Conversations avec Dieu
Mon analyse
Ce livre est un dialogue entre Dieu (celui qui répond aux questions) et un être humain (Neale Donald Walsch, qui les pose). Cela peut paraître du pur délire. Mais si on regarde honnêtement les choses, tous les écrits religieux ne sont-ils pas une communication particulière entre certains êtres humains... et le Dieu auquel ils croient ? Aujourd'hui, la demande de spiritualité est forte, et se répand toujours davantage. Les religions traditionnelles sont souvent remises en cause, et beaucoup de gens cherchent des réponses dans des gropuscules plus ou moins satisfaisants, qui se révèlent parfois très sectaires.
Ce livre me paraît intéressant parce que très novateur. Le discours de "Dieu" est en effet radicalement opposé à tout ce que les religions nous ont toujours dit à propos de Lui. Voici donc ce que j'en ai compris.
Les
informations sur Dieu et l'homme.
Dieu serait une sorte de respiration cosmique, intelligente et bienveillante. Créateur de tout ce qui est matière (le Règne minéral), il a insufflé la vie aux Règnes suivants (végétal et animal), afin de préparer la venue du Règne humain, véritable but de sa Création, puisqu'il a fait l'homme "de la même étoffe" que Lui... "La perfection du flocon de neige, l'incroyable beauté de la rose, le courage des lions, la majesté des aigles, tout réside en toi. En toi, J'ai placé toutes ces choses et une de plus : la conscience de cela. (...) Ainsi êtes-vous devenus conscients du Soi. Ainsi avez-vous reçu le plus grand cadeau, car vous avez été conscients d'être vous-mêmes - ce qui est exactement ce que Je suis. (...) Tu es cette part de Moi qui est la conscience en pleine expérience. Et ce dont tu fais l'expérience (et ce dont Je fais l'expérience par ton intermédiaire), c'est Moi, en train de me créer." L'homme est donc investi d'une mission : permettre à Dieu de faire l'expérience de sa propre perfection. Il semble hélas évident que l'homme, ficelé dans ses imperfections, a manqué à cette tache, et n'est même pas prêt à l'accomplir, ce qui est encore pire. Erreur. Le plan de Dieu est parfait, et s'accomplit selon Ses prévisions. Le tout, c'est de comprendre comment cela est programmé.
La référence aux discours des scientifiques est rassurante en soi : Il entérine ce que nous appelons le Big Bang. Avant, il n'y avait rien, et toute la matière était condensée dans une tête d'épingle. L'expansion de cette matière a déclenché à la fois l'espace et le temps. Au même instant, le monde de la relativité était créé. En effet, tout est relatif dans la matière, parce que le monde visible est automatiquement soumis à la comparaison. C'est la raison pour laquelle l'homme "juge" : Ceci est plus grand que cela, ceci est plus froid, cela est plus vieux, etc... Et c'est vrai. Donc, où est le problème ? Il n'y en a pas, tant que le jugement reste objectif. Malheureusement, l'homme glisse très facilement vers le jugement de valeur. C'est alors qu'il "condamne" : Ceci est bien, ceci est mal, ceci est mieux que cela.
Revenons à Dieu. Pour faire l'expérience de sa propre divinité, Dieu s'est donc incarné. Pour cela, Lui, "le Grand Invisible", s'est fractionné en une multitude, distribuée dans toute la Création. Tout ce qui est visible (minéral, végétal, animal ou humain) recèle une part de Lui. C'est Lui qui "anime" tout. Animer, dans le sens de "donner vie".
Tous les courants religieux ont senti une présence qui dépasse l'homme et ont mis en avant un de ses aspects : L'Animisme prête à la Nature une volonté propre, le Bouddhisme interdit de tuer toute vie, le Judaïsme développe l'amour exclusif que l'homme doit porter à Dieu, tandis que le Christianisme met l'accent sur l'amour que Dieu porte à l'homme. La croyance en la réincarnation en est une autre manifestation. Quelque chose nous dépasse, qui nous rend immortels. Certes, mais tout ce que l'homme a ajouté, doit être reconsidéré selon d'autres critères, que ces livres nous exposent.
Selon ce que j'en ai compris, Dieu étant à l'intérieur de tout être humain, Il est notre véritable identité, et quand il parle des "maîtres" que nous devons suivre et écouter, il ne parle que de Lui en nous. "Tu es l'être le plus magnifique, le plus remarquable, le plus splendide que Dieu ait jamais créé. Si tu savais qui tu es, tu n'aurais plus jamais peur." Cette phrase s'adresse à Neale, mais aussi, à chacun d'entre nous. En fait, Dieu se parle à Lui-même, à travers cet être humain-là ou un autre, puisqu'Il est notre véritable identité. Simplement, nous ne le savons pas, ou nous ne pouvons le croire.
Par conséquent, le principe de la réincarnation est donné comme valable, et même évident, mais dans le cadre d'un discours très particulier. A la question de Neale : "Combien de vies ai-je eues ?", on finit par lui répondre : 647. "C'est ta 648ème. Tu as tout été au cours de ces vies : un roi, une reine, un serf, un guerrier, un pacifiste, un héros, un lâche, un tueur, un sauveur, un sage, un fou. Tu as tout été !" Cela pose visiblement un petit problème car, à ma connaissance, et d'après les réincarnationnistes qui savent, on peut aller jusqu'à quelques dizaines de vies passées, mais plusieurs centaines, cela devient surprenant. Par ailleurs, le spectre est énorme, et couvre tous les extrêmes, si bien qu'il semble contredire le principe d'évolution qui rendrait chaque fois l'homme meilleur. Je me pose donc la question suivante : A qui cette réponse s'adresse-t-elle ? A Neale ? ou à l'humanité toute entière ?
En effet, QUI se réincarne ?
Ce serait Dieu Lui-même, qui "se bouture" automatiquement, dans toute "reproduction" (végétale, animale ou humaine). En effet, Il est la vie, sous toutes ses formes. Il est donc présent partout - dans chaque être humain, en tous lieux et en tous temps. C'est Lui qui s'incarne (=qui prend un corps de chair), à travers toute vie. L'homme qui cherche ses vies antérieures, fait donc une grave confusion, car il ne choisit pas de se réincarner, il est seulement l'outil de Dieu, il a été choisi (et ce n'est pas rien), et il ne le sait même pas. Et bien entendu, il ne choisit pas non plus ses parents... Son libre-arbitre n'est pas là : il fait partie d'un processus, qu'il partage avec l'humanité entière, et qui se développe au fil des générations, c'est-à-dire à chaque naissance. C'est grâce à cela que le groupe humain évolue avec le temps (phylogenèse), grâce aux découvertes des plus performants de ses individus (ontogenèse). Même si ces découvertes sont souvent rejetées au départ, elles finissent toujours par se répandre dans la masse. C'est ce qui permet à celle-ci d'avancer. Et c'est ainsi qu'à chaque génération, l'homme gagne en humanité, car la croissance du conscient est à la fois collective et personnelle. Chaque individu y participe selon ses moyens. C'est le groupe qui en profite et qui nourrit à son tour chaque participant.
Interprétation collective.
Reprenons les 648 vies. Si on fait le compte des générations, chaque siècle en produit 5 (5 fois 20 ans), cela fait 50 pour un millénaire, 500 pour 10 000 ans, ce qui nous amène à 13 000 ans pour 650. Certes, des vagues d'hominiens se sont succédé depuis plusieurs centaines de milliers d'années d'après les scientifiques, mais elles se sont toutes éteintes, et nous descendrions tous de l'Homo Sapiens. Je ne sais pas avec exactitude quand il est apparu. Disons que ce calcul n'est qu'une piste qui cherche à expliquer une parole surprenante. Car il me semble évident que les discours de ce livre s'adressent tantôt à celui qui les transmet, tantôt à chacun d'entre nous, c'est-à-dire à notre humanité. Et effectivement, notre humanité a tout vécu : le pouvoir et le dénuement, le courage et la lâcheté, la guerre et la paix, la barbarie et la sainteté, la sagesse et la folie... On peut lire alors le passage précédent selon ce filtre :
"Il est difficile de croire qu'il reste un doute à ce propos. Je trouve cela difficile à imaginer. Il y a eu tant de rapports, provenant de sources tout à fait fiables, d'expériences de vies passées. Certaines de ces personnes ont rapporté des descriptions fortement détaillées d'événements et des données complètement vérifiables qui éliminent toute possibilité de falsification ou de tentative de tromper les chercheurs et les proches" .
Mais de quoi nous parle-t-on ? La seule chose fiable (vraiment fiable) qui soit à notre disposition, vient de ceux qui ont écrit l'histoire humaine. Quand les archéologues découvrent des vestiges de la préhistoire et les analysent, ce sont des données vérifiables. Quand les hiéroglyphes égyptiens ont été décryptés par Champollion, des expériences de vies passées nous sont tout à coup devenues accessibles. Quand les écrits des philosophes grecs, des chroniqueurs de l'empire romain ou du moyen-âge nous parviennent, des descriptions détaillées d'événements passés nous sont révélées.
Suis-je claire ? Les 648 vies seraient les nombreuses générations de notre humanité, au cours desquelles nous avons lentement progressé vers des connaissances de plus en plus objectives. Si Dieu est à l'origine de tout, c'est Lui qui oeuvre en nous, hors espace et hors temps, ces deux notions n'existant que pour nous. Lui est partout et éternel, à la fois immuable et source de toute évolution. Il est notre âme divine qui se réincarne à chaque nouvelle naissance, pour guider l'humanité, au fil des générations, vers sa véritable identité : Dieu Lui-même... Chaque époque découvre son lot de vérités, adapté à son évolution et à ce qu'elle est prête à comprendre. Chaque époque apporte donc un certain nombre de progrès humains, à travers lesquels Dieu se rapproche de Lui-même. Quand l'humanité arrivera au terme de ce processus, elle sera capable de s'identifier totalement à ce Dieu, elle deviendra ce Dieu. Alors peut-être, pourra s'installer l'âge d'or.
Interprétation personnelle.
Toutefois, la réponse divine s'adresse à un être humain précis (Neale Donald Walsch) et il est parfaitement possible d'envisager une interprétation personnelle, le concernant directement. Si Dieu existe, ce genre de performance ne doit pas Lui être difficile. Ce qui est générique (l'humanité) recoupe souvent très naturellement ce qui est personnel (l'individu). Les chiffres ont fréquemment la valeur d'une date. Ici, par exemple, le 47 ou 48 pourrait mettre en scène l'année de naissance de l'auteur : 1947 ou 1948. Ou encore son âge : 47 ou 48 ans. Reste le 6, qui pourrait représenter son mois de naissance. Mais le Six a aussi la valeur collective de l'inconscience, dont nous devons sortir pour accéder au Sept, qui est justement la conscience (de soi). On obtient alors ce type de traduction : "Tu es inconscient de ta vie d'aujourd'hui, commencée en 1948 (ou qui arrive à sa 48° année), et tu veux connaître tes vies antérieures... Intéresse-toi donc à ton présent afin de te comprendre." Pour cela, il est intéressant de traduire symboliquement aussi le Tu as tout été... Un roi, une reine (=père et mère), un serf (=esclave de quelqu'un), un guerrier (=conquérant et batailleur), un pacifiste (=épris de calme), un héros (=dépassement de soi), un lâche (=fuite ou peur des affrontements), un tueur (=il y a des mots qui tuent), un sauveur (=il y a des mots qui guérissent), un sage (=heureusement !), un fou (=hélas !).... Et tous, nous pouvons nous reconnaître dans ce portrait.
Voici ma profession de foi : Quand une "parole divine" débouche sur la contestation, quand elle est susceptible de provoquer des disputes à l'infini, alors c'est qu'elle doit être interprétée. Car, si Dieu existe, il ne peut que dire à l'homme une vérité dont celui-ci sentira la justesse, à partir du moment où cela parle de ce qu'il connaît de sa vie terrestre. C'est ma longue pratique du rêve qui me permet d'affirmer cela. Certes, dans ces trois livres, "Dieu" parle à l'homme dans sa langue humaine - ici l'américain. La traduction en français est donc fiable. Mais il y a toutefois des passages (comme celui-ci) où Il retrouve sa langue naturelle (divine, codée, symbolique), ce qui nécessite un décryptage. Je viens d'en proposer deux. Il en existe peut-être d'autres. Mais j'insiste sur le fait que tout décodage juste doit déboucher sur l'accord total de l'individu (quand il s'agit d'un rêve), et sur l'unanimité du groupe (quand il s'agit d'un texte religieux). Même un réincarnationniste (qui n'accepte pas ma traduction) est obligé d'admettre qu'elle propose une explication objective, complètement naturelle. On peut lui préférer des théories invérifiables, mais au XXI° siècle, l'homme demande pour la première fois à toutes les religions de prouver ce qu'elles affirment. C'est pourquoi elles sont toutes ébranlées dans leurs fondements. C'est peut-être aussi pourquoi l'humanité est prête à accéder à une vision plus authentique de la divinité. Une vision vérifiable. Cela aussi, serait une grande première...
C'est tout simplement l'évolution - une lente montée vers la pleine conscience.
Quelques exemples.
L'esclavage, courant dans l'antiquité, s'est ensuite cristallisé autour de la couleur de la peau avec la traite de la race noire par la race blanche, jusqu'à ce que quelques esprits éclairés (Montesquieu, par exemple) remettent cette pratique en cause. Aujourd'hui, même si cela existe de façon ponctuelle, personne n'oserait afficher en public qu'il "possède" un esclave chez lui... Cela s'est donc encore déplacé sur ce qu'on appelle "l'exploitation". Cette exploitation peut être celle de la classe ouvrière, celle des femmes, celle des enfants. Elle recouvre aussi le "tourisme sexuel" et évidemment le proxénétisme. On voit bien que les mentalités changent. Nos arrière-grands-pères marchands d'esclaves sont désavoués par l'homme moderne, mais nos grands-pères étaient des phallocrates affichés, alors que les pères d'aujourd'hui sont (ou font semblant d'être) pour l'égalité des sexes... Et les pédophiles qui agissaient en toute impunité il y a encore quelques années, soutenus par une société qui mettait en doute la parole des enfants, sont actuellement jugés par cette même société qui les désavoue totalement.
Sur le plan religieux, les sacrifices humains étaient fréquents dans l'antiquité, puis ont été remplacés par des sacrifices d'animaux. Le pas suivant a été franchi avec des rituels symboliques (exemple : le baptême). Toutefois, l'intolérance pour la religion du voisin a toujours fait de graves dégats. Certes, les bûchers de l'Inquisition sont depuis longtemps condamnés en Occident. Pourtant, les guerres de religions éclatent encore actuellement, et tous les fondamentalismes débouchent sur la torture dans certains pays, et sur l'intolérance partout. Beaucoup de gens remettent en cause ces pratiques religieuses, et notre humanité y gagne chaque fois... en humanité, justement. Finalement, chaque génération juge les précédentes, et essaie d'être plus juste, c-à-d, encore une fois, plus humaine.
En fait, on peut dire que, si Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, l'homme le lui a bien rendu !
Et c'est normal, car c'est cela, l'évolution. Voici comment ce livre l'explique : Pour faire l'expérience de ce qu'Il est, Dieu a donné à l'homme quelque chose qu'Il possède aussi : la conscience. C'est cette conscience qui grandit avec le temps, au fil des générations. L'homme est "à l'image de Dieu" (d'après la Bible), "fait de la même étoffe" (d'après "Conversations"), parce qu'il partage avec lui la conscience. Les autres règnes ne l'ont pas. Cela ne signifie pas que les animaux ne sont pas intelligents. Ils savent en effet des tas de choses, mais ils ne savent pas qu'ils les savent... Ils n'ont pas de distance avec leurs actes. Ils les accomplissent d'instinct, parce que c'est leur nature. Ils sont pré-programmés pour "être" loups ou agneaux, crocodiles ou oiseaux, et ils ne peuvent échapper à leurs instincts... que nous partageons avec eux. (Rappel : "La perfection du flocon de neige, l'incroyable beauté de la rose, le courage des lions, la majesté des aigles, tout réside en toi. En toi, J'ai placé toutes ces choses et une de plus : la conscience de cela. (...) Ainsi êtes-vous devenus conscients du Soi. Ainsi avez-vous reçu le plus grand cadeau, car vous avez été conscients d'être vous-mêmes - ce qui est exactement ce que Je suis." )
Chez l'animal, nous parlons d'instincts. Chez l'homme, nous appelons cela l'inconscient. Le conscient est né de notre inconscient. Sans inconscient, pas de conscient. Sans le règne animal, pas de pré-hominien. Sans le pré-hominien, pas d'homme pré-historique. Et l'homme de l'Antiquité est sorti de la pré-histoire, tout comme l'homme moderne pousse sur le terreau des générations précédentes. Ce qui a véritablement changé, c'est plutôt la vitesse à laquelle se fait aujourd'hui l'évolution. Chaque nouvelle génération apporte son lot de prises de conscience, alors qu'avant, il fallait plusieurs siècles pour remettre en question une pratique barbare, ou simplement inadaptée...
Dans cette optique, l'homme possède la conscience, ce qui fait de lui le "reflet" de Dieu. Ce reflet a pour mission de se connecter à son Créateur. Cela explique et justifie toutes les religions de la terre, qui toutes, ont essayé de conduire l'homme vers ce but. Pourtant, toutes, elles ont échoué. Pourquoi ? Ce livre l'explique très simplement.
Nous n'avons pas le même corps, mais nous partageons tous la même âme divine, qui nous englobe tous. Dieu est en nous et autour de nous, comme l'air que nous respirons. Il passe d'un corps à l'autre, comme l'air qui s'infiltre dans chaque maison, s'imprègne de son odeur, puis s'introduit dans la maison voisine, et s'imprègne d'une odeur différente. C'est pourtant le même air, plein d'oxygène, qui nous permet de vivre. C'est peut-être ce que certains appellent "l'aura"... En tout cas, cette âme divine possède, tout naturellement, des caractéristiques divines :
"Ton âme a toujours été, est toujours et sera toujours. [...] Tu existes partout et en tout temps. [...] Il n'y a qu'un seul toi, mais tu es beaucoup plus grand que tu ne le crois. [...] Tu es un être de proportion divine, sans aucune limite. Une part de toi est en train de choisir de se connaître en tant qu'identité présentement vécue. Mais ce n'est aucunement, et de loin, la limite de ton Être, même si tu crois que cela l'est."
On peut parfaitement faire le lien avec les 648 vies (générations) de l'humanité et comprendre ici que l'Instance qui parle, parle d'Elle-même, enfermée à l'intérieur de cet être humain - Neale - qui ne sait pas qu'Elle est en lui. En fait, Elle essaie de le convaincre de s'identifier à Elle. Effectivement, si Dieu a mis une étincelle de Lui-même à l'intérieur de chaque être humain, Il est notre Identité la plus élevée. Le Christ a dit la même chose, (Jean, 8. 59) : "Avant qu'Abraham fût, je suis." Ce qui eut pour résultat de mettre les Juifs en rage. Cette phrase a du reste connu beaucoup d'exégèses différentes. Elle trouve dans ce livre une explication simple, et qui n'est plus aussi surprenante qu'autrefois, car beaucoup de gens sentent bien que, si Dieu existe, Il est d'abord en eux-mêmes. Il est l'oxygène de notre âme (=de notre maison psychique).
Pourtant, dans certaines "maisons", l'air est tellement appauvri qu'on y végète, dans d'autres, il est tellement vicié qu'on y étouffe. Que s'est-il passé ? Ce livre nous en donne la raison : au lieu d'être Qui-nous-sommes (=Dieu), nous avons choisi d'être Qui-nous-ne-sommes-pas (=l'ego, responsable de toutes nos souffrances). Il serait du reste plus juste de dire que nous avons laissé quelqu'un (=l'ego = Qui-nous-ne-sommes-pas) occuper notre âme à notre place, par ignorance, sans nous en rendre compte.
Un début de réponse est donné dans les passages qui nous parlent des "Maîtres": Il cite aussi bien Jésus que Hitler, parce que les deux nous ont montré une voie : celle qu'il nous faudrait vivre, et celle qu'il nous faudrait fuir. Les deux nous enseignent, à nous d'en tirer les conclusions évidentes. C'est ce que nous avons voulu faire : "Plus jamais ça !" et pourtant nous l'avons fait de nouveau, et nous le faisons encore. Or le Christ a dit : "Nul ne peut servir deux maîtres". Si Jésus symbolise l'âme, Hitler pourrait bien symboliser l'ego. "Il y a un peu de Hitler dans chacun de vous, ce n'est qu'une question de degré" est-il dit dans Conversations.
Tous ces recoupements semblent entériner mon discours. Cette instance qui est en nous, mais qui n'est pas nous, c'est notre ego, à qui nous donnons le pouvoir sans nous en rendre compte, parce que nous ne savons pas qu'il n'est pas notre véritable identité. Nous croyons tout simplement être lui. C'est ce qui lui permet de faire ce qu'il veut à l'intérieur de nous. Tout l'objet de mon site est de faire prendre conscience à ses lecteurs de cette vérité essentielle : ils ne sont pas cet ego qui leur fait tant de mal, ils sont une âme, c'est-à-dire un conscient + un inconscient, et l'union entre ces deux parties de soi permet de chasser efficacement l'ego, que j'accuse de tous les dysfonctionnements humains. C'est par son âme que l'homme évolue, car cette âme, c'est Dieu, fractionné à l'intérieur de chaque vie, et aussi à l'extérieur, sorte de tissu vivant qui nous entoure et nous insuffle la conscience. Autrement dit, les Grands Maîtres sont cette âme divine, enfermée à l'intérieur de chaque individu. Nous avons chacun le nôtre, et pour le rencontrer, chacun doit trouver son propre chemin intérieur, vers Lui... c'est-à-dire vers soi-même.
Cela explique l'échec de toutes les religions : Toutes ont voulu donner l'expérience d'un être humain (Moïse, Mahomet, Jésus, Krishna, Bouddha etc..) comme un modèle universel, alors que chaque être humain est unique, avec un vécu unique, une expérience unique... et un but identique et collectif : rencontrer Dieu en lui = devenir Qui-il-est vraiment. En fait cela signifie qu'il ne peut y avoir de quête collective de Dieu, sans passer par une démarche individuelle, personnelle. "La conscience est tout. La conscience - tout ce dont tu es véritablement conscient - est la base de toute vérité et ainsi, de toute véritable spiritualité." Or chacun doit découvrir sa propre vérité, à travers son propre vécu.
C'est la grande avancée de la psychanalyse, dont on sent bien aujourd'hui qu'elle est une voie essentielle, même si elle se fourvoie souvent dans des impasses. En fait, nul ne peut savoir de façon sûre ce qui se passe vraiment en lui, s'il ne pénètre pas dans son propre inconscient. Pour cela, le rêve est la voie royale, et l'évolution vers le mieux-être est la preuve de son efficacité. Lorsque la croissance du conscient se fait en allant puiser les "poissons" contenus dans les eaux de l'inconscient, le sujet surmonte ses difficultés et ses problèmes. En ce sens, une psychanalyse bien conduite relève d'une spiritualité authentique. Mais, à l'heure actuelle, ni les psychanalystes ni les religieux n'ont pris la mesure du pouvoir de ce "diable d'ego" dans l'âme de l'homme, qu'il s'agisse des patients, des fidèles, ou d'eux-mêmes.
Par voie de conséquence, toutes les religions, en faisant l'impasse de la connaissance de soi, ont été incapables de remplir leur rôle de vecteur vers Dieu (quel que soit le nom qu'elles Lui donnent). Malheureusement, on confond souvent la divinité avec la religion qui en parle. Et les pratiquants sont fréquemment déçus de ne pas se voir "récompensés" de leur assiduité à l'église, à la synagogue, au temple ou à la mosquée...C'est pourquoi beaucoup de gens, aujourd'hui, refusent l'idée de Dieu, au nom de toutes les souffrances insoutenables qu'on peut voir sur terre. La question est toujours la même : Comment un Dieu d'amour peut-il permettre toutes ces horreurs ? Pire encore : les exiger ? Alors, ils se détournent de ce Dieu-là (chrétien, musulman, ou juif) et deviennent athées, ou cherchent dans d'autres approches, plus exotiques, une réponse à leurs doutes.
L'explication donnée dans ce livre est à la fois simple et terrible : "Vous Me faites à votre image et à votre ressemblance." Et c'est tellement vrai, quand on y réfléchit un peu... Il suffit de regarder l'humanité à travers le temps :
Quand l'homme a créé un Dieu assoiffé de sang, c'était parce que lui-même ne respectait pas la vie. Il était encore la proie d'une barbarie sans nul doute visible dans sa tribu et dans sa famille. Il était encore très peu conscient, et régi par son ego animal, puisqu'il sortait de l'animalité, c'est-à-dire de l'inconscience totale.
Plus tard, lorsqu'il a renoncé aux sacrifices humains, il était encore crédule et malléable, comme un petit enfant qui croit au Père Noël, et qui accepte l'idée d'être puni s'il n'a pas été sage. Et effectivement, on peut dire que notre humanité était alors encore dans l'enfance. La comparaison est d'autant plus juste qu'on peut faire un parallèle rigoureux entre l'humanité (la phylogenèse) et l'individu (l'ontogenèse). On ne peut projeter sur Dieu que ce dont on est soi-même capable. Une humanité infantile (primitive) invente un Dieu qui lui ressemble...
Il a fallu Jésus-Christ pour annoncer un Dieu-Père, avec tout l'amour que cela suppose. Mais nous n'étions pas prêts à entendre ce discours, sans doute parce que la loi du plus fort était bien difficile à éliminer. Cette loi est celle de l'ego, qui prospère sur le terreau de l'injustice, lui-même alimenté par le respect de la fonction. "Tu respecteras ton père et ta mère." Tu respecteras donc la fonction, sans tenir compte de l'être. Si ton père t'a violé, frappé, méprisé, insulté... tu lui dois ce respect. Point. La seule chose qu'on t'accorde, c'est de pouvoir faire la même chose à tes enfants quand ton tour viendra. On oublie, bien entendu, ce verset, situé juste avant : "Je punirai l'iniquité des pères sur leurs enfants jusqu'à la troisième et quatrième génération." Les parents seront donc punis. Alors pourquoi leur accorder des droits qu'un Dieu juste ne leur accorde manifestement pas ? Parce que l'humanité a toujours fonctionné sur la loi du plus fort. Parce que les prêtres bénéficient de cette loi inique en se faisant appeler "mon Père". Parce que les parents veulent garder le pouvoir sur leurs enfants. Parce que la hiérarchie sociale est fondée sur cette loi. Que la force soit donnée par le muscle, par l'argent, par le sexe ou par le pouvoir (moral, familial, politique ou religieux), c'est toujours la fonction qu'on respecte.
Or il est évident qu'on doit choisir : Si je respecte la fonction, je respecte automatiquement l'être qui la représente. Et si cet être n'est pas respectable, je m'incline devant lui et j'entérine l'injustice. Et le tour est joué... Si au contraire, je respecte l'être, je ne tiens plus compte de sa fonction. Pauvre ou riche, jeune ou vieux, en haut ou en bas de l'échelle sociale, homme ou femme, noir ou blanc, enfant ou adulte, s'il mérite le respect, je lui accorde ce respect. S'il ne le mérite pas, je ne le lui accorde pas.
La question suivante est cruciale : Comment le savoir, et qui va en décider ?
Personne ne peut le savoir pour son voisin, et par conséquent, personne ne peut en décider. En revanche, chacun doit pouvoir le savoir pour lui-même, et décider en toute connaissance de cause Qui il va privilégier à l'intérieur de lui : son âme ou son ego. Cela intériorise (et donc supprime) tout jugement extérieur, car effectivement, la seule personne que je puisse juger sans erreur possible, c'est moi-même.
Or, pour la première fois dans notre histoire, nous commençons à mettre en doute les apparences. Nous commençons à admettre que, derrière le masque lisse du voisin de palier, du prêtre ou de l'élu politique, peut se cacher un violeur, un pédophile ou un mafieu. La vérité qui se fait jour actuellement, c'est que l'ego de chaque être humain est capable d'agir dans l'ombre, tout en brandissant un discours impeccable de moralité. Il ne s'agit pas de douter tout le temps, il s'agit seulement de le savoir. Et bien entendu, celui qui doit le savoir le premier, c'est le violeur, le pédophile ou le mafieu. Car il est le mieux placé pour mettre de l'ordre dans son âme (dans sa maison intérieure).
Hitler, en optant pour la race aryenne, avait décidé d'éliminer les juifs. Et il était sûr d'avoir raison, sinon, il ne l'aurait pas fait. Selon mon analyse, il était complètement identifié à son ego, et c'est son ego qui a décidé de cette horreur : l'holocauste, en plein milieu du XX° siècle. Mais cela explique en même temps pourquoi "Hitler est allé au ciel." A sa mort, son âme divine a été enfin libérée de son corps et de son ego. Et elle a rejoint tout naturellement l'espace spirituel dont elle venait. Certes, enfermée dans cet être humain - Hitler - elle n'a pas pu l'empêcher d'accomplir le terrible retour à la cruauté, dont on a vu depuis, hélas, d'autres exemples à la surface de la terre. Et d'autres se profilent encore, si nous laissons faire notre ego barbare et animal.
Comment est-ce possible ? "Vous me créez à chaque instant" affirme Dieu dans ce livre. Une humanité capable de tuer pour imposer sa loi, projette dans "le ciel" un Dieu semblable à elle. Mais ce Dieu-là n'a rien à voir avec un Dieu d'amour. "Si vous croyez que Je suis ainsi, alors vous croyez en un dieu beaucoup plus petit que Moi." Aujourd'hui, beaucoup de voix s'élèvent pour refuser un Dieu qui aurait donné son Fils unique en pâture aux hommes... même si c'était pour les sauver. J'aime personnellement cette révolte, car elle est le signe que les parents d'aujourd'hui sont prêts à inventer d'autres fonctionnements vis à vis de leurs enfants, fondés justement sur le respect. J'ai souvent entendu cette phrase terrible : "Ce que ma mère m'a fait, je ne veux pas le reproduire sur mes enfants." Certaines ajoutent : "C'est pour cela que je n'en ai pas eu..."
Cela me fait dire que nous sommes prêts, aujourd'hui, à accueillir un Dieu humain, tout simplement parce que notre humanité s'est suffisamment développée pour Le ré-inventer selon de nouveaux critères. Ces critères seront fondés sur l'amour et la liberté, ce que les religions n'ont pas su faire, parce que tous leurs "serviteurs" se sont laissés manipuler par leur propre ego, si bien que les fidèles ont adoré l'ego des prêtres, au lieu d'adorer leur Dieu intérieur : leur propre âme. Bien entendu, cette approche ne met aucunement en doute la sincérité des uns et des autres. Mais elle peut leur permettre de remettre en cause leur propre ego, afin de les aider à trouver leur vérité, c'est-à-dire Qui-ils-sont, en laissant de côté (enfin ! ) Qui-ils-ne-sont-pas...
Une humanité branchée sur les valeurs de son âme (de son coeur), pourra refuser la loi du plus fort (la loi de l'ego) en évacuant le jugement, qui est le principe même du monde de la relativité. "Le changement massif de conscience" dont ce livre nous parle, me paraît être lié très précisément à l'ego, dont nous devons absolument prendre conscience, pour échapper à ses manigances. Car c'est lui qui juge, tout le temps, tout le monde, et d'abord nous-mêmes.
Quand il pense à ma place, ma pensée est pervertie. / Quand il aime à ma place, mon amour est perverti.
Quand il parle à ma place, ma parole est pervertie. / Quand il agit à ma place, mon acte est perverti.
Cette perversion atteint l'autre (c'est un con) ou moi-même (tu es nul-le), indifféremment. L'ego a toujours raison. On ne discute pas avec lui, car il est incapable de se remettre en cause. C'est à cela qu'on peut aussi l'identifier. Et il s'accroche avec d'autant plus de force à ses idées et croyances que celles-ci sont invérifiables. C'est la raison pour laquelle, les religions sont pour lui des domaines privilégiés. On ne doit pas chercher à comprendre car "les voies de Dieu sont impénétrables".
"Crois et tais-toi." C'est bien suffisant, et cela a fait fortune : "Sois belle et tais-toi", "Travaille et tais-toi", "Sois sage et tais-toi", "Souffre en silence, tu es en train de gagner ton paradis."
La minorité qui s'élève contre ce système commence à être entendue. Combien de temps faudra-t-il pour qu'elle devienne une majorité ? Cela dépend de nous, mais je fais l'hypothèse que le mouvement peut être très rapide. Une ou deux générations peuvent transformer l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes, et donc l'idée que nous nous faisons de Dieu. Car si Dieu veut vivre sa perfection à travers l'homme, c'est que cela est possible.
"La vie est le processus par lequel Dieu se crée, puis fait l'expérience de la création. Ce processus de création est continu et éternel. Il se déroule tout le 'temps'. La relativité et la dimension physique sont les outils avec lesquels Dieu travaille. L'énergie pure (ce que vous appelez l'esprit) est ce que Dieu est. Par un processus à travers lequel l'énergie devient matière, l'esprit s'incarne dans la dimension physique. (...) Les individualisations de l'esprit sont ce que vous avez choisi d'appeler des âmes. En vérité, il n'y a qu'une seule âme qui se refaçonne et se reforme. (...) Vous êtes tous des dieux en formation (Dieu-information !) Voilà votre contribution et elle se suffit à elle-même."
'Voilà donc l'explication divine de ce que nous appelons la réincarnation. C'est Lui qui devient matière, et c'est la raison pour laquelle l'homme est perfectible. Notre humanité a essayé beaucoup de voies qui n'ont pas fonctionné... Est-ce une raison suffisante pour croire qu'il n'y en a pas ? Si nous sommes en formation, peut-être (sans doute) avons-nous besoin de cette nouvelle information sur Dieu pour franchir le pas suivant ?
La
solution.
Pour que chacun puisse prendre conscience de son ego, c'est très facile. Mais si ! Il suffit de fermer les yeux, et d'en demander une image : serpent, monstre, pharaon, cafard, insecte, animal réel ou mythique... ou encore Satan lui-même, qui agit dans l'obscurité de notre inconscient. Si l'image qui arrive représente un saint, un ange ou le Christ lui-même, il faut la mettre en doute, car l'ego nous abuse souvent en nous faisant croire qu'il est Dieu. Le doute permet de le voir et donc de le savoir : l'image se transforme, ou le regard du saint personnage devient machiavélique... Commence alors le processus de libération, qui passe par la destruction virtuelle de cet "animal" en nous. Pour y parvenir, on peut utiliser un jet d'eau (l'eau de notre inconscient), un rayon laser (la lumière de notre conscient), une lance à incendie (le feu de notre colère) ou n'importe quelle arme qui nous paraît efficace. Bien entendu, pour que cela fonctionne, il est en général indispensable que le sujet ait compris dans quel domaine son ego a pris le pouvoir. C'est alors un véritable "exorcisme" qui s'obtient grâce à une "image" (virtuelle mais parfaitement juste) sur laquelle le sujet prend le pouvoir, parce qu'il est "à l'image" de Dieu. C'est la compréhension de ce qui se passe en lui, qui lui donne ce pouvoir.
"Qui vous êtes, Je le suis. Vous êtes en train de définir Dieu." Cette phrase explique tout : Tant que l'homme croira en un Dieu vengeur, qui le juge et le punit, c'est ce Dieu-là (son ego) qui opèrera en lui, avec le pouvoir de le faire souffrir et de le détruire. Car l'homme a le pouvoir de créer sa vie jour après jour. Nous sommes toujours exaucés. Le problème, c'est que nous ne savons pas ce que nous avons demandé... Ce n'est pas une boutade, c'est ce qui est dit dans ce livre.
La présence de l'ego est obligatoire dans le monde de la relativité, car on ne peut choisir le bien (=notre humanité), si on n'a pas d'abord choisi le mal (=notre ani-mal-ité). On peut alors en voir les effets, et décider de s'en détourner, parce que l'expérience qu'on en a subie débouche toujours sur le mal-être, la mal-adie, l'accident, la tyrannie, la barbarie, bref sur des situations négatives et douloureuses pour l'homme. J'impute à l'ego tous les dysfonctionnements de notre humanité. Mais en même temps, il faut bien comprendre que cet ego a été créé par Dieu lui-même. "Je suis tout, la bonté et la méchanceté. (...) J'ai créé ce que Je ne suis pas, afin de faire l'expérience de ce que Je suis. (...) Je suis tout ce que Je crée - donc Je suis, en un sens, ce que Je ne suis pas. Il n'y a rien que je ne sois pas. Donc, Je suis ce que Je suis, et Je suis ce que Je ne suis pas." .
L'homme est depuis les origines dirigé par son ego, cet ego qu'il partage avec le règne précédent. Or la vie animale est dominée, réglée, programmée, par la loi du plus fort. C'est le principe même de l'ego. Mais c'est parfait pour les animaux... En effet ils fonctionnent tous sur le marquage du territoire (=les possessions terrestres de l'homme), sur le mâle dominant ou la femelle dominante (patriarcat / matriarcat, ou loi du plus fort), sur l'instinct sexuel reproducteur (=la sexualité humaine), et sur l'instinct de survie (=se nourrir et se protéger des prédateurs). Les lois humaines sont faites pour réguler tous les abus de pouvoir, de la manipulation au meurtre, en passant par le vol, le viol, l'agression et toutes les injustices. Le règne animal, lui, est soumis à la loi du plus fort, dont la vitrine la plus affreuse est la chaîne alimentaire. Le plus fort mange le plus faible. Dans le règne humain, c'est la même chose. Certes, le cannibalisme a disparu, mais cela reste vrai psychologiquement.
Ce qui est naturel pour l'animal, est une monstruosité pour l'homme. Si Dieu est tout et partout, Sa perfection se voit dans le règne animal (soumis à la loi de l'ego), et s'accomplit dans le règne humain chaque fois que l'homme échappe à cette même loi, (qui n'est pas faite pour lui). Cela permet de comprendre le sens profond du Combat avec l'ange, dans lequel on nous dit que Jacob devint Israël (=celui qui a vaincu Dieu) au moment où il a été plus fort que son agresseur...
Car, même dominé par son ego, l'homme laisse aussi parler son âme en lui, puisqu'il est humain. C'est du reste pourquoi les philosophes s'interrogent depuis toujours pour savoir si l'homme est bon ou s'il est mauvais. Certains ont affirmé qu'il était d'abord un animal doué de raison. (Tiens !...) D'autres ont parié sur son humanité (Tiens tiens...). Mais la réponse reste en suspens. Plus fondamentalement encore, la question existentielle se résume à ceci : Qui suis-je ?
Ce livre y répond très simplement : Tu peux choisir Qui-tu-veux-être. Nous avons en effet suffisamment exploré la voie de l'ego. La demande est forte, aujourd'hui, pour une autre voie. Or, on ne pourra vraiment la trouver, tant qu'on ne saura pas que nous sommes deux à l'intérieur.
Très naturellement, nous avons toujours considéré l'homme comme une totalité unique. "Un esprit - ce qui définit une personne - requiert un corps ; et un corps - un corps humain - engendre naturellement un seul esprit. Seul un esprit (et un seul esprit) peut se trouver dedans. Pas de corps, jamais d'esprit. Pour n'importe quel corps, jamais plus d'un seul esprit." (Antonio R. Damasio : Le sentiment même de soi, chez Odile Jacob).
Eh bien je suis désolée, mais c'est faux, et croire cela est la racine même de toutes nos difficultés. Il va falloir changer cette approche, et accepter cette idée nouvelle que nous sommes tous deux à l'intérieur, notre âme divine et notre ego diabolique. Et d'une certaine façon, nous le savons depuis toujours. Il suffit de lire les grands auteurs de la littérature. Rousseau a écrit l'Emile, un traité sur l'éducation plein de justesse et de vérité (1762), et il a également abandonné ses propres enfants. Et tous les grands hommes (présents ou passés) nous fournissent tous la preuve de cette dichotomie intérieure. Riches en grandes idées humanitaires, ils sont tout aussi riches en erreurs monumentales sur le plan privé.
Je voudrais citer ici Alfred de Musset, dans "La confession d'un enfant du siècle" (1835). Ce récit, largement autobiographique met en scène un amant et sa maîtresse. "Je n'étais satisfait que lorsque mes plaisanteries ironiques avaient gâté et empoisonné les souvenirs des jours heureux. - Ne pourriez-vous me laisser cela ? me demandait tristement Brigitte. S'il y a en vous deux hommes si différents, ne pourriez-vous, quand le mauvais se lève, vous contenter d'oublier le bon ?" J'ai relu ce passage avec étonnement. Certes, on n'accorde généralement pas à ce type de comportement suffisamment d'attention, et surtout, on n'en tire pas les conclusions évidentes. On a tort.
Un peu plus près de nous, Kafka nous raconte dans "La métamorphose" (1915) l'histoire d'un jeune homme qui devient peu à peu un cloporte. Cet écrivain, désespéré devant l'absurdité de l'existence, était peut-être tout simplement la proie de son propre ego (la vermine). Selon cette analyse, le sujet de son roman lui était inspiré par son inconscient, qui lui disait à sa façon : Regarde, à l'intérieur de toi, c'est comme si un cloporte prenait peu à peu la place de ton âme...
Enfin, dans un livre récent, "Cosmétique de l'ennemi", Amélie Nothomb met en scène le fonctionnement de l'ego à l'intérieur de son héros. Il lui a d'abord fait commettre un meurtre, puis agit de telle sorte qu'il se suicide à la dernière page. L'ego est un prédateur qui dévore autrui, et / ou / nous "bouffe" de l'intérieur.
Nous sommes tous deux à l'intérieur, et le deuxième a beau être totalement virtuel, si nous le laissons s'installer à notre place, il peut faire de notre vie un enfer ou une tragédie. Pour l'en empêcher, il est indispensable de savoir qu'il est là. Car c'est la connaissance qui fait l'homme, c'est la conscience qui le caractérise. L'ignorance de cette dualité laisse le champ libre à l'ego, et lui donne le pouvoir de faire notre malheur.
Car si l'homme est Dieu, l'inverse est également vrai : Dieu est l'homme. Quand l'homme choisit d'être son ego, Dieu devient cet ego, "Ce-qu'Il-n'est-pas", à travers l'expérience humaine. C'est pourquoi l'ego a le pouvoir de nous détruire, ce qui a provoqué la création symbolique de Satan. Et en même temps, l'ego est indispensable, car "Sans ce-que-Je-ne-suis-pas, Ce-que-Je-suis... n'est pas." C'est en effet sa présence qui permet à l'homme d'utiliser son libre arbitre afin de choisir entre le Bien (son humanité=Dieu) et le Mal (=son animalité=l'ego). Le jour où l'homme acceptera - ou inventera - une autre définition de Dieu, un Dieu d'amour qui le comprend et qui le guide sans le juger, cette nouvelle définition opèrera en lui, dans le confort, l'intelligence et la bienveillance. C'est à cela que l'homme pourra vérifier qu'il est véritablement Dieu, c'est-à-dire, pleinement humain... Car pour moi, la divinité n'a de sens que si elle s'affiche et s'épanouit dans notre humanité. L'homme a le droit d'être heureux, il en a même le devoir. Son ego ne lui rendra jamais ce service, il l'a abondamment prouvé au fil des siècles et des millénaires. Reste son âme. Elle a tout à prouver, et ne demande du reste que ça. Donnons-lui sa chance !
En corollaire...
La prière des Juifs commence ainsi : "Ecoute, Israël ! Elohim, ton Dieu, est le seul Dieu. Tu aimeras Elohim, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force." La marque du pluriel est dans le texte hébreu. El signifie Dieu au singulier, et Il est ici nommé Elhohim (=les Dieux). Cette contradiction flagrante associe l'Unicité à un Dieu pluriel, et cela pourrait bien trouver sa solution dans ce livre : Dieu est certes Unique, mais Il est aussi fractionné dans la multitude humaine, ce qui Le rend Nombreux...
Il en découle par ailleurs que l'amour qu'il demande à l'homme de lui porter, se réduit finalement à l'amour que chacun doit pouvoir se porter à soi-même. Car il est bien difficile d'aimer de tout son coeur, de toute son âme et de toute sa force, un Dieu lointain et inaccessible. Avant Lui, passent tout naturellement nos enfants, nos parents, notre famille, et je ne parle même pas de toutes les choses matérielles que nous possédons. Qui osera me contredire sur ce point ? Ceux qui renoncent à tout pour Le servir ? Je n'en suis même pas sûre, mais ce qui est important, c'est de comprendre que Dieu ne demande cela à personne. Il veut juste que nous Lui permettions de vivre sa perfection, c'est-à-dire que nous laissions fleurir notre humanité. Et pour cela, ô merveille, il suffit de nous aimer nous-mêmes, c'est-à-dire d'aimer notre âme, qui est Dieu en nous (=Qui-nous-sommes). Mais cela exige que nous nous cessions de nous identifier à notre ego (=Qui-nous-ne-sommes-pas).
Les Chrétiens, eux, nous parlent du Saint-Esprit. Or l'homme est doté d'un corps, d'une âme et d'un esprit. Jusqu'à présent, il a mis cet esprit (l'intellect) au service de son ego, ce qui le réduit au mental. Le jour où il le mettra au service de son âme, ce mental sera "sanctifié" et deviendra le Saint-Esprit, troisième personnage de la trinité divine dans l'être humain. L'opération du Saint-Esprit, dans les évangiles, permet la naissance du Christ. Cela signifie que l'esprit peut "opérer" dans l'homme, dans le sens négatif (quand il est soumis à l'ego), et dans le sens positif (quand il est soumis à l'âme). C'est alors que chaque être humain pourra voir naître dans son monde intérieur, cet enfant psychique, qui est sa véritable identité. De toute façon, l'esprit "opère", dans la réaction avec l'ego, dans la création avec l'âme (=Création de Qui-je-suis vraiment).
Je rappelle que cette naissance doit être vécue en rêve, et qu'elle intervient grâce à la traduction correcte des symboles. Si le rêve est le langage de Dieu (=notre âme), comprendre ses rêves, c'est comprendre Sa Parole (=comprendre son âme=se comprendre). Or, c'est l'esprit (=l'intellect) qui permet cette compréhension. Cela permet à la Parole "d'opérer"(=faire naître notre véritable identité= le Christ en nous)). Le rêve reconnecte le rêveur avec lui-même (son âme). Malheureusement, l'ego reste sur le plan extérieur, et fait de cette naissance un événement historique auquel il suffit de croire pour être sauvé. C'est manifestement faux, mais on ne sait pas faire autre chose. Du coup, personne ne peut suivre le chemin qui nous est montré, puisque c'est un chemin personnel intérieur.
"Le Christ est Dieu fait homme. Il n'est tout simplement pas le seul homme fait de Dieu. Tout homme est "Dieu fait homme": Tu es moi, M'exprimant sous ta forme actuelle."
C'est la base. Ensuite, il faut faire le chemin vers ce Dieu intérieur. "Un système de guidage intégré en vous, vous indique comment revenir chez vous." Ce chez-nous, selon moi, c'est notre inconscient, au centre duquel Dieu nous attend, si nous prenons la peine d'aller vers Lui. Et le système de guidage, pourrait bien être tout simplement le rêve, cette "voie royale" pour entrer dans l'inconscient. Je rappelle que les verbes 'se repentir' et 'se convertir' sont la traduction de l'hébreu 'se retourner', 'faire retour', autrement dit : 'revenir chez soi', dans son âme (=sa maison intérieure).
Enfin, une dernière chose m'a beaucoup touchée : la prière que Dieu exprime à la fin du 3° tome.
"Mes enfants, qui êtes aux cieux, votre nom est sanctifié. Votre règne est arrivé et votre volonté est faite, sur la terre comme au ciel. Vous recevez aujourd'hui votre pain quotidien, et vous recevez le pardon pour vos dettes et vos offenses, tout comme vous avez pardonné à ceux qui vous ont offensés. Ne menez pas votre Soi en tentation, mais délivrez votre Soi des maux que vous avez créés. Car à vous le royaume, le pouvoir et la gloire, à jamais. Amen."
Ce parallèle avec le Notre-Père montre que l'homme, à son tour, peut exaucer Dieu... en s'identifiant à Lui, au lieu de s'identifier à son ego. Cette prière est émouvante. Voici comment je la comprends :
La relation filiale qui unit l'homme à Dieu, se manifeste dans son âme (les cieux), à travers sa véritable identité (son Nom), qui est alors sanctifiée. Il est prêt aujourd'hui à recevoir cette vérité, c'est pourquoi son règne arrive, et la volonté de son âme se fait jour, dans son corps (la terre) comme dans son âme (le ciel). Dans ce nouveau paradigme, l'homme nourrit son âme (le pain quotidien... de ses rêves), et pardonne à autrui les erreurs qu'il se pardonne à lui-même. Du coup, il ne "tente" plus Dieu, mais Le délivre au contraire du mal (l'ego) qu'il a créé, en réduisant cet ego, en le dépouillant de son pouvoir pour le donner à son âme. Il possède alors le royaume (=son corps), le pouvoir (de la création personnelle) et la gloire (de Dieu en lui-même). Et qu'il en soit ainsi...
Bien sûr, certains crieront au scandale. Une seule question reste pertinente : Dieu peut-il être satisfait de la conduite humaine, depuis les origines ? Si la réponse est Non, alors, il faut chercher une autre voie. Ce livre nous ouvre une porte. Libre à nous de la pousser ou de la refermer. Personnellement, j'ai envie de cheminer sur cette piste, ne serait-ce que pour voir jusqu'où elle peut me conduire. Cela n'engage que moi. Je ne suis pas une gourelle, et je détesterais en être une.
Mais j'aime lire les paroles d'un Dieu qui encourage et soutient, qui regarde l'homme comme "sa merveilleuse création", et qui le remercie de Lui donner "une place dans son coeur", en ajoutant : "Et c'est tout ce que chacun de nous a jamais vraiment voulu." Autrement dit, une spiritualité authentique ne serait rien d'autre, rien de plus, rien de moins. Mettre la divinité au coeur de soi-même, parce que cette divinité est tout simplement notre humanité. Ce "nous" parle de la volonté d'un Dieu complètement réuni (associé) à l'homme.
"J'ai proféré, au lieu de cri de mon coeur, les phrases apprises, au lieu des vérités jaillies et vivantes, les conventions mortes. Il suffisait d'un geste de pitié et de réconfort, j'ai préféré avoir raison. Il fallait compatir et deviner, j'ai argumenté. Le point où la tradition et la discipline tombent en caducité, où on doit se lancer ainsi qu'un oiseau ivre, dans l'avenir, je ne l'ai pas reconnu au passage. Voilà mon crime, à moi, et le plus grand. Car tout se pardonne, sauf l'absence de folie." (Carnet de route du Juif Errant, d'Alexandre Arnoux).
Hélas, nous en sommes tous là, car "ce qui est sagesse aux yeux des hommes est folie aux yeux de Dieu." Tant que l'ego sera aux commandes, nous lui ferons en quelque sorte cadeau de notre vie humaine.
Pour arrêter cela, il est impératif de frapper l'ego d'ostracisme... Il doit vider les lieux, si nous voulons installer notre âme à sa place. Comme il ne le fera pas de lui-même, il va falloir l'aider un peu. C'est ainsi que l'homme achèvera la conquête de sa propre humanité.
PS. Je me propose de faire prochainement une traduction de tous les passages cryptés (le matriarcat, l'éducation des enfants et les EHE).
Je vais également donner à Neale Donald Walsch la possibilité de consulter ce dossier.
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