (selon moi) elles mettent en scène la lutte entre l'âme et l'ego (même, et surtout quand elles sont expliquées). On remarque aussi que la parabole est une comparaison fondée sur la parole.

Pour en revenir au "signe", les événements que les synoptiques appellent 'miracles' sont présentés comme des 'signes' dans celui de Jean. Or, le signe est ce qui permet de connaître, de sentir, de prévoir, de comprendre, et donne : signifier, signer, signature, tous symboles d'identité. Le vrai miracle, finalement, se réalise lorsque l'homme s'identifie à son âme, qui loge dans son coeur et qui attend qu'il la choisisse afin de pouvoir le guérir de tout.

Toutes les religions ont failli. Et dans Jérémie (3. 16), l'Eternel annonce qu'un jour viendra où elles ne seront plus nécessaires:

"Lorsque vous aurez multiplié et fructifié dans le pays, on ne parlera plus de l'arche de l'alliance de l'Eternel, elle ne viendra plus à la pensée, on ne se la rappellera plus, on ne s'apercevra plus de son absence, et l'on n'en fera point une autre. En ce temps-là, on appellera Jérusalem le trône de l'Eternel."

Les verbes multiplier et fructifier parlent du développement de la zone consciente, qui est notre spécificité humaine. Il me semble qu'aujourd'hui, nous sommes prêts à comprendre que les écritures peuvent être lues comme des descriptions symboliques de notre monde intérieur...

Personnellement, je trouve que tout cela cadre bien avec la nouvelle approche dont on nous parle dans les CAD. La voix de notre âme-Dieu s'adresse directement à nous, mais nous ne la comprenons pas. Toutefois...on nous dit aussi:

"C'est la voix qui vous parle toujours de votre choix le plus élevé, qui place devant vous votre vision la plus grandiose. Vous n'avez qu'à entendre cette voix, et ne pas abandonner la vision."

Il est relativement simple de faire la différence entre le choix le plus élevé et le choix inférieur. Pourquoi les chefs religieux ne le font-ils pas ? Pourquoi le plus grand danger pour l'humanité vient-il de ses religions ? Parce que...

... nous avons toujours créé Dieu à notre image.

"La religion, entre les mains du moi, ou de la nature corrompue, ne sert qu'à découvrir des vices d'un genre pire que dans la nature laissée à elle-même. De là proviennent toutes les passions désordonnées des hommes religieux, qui brûlent en une flamme plus mauvaise que les passions servant aux affaires du monde ; l'orgueil, l'exaltation du moi, la haine et la persécution, sous un manteau de zèle religieux, sanctifieront des actions que la nature, laissée à elle-même, aurait honte d'avouer." (William Law).

Voilà pourquoi un Ben Laden fanatique vénère un Dieu fanatique - qui est son propre ego, et qu'il propage autour de lui.

*

La seule issue, c'est de changer l'idée que nous nous faisons de Dieu.

Mais pour créer un Dieu digne de ce nom, il faut d'abord le concevoir, puis le laisser s'exprimer, et pour cela lui donner corps... à travers le nôtre.

"Ces idées, telles qu'elles s'expriment à travers vous, créent le gabarit, établissent le décor, servent de modèle pour vous permettre d'atteindre le palier suivant de l'expérience humaine."

C'est ce que nous vivons en ce moment. Lorsque Marc Dutroux a été arrêté, tout le peuple belge a envahi les rues silencieusement, et cette "marche blanche" a créé le gabarit dont il est question dans la citation. Quand toute la population espagnole s'est déployée dans les villes de tout le pays, suite aux attentats du 11 Mars 2004, la race humaine a établi un nouveau décor, qui va servir de modèle pour atteindre le palier suivant de notre évolution.

"Ce que vous pensez, vous le créez..." = Le terroriste pense la haine et crée les bombes. Mais le peuple rejette l'horreur du sadisme et de la barbarie.

"Ce que vous créez, vous le devenez..." = Le terroriste crée les bombes et devient un meurtrier. Mais le peuple refuse ce fonctionnement et manifeste ainsi son humanité.

"Ce que vous devenez, vous l'exprimez..." = Le terroriste devient un meurtrier et exprime son fanatisme. Mais le peuple qui opte pour l'humanité demande la paix.

"Ce que vous exprimez, vous en faites l'expérience..." = Le terroriste exprime son fanatisme, et expérimente la mort ou la prison. mais le peuple demande la paix et en fait l'expérience dans une manifestation émouvante, liée à la vie et à la liberté.

"Ce dont vous faites l'expérience, vous l'êtes..." = Le terroriste sème la mort, comme un animal, soumis à la loi du plus fort. Le peuple expérimente la tolérance, et affiche son humanité.

"Ce que vous êtes, vous le pensez..." = Le terroriste, identifié à son ego-assassin, pense la terreur et la haine. Le peuple s'identifie à son âme, et choisit l'humanité et l'ouverture.

"Le cercle est complet." = Tandis que le terroriste s'enfonce dans son propre piège, le peuple repart pour un nouveau cycle, plus humain que le précédent, pour continuer à gagner en humanité.

"L'unique travail dans lequel vous êtes engagés vient tout juste de commencer, car maintenant, enfin, vous comprenez ce que vous faites. C'est vous qui vous êtes amenés à savoir cela, c'est vous tous qui vous êtes amenés à vous en préoccuper. Et vous vous préoccupez vraiment, maintenant plus que jamais, de qui vous êtes vraiment. Car maintenant, enfin, vous voyez l'ensemble du tableau."

= C'est flagrant, me semble-t-il, à travers ces marches pacifistes des peuples, dans tous les pays européens. On sent là quelque chose qui les porte, et qui est de l'ordre d'un humanisme enfin prêt à effacer tous les intégrismes religieux, et surtout capable de le faire. Nous sommes sur le point de devenir qui nous sommes vraiment : Dieu, c'est-à-dire notre âme, qui est en nous.

"Qui vous êtes, Je le suis. Vous êtes en train de définir Dieu."

= Quel Dieu voulons-nous ? Qui voulons-nous être ? Chacun d'entre nous répond à cette question par ses pensées, ses paroles et ses actions. Car Dieu est la vie, à l'intérieur de tous les êtres vivants. Les animaux sont programmés pour vivre selon la loi du plus fort. Mais l'homme qui suit cette loi se conduit comme un animal. Si nous avons une spécificité, elle est humaine, et fondée sur la loi du coeur. Dieu s'exprime en nous, à travers nous, comme il s'exprime à travers la vie animale. C'est à nous de décider, chacun avec sa conscience, si nous nous satisfaisons d'être des animaux ou si nous préférons devenir réellement des humains.

A mon sens, notre plus belle définition est celle de "l'homme accompli". Jésus avait dit : "Je ne suis pas venu abolir les Ecritures, je suis venu les accomplir." A l'époque, il était un être humain capable de le faire, mais il était le seul... Aujourd'hui, nous y sommes tous prêts, tout au moins un grand nombre d'entre nous.

"Je vous ai envoyés - vous, une part bénie de moi - dans la forme physique, afin de me connaître de façon expérientielle tout comme Je sais ce que Je suis de façon conceptuelle. La vie est pour Dieu un outil qui lui sert à transformer le concept en expérience. Elle vous servira à faire de même. Car vous êtes Dieu, en train de faire cela."

Cela pourrait expliquer pourquoi nous sommes si heureux lorsque nous avons accompli une 'bonne' action... C'est que notre âme-Dieu touche enfin du doigt (si j'ose dire) sa propre bonté, elle l'expérimente, et elle se reconnaît enfin ! Quel raccourci, quel rapprochement...

D'une certaine façon, cela est entériné par l'Eglise catholique qui, Il y a quelques années, a autorisé ses fidèles à tutoyer Dieu... "Notre Père qui es au ciel..." Aujourd'hui, d'après ce livre, nous pourrions dire : Mon Dieu, toi qui es en moi... Non : Mon âme, qui es en moi. Car chacun a la sienne, et c'est la somme de toutes, qui finalement, fait Dieu. D'où l'intérêt de respecter chaque être humain, puisque chacun abrite Dieu en lui.

"La semence de Dieu est en nous. Etant donné un fermier intelligent et laborieux, elle prospèrera et grandira pour devenir Dieu dont elle est la semence ; et en conséquence, les fruits en seront la nature divine. Les semences de poires deviennent des poiriers, les semences de noix deviennent des noyers, et la semence de Dieu devient Dieu." Maître Eckhart (qui a écrit ces lignes) était un mystique du XIII° siècle, dont le Pape condamna les théories. Il échappa de peu au bûcher des hérétiques.

Pourtant, mon âme, c'est moi. Par chacune de mes pensées, par chacune de mes paroles, par chacun de mes actes, Je définis Celui qui est en moi, et Je l'oblige à se manifester soit comme un Dieu de haine (la loi animale du plus fort, outil de l'ego), soit comme un Dieu d'amour (l'humanité, outil de notre âme). Le plus étonnant, c'est que pour Lui, cela n'a aucune importance, puisque, de toute façon, il est à l'origine de tout, et que sa Création est parfaite, qu'elle soit minérale, végétale, animale ou humaine. Par ailleurs, le temps n'existe pas pour Lui : il a donc le temps... paradoxalement ! C'est nous qui devrions être pressés, car toute la souffrance que nous subissons, est engendrée par cette confusion terrible entre notre âme et notre ego.

"Je vous ai tous créés, afin que vous puissiez me recréer. Voilà notre travail sacré. Voilà notre plus grande joie. Voilà notre raison d'être."

Toute avancée connaît des ratés et des échecs. L'essentiel est d'être capable de tirer la leçon de l'expérience. C'est grâce à cela qu'on finit par réussir. C'est vrai dans la vie de chaque être humain, et c'est également vrai dans l'évolution de l'humanité.

Ce qu'on nous propose ici ne peut pas être dédaigné. Je rappelle quand même que c'est Dieu qui parle, et que - même si on doute de cette identité (et c'est garder son esprit critique de le faire) - son discours est manifestement plein d'amour et de grandeur. C'est objectivement le discours qu'on pourrait espérer d'un Dieu véritable. Ce que les hommes d'autrefois ont réussi : Echanger un Dieu barbare contre un Dieu plus humain, pourquoi en serions-nous incapables ? De toute façon, nous en avons besoin, et une immense partie de l'humanité le ressent actuellement comme une nécessité vitale. Ce travail, nous pouvons l'accomplir avec l'aide de notre âme divine, ainsi que l'indique l'adjectif possessif 'notre' (notre travail sacré, notre plus grande joie, notre raison d'être).

*

Changer Dieu = Changer l'homme.

"Qui vous êtes, je le suis".

Cela signifie que les Dieux de toutes les religions ont toujours correspondu à l'idée que les hommes se faisaient de Lui. Cela a sans aucun doute fait avancer notre humanité. Mais toutes, elles ont fini par disparaître, lorsqu'elles n'ont plus été utiles à notre évolution. C'est ce qui se produit en ce moment. La désaffection des églises est un signe qui ne trompe pas. Le temps est venu de passer à autre chose. Dieu est tout près de nous, il n'a jamais été si près, puisqu'il vient nous dire ici, de façon très claire, qu'il est en chaque être humain. Jésus l'avait déjà dit ("Le royaume des Cieux est au milieu de vous"), ce qui peut s'entendre : au centre de chacun d'entre vous. Mais sa parole a été dénaturée et compliquée, probablement parce que les hommes n'étaient pas prêts, à cette époque-là, à se croire dignes de Dieu...

"Je vous ai tous créés afin que vous puissiez me recréer."

= Nous avons jusqu'à présent fabriqué de nombreux dieux, et jusqu'à présent, nous les avons tous ratés. Nous en sommes les premières victimes, puisque ces ratages se manifestent à travers toutes les souffrances qui couvrent la terre. Et, à mon sens, cette explication est intéressante en ce qui concerne l'état de la planète et de ses habitants... Le Dieu que nous voulons aujourd'hui, nous n'accepterons plus de le voir régner par la force et la peur. Pour obtenir ce résultat, il va falloir que nous réussissions enfin à le créer parfait, c-à-d sur la base de l'amour inconditionnel.

La bonne nouvelle, c'est qu'il nous suffira pour cela de nous mettre à l'écoute de notre coeur.

"La maladie ne se guérit point en prononçant le nom du médicament, mais en prenant le médicament. La délivrance ne se réalise point en répétant le mot 'Brahman', mais en éprouvant directement l'expérience de Brahman." (Sankara).

Cette affirmation amusante semble confirmée dans les Nouvelles Révélations, par la différence entre religion et spiritualité :

"L'une est une institution, l'autre est une expérience.

Les religions sont des institutions construites autour d'une idée particulière de la nature des choses. Lorsque ces idées se solidifient et se cristallisent, on les appelle des dogmes et des doctrines. Puis il devient largement impossible de les mettre en question. Les religions organisées vous obligent à croire en leurs enseignements. (On répète le nom du Christ, du Bouddha, de Krishna, d'Allah, et on 'croit' de façon intellectuelle...)

La spiritualité ne vous oblige pas à croire en quoi que ce soit. Elle vous invite plutôt, continuellement, à remarquer votre expérience. C'est votre expérience personnelle qui devient votre autorité, plutôt que les paroles d'un autre. (On ressent la présence en soi d'une instance spirituelle, qui peut être symbolisée par le Christ, Bouddha, Krishna, Allah, etc... - et qui est de l'ordre du bien-être, car elle est notre identité humaine psychique : l'âme).

Si vous deviez appartenir à une religion en particulier pour trouver Dieu, cela signifierait que Dieu recourt à un moyen exclusif pour vous demander de venir vers lui. Mais pourquoi donc exigerais-Je cela ?"

On peut se le demander. Si Dieu est amour, il aime tous les hommes, et s'adresse à chacun de façon différente selon son environnement géographique, son mode de vie, et sa langue. Mais son discours - codé - signifie toujours la même chose, une fois qu'il est traduit.

Par exemple, on peut lire dans la Torah : "Extermine tes ennemis sans pitié" ; dans le Coran : "Tue les infidèles" ; et dans la Bagavad-Gita, Krishna exorte son disciple Arjuna à combattre le camp adverse: "Si tu ne veux pas de cette guerre juste, alors tu manqueras à ton devoir, tu perdras ta réputation, et tu t'infligeras le péché."

Certes, tous ces textes peuvent être pris au premier degré - et nous ne nous en sommes pas privés. Mais ils peuvent aussi se lire très simplement selon ce code : l'ennemi est en toi, c'est ton propre ego, et c'est celui-là seulement que tu dois exterminer. Cela change tout, et en plus, cela devient intelligent et humain, car cela protège mon voisin de la malveillance de ce dieu egotique, qui s'alimente de la compréhension au premier degré, et justifie par conséquent tous les crimes commis en son nom...

La plupart des mystiques nous l'ont dit: "Si tu n'as pas vu le diable, regarde ton propre moi," (Djalal-Eddine Roumi). Ou encore : "Ton propre moi est ton propre Caïn, qui assassine ton propre Abel. Car chacune des actions et chacun des mouvements du moi a l'esprit de l'Antéchrist, et assassine la vie divine en toi." (William Law). Citons aussi Jean Tauler : "Aussi longtemps que cet homme qui doit mourir demeure en nous et ne meurt pas, il envahit toutes les facultés de l'homme intérieur et extérieur, jusqu'à ce qu'il ait ravagé tout ce que le Christ devait ensemencer."

Nous avons préféré écouter les chefs religieux prosélytes, avides de contrôler le psychisme de leurs fidèles, afin d'obtenir le pouvoir terrestre. Cela s'explique peut-être par le fait que nous avons toujours eu du mal à accepter l'idée que nous sommes tous deux à l'intérieur, le faux-moi (l'ego) et le vrai moi (l'âme). La plupart des auteurs utilisent le vocable 'moi' sans préciser à quoi il correspond. Cela prête à confusion. Il faut le différencier afin de pouvoir choisir clairement celui que nous voulons être.

"Tous les maîtres de la vie spirituelle, depuis les auteurs des Upanishads jusqu'à Socrate, depuis Bouddha jusqu'à Saint Bernard, sont d'accord sur ce que, sans la connaissance de soi-même, il ne peut y avoir de connaissance suffisante de Dieu." (Aldous Huxley).

A cette dernière affirmation, j'ajoute que l'homme ne peut se connaître sans entrer dans son propre inconscient, qui représente justement l'ignorance de soi. Or cette zone sombre a été découverte par Freud il y a environ un siècle. Depuis, on ne cesse d'essayer d'en faire l'inventaire, en oubliant souvent que le rêve est la voie royale pour y parvenir. Mon approche a la particularité de consulter le rêveur, afin de savoir si ma traduction lui "parle", éveille un écho en lui, lui paraît juste. C'est sa réponse qui me guide, et m'indique si je suis sur la bonne piste - ou non. Dans le cas d'une réponse négative, je cherche jusqu'à ce que j'emporte son adhésion. A ce moment-là, son rêve est décodé : le message que son âme voulait lui transmettre lui est parvenu. Il est en communication directe avec son 'Dieu' intérieur. Le bien-être qui en découle est souvent immédiat. Voilà l'expérience dont on nous parle, en lien avec la spiritualité...

*

Conclusion.

C'est donc ici - contre toute attente - que psychanalyse et spiritualité se croisent... et se confondent.

Car si la connaissance de soi exige l'entrée dans l'inconscient, il se trouve que la rencontre qu'on y fait est celle de notre âme, dont Dieu est le symbole le plus ancien - et le plus connu. A ceux qui s'insurgent contre cette affirmation, je rappelle que c'est dans la Bible qu'il est dit : Vous êtes des Dieux... Et je précise qu'on y trouve aussi notre ego, sous les traits du diable, ou d'un tueur. Les matérialistes et les athées ne sont pas nécessairement plus loin de Dieu (de leur âme) que les pratiquants d'une quelconque religion. Tout est une question d'ouverture et de tolérance. Le fondamentalisme religieux a toutes les chances d'être le terreau de l'ego. En revanche, on peut se fier à un critère simple :

"L'amour est infaillible ; il n'a point d'erreurs, car toutes les erreurs sont manque d'amour." (William Law).

A cela il faut absolument ajouter que la première personne que l'homme doit aimer, c'est son âme-Dieu, c'est-à-dire lui-même... S'il réussit cette performance, je peux vous garantir qu'il aimera les autres aussi. Et cela lui permettra par ricochet de ne pas accepter l'inacceptable, de poser à autrui les limites nécessaires à son propre bien-être, celui de son âme-dieu...

A l'inverse, l'ego n'aime que lui. Sur le plan intérieur, son gouvernement peut déboucher sur la dépression ou des problèmes psychiatriques. Sur le plan extérieur, quand il aime, son amour est possessif, exigeant, limitant, enfermant. "Je t'aime, tu es à moi, tu m'appartiens" sont des paroles de l'ego, tout comme : "Je préfère te tuer plutôt que de te voir partir." Carmen nous le montre dans un opéra, mais tous les maris jaloux sont la proie de leur ego. Toutes les mères possessives également. Et lorsque nous nous autorisons ce type de comportement, nous ne faisons que reproduire celui de ce Dieu terrible, qui exige, interdit et punit, et semble nous montrer ainsi un modèle acceptable.

C'est à nous de ne plus l'accepter. Ce refus est indispensable si nous voulons jeter les fondements d'une nouvelle théologie, nous permettant d'accéder à une spiritualité authentique. Alors seulement, nous pourrons enfin dire que nous sommes des êtres humains.

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