PSYCHANALYSE DE LA BIBLE

LA NAISSANCE DE JESUS.

Contenu de ce dossier.

L'hypothèse de base, c'est que les Ecritures utilisent la même langue que les rêves. Si cela est juste, elles s'interprètent forcément de la même façon. Je vais analyser ici quelques extraits des Evangiles, mais cette hypothèse est valable pour tous les textes sacrés, quelle que soit leur origine.

La naissance de Jésus est donnée dans Matthieu et dans Luc. Marc n'en parle pas, et démarre directement dans la vie d'adulte de Jésus. Quant à Jean, il en donne une version beaucoup plus intérieure, lorsqu'il dit que celui qui n'est pas né une deuxième fois, ne peut devenir son disciple. Cela semble être une énigme pour Nicodème, à qui il s'adresse. Il lui précise alors que cette naissance doit être d'eau et d'esprit. Je vais connecter ces deux approches, en leur donnant le même sens, intérieur et psychique, cela va de soi...

J'ajoute que la vie intérieure, exprimée par le rêve, est obligatoirement connectée au vécu du sujet. C'est pourquoi je vais essayer de déduire un événement extérieur de la vie de Jésus, à travers les textes analysés. Bien entendu, ce ne sont que des hypothèses, dont la base repose sur mon expérience de spécialiste du rêve. Lorsque le rêveur me dit que mon interprétation correspond exactement à ce qu'il a vécu ou à ce qu'il pense, je sais que j'avance en terrain sûr. Le problème, ici, c'est que le rêveur (Joseph) restera muet - que j'aie raison ou que j'aie tort. Gardez-le toujours à l'esprit.

Voyons d'abord ce que dit Matthieu, Chapitre 1, versets 18-24.

Le dogme et les explications réalistes.

Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte par la vertu du Saint Esprit, avant qu'ils aient habité ensemble.

Toutes les analyses de cet événement sont basées sur l'acceptation à priori d'un fait historique. On y croit, ou on n'y croit pas, mais ce verset 18 n'a jamais été interprété autrement que par une vérité miraculeuse, ou une imposture destinée à cacher la 'faute' de Marie. Les deux camps s'affrontent et restent sur leurs positions. De multiples explications ont fleuri pour justifier la grossesse hors mariage de la jeune fille. Certains pensent que Joseph était veuf, avec un ou des fils adultes d'un premier mariage, et l'un d'eux aurait séduit Marie, peut-être même l'aurait-il engrossée sans qu'elle s'en rende vraiment compte, sorte de viol subi par ignorance ou innocence. D'autres pensent que Joseph avait juste pris un peu d'avance sur le mariage, ce qui l'aurait ensuite poussé à 'réparer' une faute qui venait de lui... Toutes ces hypothèses mettent en avant un Joseph beaucoup plus âgé que Marie, ce qui permet de supposer que les frères et les soeurs de Jésus, cités dans le Nouveau Testament, n'étaient que ses demi-frères. La virginité de Marie, qui n'est affirmée dans les textes que avant la naissance de Jésus, peut ainsi être préservée durant toute sa vie. C'est ce qu'exige le dogme de l'Immaculée Conception: Elle est née 'sans tache', a conçu sans sexe, et est restée vierge jusqu'au bout.

Il va sans dire que les tenants du miracle se récrient d'horreur devant les hypothèses énoncées plus haut. Pourtant, le scepticisme ne touche pas que les incroyants. Les protestants, par exemple, refusent la grossesse virginale de Marie, en s'appuyant sur les évangiles eux-mêmes, qui évoquent très naturellement les frères et les soeurs de Jésus. Les catholiques réfutent cet argument, en assurant que ces termes étaient utilisés à l'époque pour les cousins et les amis, car même l'idée d'un second mariage les gêne. On voit ici clairement que les interprétations vont dans le sens de la croyance, au lieu de s'appuyer sur le sens des mots. Quand il faut interpréter quelque chose qui ne semble pas en avoir besoin, afin de fortifier la croyance, c'est que celle-ci souffre d'une inquiétante fragilité.

Il faut donc absolument que Marie ait conçu Jésus sans l'intervention de Joseph, sans quoi cela leur enlève la vénération de l'Eglise.

Elle est bien superficielle, la foi qui repose sur l'exigence d'un miracle. Dans ce cas, il est évident que les êtres humains ordinaires ne trouveront jamais grâce aux yeux de cette même Eglise. C'est la condamnation implicite de la sexualité et du corps. Mais le simple bon sens ne gagne rien à cette approche.

Je fais l'hypothèse qu'on peut parfaitement réunir la vérité du corps avec celle de l'âme, l'une ne pouvant nuire à l'autre.

Ma traduction symbolique.

Elle entérine ce passage comme une vérité, certes, mais une vérité d'ordre intérieur. En aucun cas, cela ne nous raconte une histoire de grossesse spontanée, de nature divine. La mythologie foisonne du reste de ce type de légendes. Il n'est qu'à se souvenir de la naissance d'Hercule, ce 'demi-dieu', né des oeuvres de Zeus et d'une mortelle, Alcmène. Les Chrétiens jettent sur ce mythe un regard méprisant, et l'avalent ensuite sans s'étrangler quand il est exposé dans leurs propres Ecritures.

Tout devient très différent si cette histoire se passe à l'intérieur d'un être humain, dont les deux composantes (le masculin et le féminin) sont symbolisées par les deux personnages, Joseph et Marie. C'est la mise en scène de l'union intérieure, qui permet la naissance d'un enfant psychique, appelé ici Jésus, ce qui signifie Sauveur. Cet enfant a effectivement la capacité de sauver l'âme humaine du pouvoir de l'ego. Or, le texte fait ensuite intervenir un rêve...

Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint-Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.

Il est important de se souvenir que notre humanité d'il y a 2000 ans voyait le rêve comme la Parole divine, et lui accordait en particulier la faculté d'annoncer l'avenir. Ici, il s'agit bien d'un songe.

La psychanalyse moderne reconnaît le rêve comme la mise en scène de la situation psychique du sujet, à l'intérieur de son inconscient. Mon travail personnel me permet d'affirmer que le rêve de naissance intérieure est effectivement un élément essentiel dans l'évolution de l'être humain, car il lui permet d'accéder à sa véritable identité. Ce rêve, beaucoup de rêveurs le font, sitôt qu'ils ont réussi leur union intérieure, c'est-à-dire la réunion de leur conscient avec leur inconscient. J'ajoute que le peuple, dans les rêves, est tout simplement le symbole de notre âme.

Lorsque le peuple est dirigé par un tyran, il souffre abominablement, tout comme notre âme, quand elle est dirigée par l'ego. En revanche, lorsque l'être humain réussit à faire naître en lui-même sa véritable identité, cet enfant psychique dont la fête de Noël nous parle chaque année, alors, il est sur le chemin d'une spiritualité authentique, qui le conduit à la paix intérieure de façon sûre. Car c'est bien cet enfant (Jésus-Sauveur) qui doit la gouverner...

Dans l'évangile de Jean, au chapitre 3, voici ce que dit Jésus:

"En vérité, en vérité, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'esprit est esprit. Ne t'étonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau".

Si on rapproche les deux passages, on voit bien qu'il peut y avoir là une clé intéressante. Le rapport de Matthieu fait référence à un rêve, et parle d'un enfant 'conçu' par le Saint-Esprit, c-à-d d'une naissance qui n'a rien à voir avec la chair. Or, cette naissance-là est indispensable pour 'voir' le royaume de Dieu - ou pour 'sauver' le peuple, c-à-d l'humanité. Les deux textes s'éclairent l'un l'autre, le premier étant un rêve, et le second étant la traduction du premier.

Bien entendu, chaque être humain peut et doit être sauvé (chemin personnel, individuel), mais si chaque être humain reçoit ce rêve et le comprend, le niveau collectif s'installera naturellement, et l'humanité sera sauvée.

La première naissance est de chair, grâce aux eaux matricielles dans la dimension physique. C'est la venue au monde de chaque bébé.

La seconde naissance est d'eau et d'esprit, grâce à l'eau de l'inconscient dans la dimension psychique. C'est la venue à la conscience de notre véritable identité, ce que nous appelons notre âme.

Il est amusant de constater que les religions, qui veulent toutes sauver cette âme, sont ici battues en brèche par le texte, qui affirme que c'est cet enfant (=âme) qui va nous sauver, et non l'inverse. Encore faut-il réussir à le faire émerger, à le sortir de l'inconscient, afin qu'il devienne conscient, ce qui est la seule façon de lui donner le pouvoir. Et cela, seul le rêve peut le faire, puisque c'est en rêve qu'on peut recevoir l'information. C'est le rêve de naissance. Tant qu'on ne l'a pas eu, on ne peut pas 'voir le royaume de Dieu...' qu'on soit croyant, prêtre, évèque ou Pape. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Jésus lui-même dans le texte:

"Tu es docteur d'Israël et tu ne sais pas ces choses ?"

Effectivement, on ne sait pas ces choses-là, parce que le rêve a été rejeté comme n'ayant aucun sens, ou accepté au premier degré, comme annonçant l'avenir. Dans les deux cas, on passe à côté de son message. En effet, le rêve donne au sujet une information objective sur lui-même, qui lui permet d'accéder peu à peu à la connaissance de soi, autrement dit de faire croître sa zone consciente, en réduisant sa zone inconsciente (=l'ignorance de soi).

Revenons à Matthieu.

Tout cela arriva afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.

Dans le texte de référence, il est dit que "la jeune fille sera enceinte" (Esaïe, 7. 14). Par ailleurs, Jésus ne fut pas appelé Emmanuel, et enfin, le reste de la prophétie diverge totalement de l'histoire racontée par Matthieu. On voit là l'application d'un système connu. Une citation semble venir à l'appui d'une thèse, mais seulement parce qu'elle est sortie de son contexte. Sur le plan extérieur, il est donc très facile de démanteler cette fausse preuve, et beaucoup d'analystes bibliques ne s'en sont pas privés.

Pourtant, sur le plan intérieur, symbolique, cette prophétie est valable pour chaque être humain, à condition de la comprendre sur le plan psychique. En effet, cet enfant est intérieur. Il permet à Dieu d'être "avec nous" puisqu'il le représente. Il doit naître dans notre inconscient, "ce pays où coulent le lait et le miel" selon l'Ecriture, et c'est du reste pourquoi Esaïe ajoute (v. 15 et 16):

"Il mangera de la crème et du miel, jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien. Mais avant que l'enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, le pays dont tu crains les deux rois sera abandonné."

L'intérêt de l'application des symboles, c'est que cela permet de donner un sens simple et pertinent aux Ecritures, dont certaines sont parfois obscures jusqu'à l'incohérence. Par ailleurs, le plan historique est très réducteur. Un des rois était-il le roi d'Assyrie? Qui était donc l'autre? Et que peut valoir une prophétie qui met en scène le contexte politique de l'époque, et qui se réalise huit siècles plus tard, avec la naissance de Jésus?

Si un texte sacré est encore valable pour l'humanité trois mille ans après sa rédaction, c'est qu'il parle de quelque chose qui touche l'homme au coeur, quelle que soit l'époque de son passage sur terre. C'est pourquoi je choisis la piste intérieure. Le pays dont on nous parle symbolise notre géographie intérieure, et la naissance qui doit y avoir lieu est celle de notre âme... En effet, ces deux versets semblent directement connectés à cette Terre Promise, dans laquelle 'coulent le lait et le miel' et qui reste inaccessible à l'homme, tout comme son inconscient, où se trouve pourtant la source de tous les bienfaits divins. C'est là que doit naître cet enfant, qui est la véritable identité de l'être humain.

C'est donc à cette source que l'homme doit nourrir son "Fils" psychique (=le Fils de l'homme), jusqu'à ce qu'il (l'homme) soit capable de discerner le bien du mal, c'est-à-dire ce qui vient de son âme et ce qui vient de son ego. A ce moment-là, évidemment, il abandonnera la servitude qui le fait se soumettre au pouvoir de ses géniteurs et de son ego. Ce sont probablement les deux rois qui inspirent la crainte et qui doivent être abandonnés.

Cette traduction-là est universelle, elle touche chaque être humain. L'information qu'elle lui apporte lui permet de se comprendre mieux, et donc d'avancer dans son évolution. Car nous ignorons généralement que nous devons nous libérer du pouvoir de nos parents, et je ne parle même pas de l'ego, auquel on s'identifie dans la plus parfaite innocence.

Joseph, s'étant réveillé, fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui.

Au premier degré, Joseph se réveille. Cela montre bien qu'il dormait et qu'il avait effectivement reçu un rêve. Mais au second degré, cela signifie que Joseph prend conscience - qu'il cesse d'être inconscient, en ce qui concerne quelque chose d'important pour lui. On peut supposer que ce quelque chose était en lien avec son identité véritable, avec sa croissance spirituelle, avec son humanité.

Or, cette humanité a toujours été (et est encore) menacée par notre animalité intolérante et brutale, orchestrée par l'ego. Les sociétés patriarcales ont toujours été très pointilleuses sur la vertu des femmes. Le texte nous dit sans ambiguïté qu'une grossesse hors mariage justifiait la répudiation. Joseph semble avoir été un homme de coeur, plein de sagesse et de tolérance. Certes, il a pensé à rompre son mariage, mais il ne l'a pas fait, et il est possible que son rêve entérine tout simplement son ouverture d'esprit. En refusant un comportement cruel sur le plan extérieur, il a permis à son âme féminine de faire naître en lui cet enfant psychique, qui était sa véritable identité humaine. Il a échappé au gouvernement sectaire de son ego, qui ne regarde que l'apparence et le qu'en-dira-t-on. Il a laissé parler son coeur - et c'est cela, véritablement, qui permet à l'homme de se rapprocher de Dieu.

Il semble de plus y avoir une contradiction entre le verset 18 et les suivants, qui font état de Joseph en tant qu'époux, et de Marie en tant que sa femme, alors qu'ils n'étaient en principe que promis l'un à l'autre. Une fois de plus, c'est l'explication de texte qui fait apparaître son sens, car les exégèses classiques ne s'arrêtent évidemment pas à ce genre de détail. Il pourrait pourtant bien s'agir là d'un adultère, dont Joseph aurait eu connaissance, et qu'il aurait été capable de pardonner, ce qui force le respect, surtout à cette époque...

Bizarrement, il y a dans Jean (8. 3-11) un passage qui peut faire écho à la décision de Joseph.

La femme adultère.

Jésus étant dans le temple, les pharisiens lui amenèrent une femme surprise en adultère.

"... et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Toi, donc, que dis-tu ? Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette la première pierre contre elle. Et, s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là, au milieu. Alors, s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t'accusaient ? Personne ne t'a-t-il condamnée ? Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus. Va, et ne pèche plus."

Sur le plan historique, cette histoire est peut-être vraie, bien que je doute que les pharisiens aient pu si facilement se laisser détourner de leur but. Nous en avons une sorte de preuve dans notre monde d'aujourd'hui. Les pays occidentaux ont en effet beaucoup de mal à enrayer la décision barbare de la charia islamiste, qui frappe de mort par lapidation les femmes taxées d'infidélité ou de grossesse hors mariage. Au nom d'Allah, le miséricordieux....

Sur le plan intérieur, cette histoire est bien plus probablement vraie. Car Jésus a certainement eu à réfléchir sur ce genre de problème, et a même pu y être mêlé de près. Le Joseph de Matthieu et de Luc cède la place à son fils, et on n'entend plus parler de lui. Mais si le fils en question était le nouveau Joseph, celui auquel il venait de donner droit de cité à l'intérieur de lui-même, en refusant de souscrire à la cruauté d'une loi inique, alors ce serait bien l'histoire intérieure d'un être humain qui nous serait racontée.

Chez Jean, Joseph n'est même pas nommé. Mais le texte sur la femme adultère montre à l'évidence que Jésus, comme son père, a privilégié le comportement humain, et qu'il ne s'est pas laissé manipuler par son ego, représenté par les pharisiens. Ce pourrait donc être un rêve, qui met en scène les réflexions d'un homme de l'époque sur le problème de l'adultère ou de la grossesse hors mariage.

Traitons ce passage comme un rêve. Jésus symbolise la partie humaine d'un homme (Joseph ou Jean), confronté à un problème d'ordre social (l'adultère) traité par sa religion avec une rigueur inhumaine. Il est dans son monde intérieur (le temple, symbole de l'âme), et son ego (les pharisiens) cherche à lui faire condamner une femme (très probablement la sienne) en appliquant la loi mosaïque. Mais il se borne à écrire sur le sol. Toute écriture relève de la connaissance de soi. Il s'interroge sur ce qu'il doit faire. Dans ce cas-là, la remise en question de soi-même est en général déterminante.

Les gens qui se croient parfaits manifestent par là leur propre inconscience vis à vis d'eux-mêmes. Ils ne se rendent même pas compte de leurs erreurs. C'est ce qui les rend intolérants. Les donneurs de leçon, dit la sagesse populaire, feraient bien de balayer devant leur porte. Ce constat dresse un portrait basique de l'ego. C'est lui qui condamne, c'est lui qui génère en l'homme toute son inhumanité (toujours fondée sur l'intolérance). Et les textes sacrés sont pour lui du pain béni, car ils semblent (au premier degré) affirmer des choses qui vont dans son sens (=punition, péché, exclusion, condamnation à mort).

Je pense sincèrement que cette femme était la sienne, car on ne réfléchit vraiment sur un problème de ce type, que lorsqu'il touche au coeur. Or, après mûre réflexion, Jésus a décidé de ne pas la condamner. Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. C'est la remise en cause de soi, qui débouche sur le pardon. Dans cette analyse, Jésus était la conscience de Joseph (ou de Jean), capable de le sauver (Jésus=Sauveur) de la dureté de son ego. C'est une mise en scène de 'l'examen de conscience' d'un homme juste. Le texte dit que les pharisiens se sentent 'accusés par leur conscience'...

A mon avis, cela n'enlève rien au Jésus que nous honorons, au contraire. Et cela permet à chacun de nous de pouvoir vraiment suivre son enseignement, car nous sommes des êtres humains, comme cet homme d'il y a deux mille ans, et ce qu'il a fait, nous pouvons le faire aussi. Cela change tout. Le Jésus que les Chrétiens vénèrent, il est en eux (l'apôtre Paul ne cesse de le répéter), et il est possible, à chaque instant, de lui donner la direction de notre vie, en choisissant de laisser parler notre coeur, tout simplement.

Je rappelle que l'Eglise n'a pourtant gardé de ce texte que la condamnation des pharisiens, jusque dans la seconde moitié du XX° siècle. Il a fallu Mai 1968 pour que saute enfin le couvercle de l'interdit sur la vie sexuelle des filles. C'est la révolte du peuple qui a réussi à secouer le joug de l'ego dans ce domaine. Pourtant, Jésus avait montré le chemin à suivre, mais son Eglise a été la première à le trahir.

Dans l'analyse que je propose, Joseph et Jésus sont un seul et même personnage, le premier étant l'homme de chair, le second étant son identité psychique masculine, son âme. De même, on pourrait dire que Jean est un autre aspect de Joseph, qui parle de Jésus comme de son sauveur personnel, mais aussi de celui de l'humanité toute entière, si elle donne la priorité aux valeurs de son coeur. Autrement dit, Joseph serait l'homme social qui aurait refusé de voir sa fiancée ou sa femme lapidée au nom d'une tradition religieuse inhumaine. Cet événement essentiel dans sa vie l'aurait ensuite conduit tout naturellement à enseigner une autre approche religieuse, dont l'amour et le pardon étaient la base fondamentale. Il se serait alors fait appeler Jean, et aurait écrit l'évangile que nous connaissons, et qui, dans ce cas, serait de première main...

Car la différence est énorme entre les trois évangiles synoptiques et le sien, qui met l'accent sur l'enseignement de Jésus, son mode de pensée, sa façon de voir les choses, sa tolérance et son ouverture d'esprit. Toutes caractéristiques qui l'ont conduit à s'opposer aux dures lois de sa communauté religieuse, au nom de l'esprit, en laissant la lettre de côté.

La loi de Moïse.

Chaque fois que l'humanité est bafouée, chaque fois que la cruauté règne, on peut être sûr que l'ego a gagné et que l'âme est défaite. Comment une chose aussi simple peut-elle ne pas sauter aux yeux de ceux qui conduisent les peuples? Pourquoi l'amour est-il si difficile à mettre en oeuvre, alors qu'il est si facile à identifier?

C'est que l'ego pousse l'homme à lire les Ecritures au premier degré. Dieu l'a dit, cela me donne le droit de le faire. Mais quel Dieu? Un vrai Dieu peut-il réellement ordonner à ses prêtres de lapider une femme, de la répudier, ou tout simplement de la mépriser? Comment peut-on ne pas remettre en cause un tel Dieu? Parce que ce Dieu n'est rien d'autre que notre ego. C'est lui qui parle, et comme il est à l'intérieur de nous, il nous persuade de ce qu'il veut."C'est écrit, c'est donc vrai. Tu peux la tuer. Tu auras servi les intérêts de Dieu (c'est-à-dire les miens)".

Le plus incroyable, c'est qu'effectivement, puisque c'est écrit, c'est que c'est vrai. Mais il nous manque le code pour comprendre le message.

Dans la Loi mosaïque, ce code est très simple: la femme adultère, c'est l'ego, à l'intérieur de chacun d'entre nous, qui nous trompe et nous trahit. C'est lui que nous devons tuer, et là, vraiment, nous servirons les intérêts de Dieu, c'est-à-dire, en dernière analyse, les nôtres. En corollaire immédiat, nous cesserons de condamner l'adultère comme un crime.

De même, dans la Loi musulmane, l'infidèle, c'est l'ego, à l'intérieur de chacun d'entre nous, et c'est lui que nous devons tuer, et là, vraiment, nous servirons les intérêts de Dieu, c'est-à-dire, en dernière analyse, les nôtres. En corollaire immédiat, nous cesserons de nous déchirer au nom de nos religions.

Dans la société indienne, l'intouchable, c'est l'ego, et c'est par lui que nous ne devons pas nous laisser toucher, c'est chez lui que nous ne devons pas entrer. C'est lui que nous devons identifier, et là, vraiment, nous servirons les intérêts de Dieu, c'est-à-dire, en dernière analyse, les nôtres. En corollaire immédiat, nous cesserons de mépriser nos semblables, lorsqu'ils sont en bas de l'échelle sociale.

Et dans tous les pays où règne la tyrannie, le tyran, c'est l'ego, que ce soit celui du dictateur, ou celui de chacun de ses représentants. Quand le peuple souffre, écrasé sous le joug de ses dirigeants, c'est parce qu'il est lui-même dirigé par son ego, qui lui fait accepter une loi inique. C'est de lui que nous devons nous débarrasser, et là, vraiment, nous servirons les intérêts de Dieu, c'est-à-dire, en dernière analyse, les nôtres. En corollaire immédiat, nous cesserons de ployer sous l'injustice et l'absence de liberté.

Chaque fois que nous gagnons en humanité, nous servons les intérêts de Dieu, qu'on le nomme Allah, Yahvé, le Christ, Bouddha, Krishna et j'en passe.

Le sens des rêves.

Je vais me répéter, car il faut marteler le message.

Le rêve parle de notre vérité psychique, afin de nous éclairer. A l'époque de Jésus, le rêve était toujours compris comme un message de Dieu, annonçant un événement extérieur. Beaucoup de gens continuent aujourd'hui à le croire. Pourtant, ce type de rêve visite parfois aujourd'hui certains êtres humains, qui ne donnent pas naissance à un second Christ... sur le plan extérieur. Mais sur le plan intérieur, ce rêve peut signifier au rêveur que sa véritable identité vient de naître, et qu'il doit maintenant la faire grandir, en la nourrissant avec les contenus de son inconscient (le lait et le miel psychiques). Notre âme se nourrit de ce type d'information qui nous permet de savoir où nous en sommes.

Le rêve, en effet, répond aux trois questions existentielles:

D'où venons-nous ? Nous sortons de l'inconscience absolue, car à la naissance, l'enfant est totalement inconscient.

Qui sommes-nous ? Nous sommes parcelle de conscience, puisque la zone consciente s'installe avec le premier souvenir, et grandit tout au long de notre vie.

Où allons-nous ? Nous allons vers la pleine conscience. Si la zone consciente ne cesse de croître, elle est limitée par l'inconscient, ce monde intérieur qui nous appartient en propre et dans lequel pourtant, nous ne pouvons entrer. C'est donc là que nous devons aller... afin d'installer la lumière dans notre zone obscure. C'est la Terre Promise à chaque être humain. Nous y aurons tous accès un jour, ainsi que l'indique 'la promesse'. J'ajoute que le plus tôt sera le mieux...

Mais tout ce parcours est psychique et ne concerne que notre âme, car notre véritable identité n'est ni notre corps, ni notre ego. On peut le vérifier dans la Genèse (1. 27):

Dieu créa l'homme à son image, selon sa ressemblance.

Or Dieu, s'il existe, répond à trois définitions, selon la théologie classique:

Il est Esprit (donc invisible). L'homme est doté d'une dimension physique, visible. Ce n'est donc pas son corps qui le fait à sa ressemblance.

Il est amour. L'homme identifié à son ego est capable de haine. Ce n'est donc pas son ego(-ïsme) qui le fait à sa ressemblance.

Il est pure conscience (ou lumière). Mais l'homme a une zone de ténèbres, son inconscient. Ce n'est donc pas son inconscient qui le fait à sa ressemblance.

Si nous avons une identité à sa ressemblance, que peut-elle être, sinon notre zone consciente ? Dieu est conscience pure, l'homme est conscience partielle. On peut faire l'hypothèse que le vrai chemin spirituel est la croissance de cette zone consciente, qui rapproche forcément l'homme de Dieu, puisque cela le rend de plus en plus conscient.

On remarque au passage que l'accord est total entre la psychologie et la spiritualité.

Notre âme est invisible, elle seule sait aimer, et elle s'épanouit dans la conscience et l'humanité. Qui n'est pas d'accord avec ça?

L'humanité est le seul critère fiable.

La tolérance, qui est la plus belle qualité humaine, va de pair avec l'ouverture et l'importance de la zone consciente. Certes, il est difficile de mesurer objectivement cette zone. On peut en avoir une approche à travers l'ouverture d'esprit d'un individu, dans la vie éveillée. Manifestement Joseph était largement conscient de la cruauté de son époque, s'agissant de la vertu des femmes. Il semble ne pas avoir été le père de l'enfant que Marie attendait. Car, même si on croit à l'opération du Saint-Esprit, cela ne change rien au regard que la communauté religieuse a dû porter sur la situation. Pourtant, il prit sa femme avec lui.

Les Ecritures sont tellement intellectualisées qu'elles sont totalement désincarnées. Mettons-nous à sa place, ne serait-ce qu'une minute. Le poids des traditions a dû l'écraser, et la honte qu'elles véhiculent. Il est facile, des siècles plus tard, de parler de la virginité de Marie, et de l'intervention divine. Les filles d'aujourd'hui (en occident) ne savent pas ce que cela peut être, et c'est tant mieux.

Mais les femmes de mon âge (je suis née en 1943) savent ce que cela signifiait, et les femmes musulmanes, savent ce que cela signifie encore, une grossesse hors mariage. C'était la honte et la mise à l'index. Les hommes et les familles qui dépassaient ce jugement étaient rares. Finalement, notre humanité n'est toujours pas libérée de ce carcan, véhiculé par les religions, puisqu'aujourd'hui encore, dans certains pays, les femmes risquent la mort par lapidation...

L'adultère en est un autre aspect, qui lui est souvent lié. Je ne te condamne pas. Va, et ne pèche plus. Si les deux événements se complètent, et racontent la même histoire, le parcours de cet être humain, qui s'appelait peut-être Joseph, ou peut-être Jean (dont l'évangile est tellement intériorisé, tellement 'humain'), ce parcours est celui d'un homme qui a réussi à échapper à la loi de son propre ego - et donc à la barbarie de son époque. Le parcours d'un être qui méritait véritablement l'épithète d'humain. Son humanité reposait sur une base simple, l'amour. Tout son évangile pourrait du reste être résumé à travers ce verset connu:

"Aimez-vous les uns les autres, c'est à cela qu'on reconnaîtra que vous êtes mes disciples."

Manifestement, c'est un commandement qui n'a pas paru suffisant aux fonctionnaires de Dieu. Les théologiens ont préféré ratiociner, discuter sans fin sur la lettre et se quereller pour savoir (entre autres) si Jésus allait aux cabinets comme un simple mortel... ou non, parce qu'un Dieu n'est pas censé uriner ou déféquer. Grave problème. Nous sommes bien loin de cela aujourd'hui, et cela peut prêter à sourire. Pourtant... pourtant la sexualité humaine reste un problème pour l'Eglise, qui s'obstine à s'en mêler, alors que son véritable rôle devrait simplement se borner à être une grande réserve d'amour pour ses ouailles, surtout quand elles sont perdues. Les quatre évangiles affirment tous: "Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés."

Conclusion.

L'histoire de la naissance de Jésus nous raconterait donc un rêve qui a été interprété, semble-t-il, comme une réalité...

Je vais me répéter, mais je ne voudrais pas que le lecteur ait l'impression que j'affirme une chose et son contraire.

Qu'il n'y ait pas de confusion. Le plan extérieur est en général mis en scène dans les rêves. C'est pourquoi j'ai essayé de relier une situation, disons familiale et difficile, à une décision intérieure, pleine de bonté et d'amour, qui aurait été sanctionnée par un rêve indiquant au rêveur qu'il avait fait un choix humain, et que ce choix permettait à son âme d'essence divine de naître en lui afin de devenir son guide intérieur. C'est le Fils de l'homme, auquel nous devons donner le pouvoir, afin de pouvoir dire sans mentir que Dieu est notre Père, parce que nous faisons un avec lui, dans l'amour et la miséricorde.

C'est ce que Jésus a exprimé quand il a dit: Je ne suis pas venu abolir les Ecritures, je suis venu les accomplir. Cela passe par un décryptage qui élimine la barbarie de l'ego au profit de l'humanité, c-à-d qui abandonne la lettre (qui tue) et ne garde que l'esprit (qui vivifie = qui donne la vie).

En tout cas, dans ma lecture, je traite ces textes exactement comme je traite les rêves qu'on me demande de traduire. Cette traduction entérine un état de bien-être intérieur, donné, justement, par la naissance de cet enfant psychique, chez l'homme d'aujourd'hui, comme chez celui d'il y a 2000 ans..

Cette interprétation évacue radicalement toutes les querelles qui ont divisé et divisent encore les chrétiens. Mais ce qui est encore plus important, c'est qu'elle permet de démocratiser le dogme, en supprimant tout élitisme. Dieu ne choisit pas un être humain tous les deux mille ans pour lui distiller - à lui seul - sa parole et sa volonté.

Il le fait pour chaque être humain, sans exception, quelle que soit sa religion, son sexe ou la couleur de sa peau. Et il le fait directement, en rêve, sans intermédiaire, et sans exiger le moindre rituel extérieur. Il suffit de comprendre ses messages pour faire ce chemin spirituel que tant de gens souhaitent accomplir. S'il est semé d'embuches, c'est seulement parce que notre mental prend le pas sur notre coeur. Le ressenti ne nous trompe jamais. L'intellect nous embarque dans la famine intérieure, et crucifie notre âme sur les croyances dogmatiques et invérifiables de notre ego.

Je ne cherche pas à choquer. Je cherche seulement à trouver un autre sens à un texte qui a toujours été compris sur le plan extérieur uniquement, ce qui n'a pas donné les résultats espérés, en ce qui concerne l'amélioration de notre humanité.

Le sens intérieur me paraît être beaucoup plus important, d'autant que, si Dieu existe, c'est notre âme immortelle qui l'intéresse. Cette immortalité, elle la partage avec lui. Notre corps, lui, a toujours été et sera toujours, soumis à la mort. Puisqu'il a un début, c'est qu'il a aussi une fin. Ce n'est pas le cas de notre âme. Jésus, qui en était la manifestation, et donc qui parlait en son nom, l'a exprimé ainsi: Avant qu'Abraham fût, je suis. C'est l'éternité que toutes les religions prêtent à Dieu, et qui est si difficile à concevoir pour l'homme dont la finitude est inscrite dans le temps. Pourtant, il est écrit aussi: Vous êtes de Dieux. (Jean 10. 34, et Ps 82. 6). Cela pourrait bien signifier que notre véritable identité est d'essence divine, parce que notre âme est Dieu...

En nous identifiant à notre corps, nous laissons de côté notre âme. L'ego prend alors le pouvoir, et dénature notre essence divine, en parlant à notre place, ce qui fait apparaître un Dieu controversé, nié par les uns, exalté par les autres. Mais cette exaltation exige un miracle comme point de départ. C'est ce qui rend Dieu inaccessible, alors qu'un peu de bon sens suffit pour comprendre que le seul véritable miracle, c'est notre humanité, quand elle génère l'amour et la compassion.

Le Dieu auquel nous croyons, qu'on le veuille ou non, nous sert de modèle. S'il agit par représailles, je peux le faire aussi. S'il a perpétré un génocide, pourquoi ne le ferais-je pas, moi aussi, si j'ai le pouvoir un jour? C'est ce que nous voyons aujourd'hui partout à la surface de la terre. Qui peut arrêter ce fonctionnement? Manifestement pas le Dieu que nous vénérons, puisque c'est lui qui le génère, quel que soit le nom qu'on lui donne. Qui d'autre, alors?

L'homme. Oui, l'homme, car lui seul peut le faire et le fera, s'il accepte de renoncer à des croyances qui lui font tant de mal. Cela s'accomplira s'il devient pleinement humain. Seulement et simplement humain. Car les mots doivent avoir du sens, et les hommes peuvent avoir du bon sens. C'est inscrit dans leurs gènes, très probablement, et c'est leur évolution naturelle. C'est pourquoi tant de gens croient malgré tout en l'homme. Je fais partie de ces gens-là. C'est l'humanisme qui nous sauvera, le jour où toutes les théologies mettront l'homme au centre de leur discours et de leur foi.

Malheureusement, toutes les religions, qu'elles soient reconnues ou non, ont toujours privilégié l'aspect extérieur, sectaire, des textes sacrés. C'est pourquoi beaucoup de croyants font le pèlerinage de Compostelle ou de la Mecque, partent chercher la sagesse dans un ashram en Inde, ou plus simplement, vont chaque semaine à la synagogue ou à l'église. Cela répond à un besoin, quelquefois à une urgence, qui sont tout à fait légitimes.

Ils ignorent qu'ils pourraient faire ce voyage dans leur propre monde intérieur (leur terre promise), et que le résultat serait la maîtrise de leur ego, et la croissance de leur humanité.

Cela signifie qu'ils vont chercher dehors ce qu'ils ne peuvent trouver que dedans.

Au bout de ce voyage, que le Christ a accompli, l'homme pourra, comme lui, devenir ce qu'il est vraiment, devenir ce Dieu qu'il supplie depuis toujours, et qui est sa véritable identité. Il sortira alors de la douloureuse impasse dans laquelle il se trouve encore aujourd'hui.

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