PSYCHIATRIE et SANTE MENTALE.

Le rêve, clé de notre bien-être.

Contenu de ce dossier.

- Une approche simple de la psychiatrie, mise en parallèle avec les croyances et les traditions.

- L'ego, racine des dysfonctionnements humains. Nos rêves le pointent du doigt.

- Une explication par notre vocabulaire.

- Une analyse du livre d'Amélie Nothomb, la métaphysique des tubes.

- L'ego est un loup pour l'homme.

- Quelques exemples de rêves.

- Nécessité de passer de l'enfance à l'âge adulte - psychiquement.

- Le témoignage d'une autiste, Temple Grandin.

- Les problèmes transmis à la conception, relayés par les projections, et révélés par des signes extérieurs.

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La psychiatrie, les croyances et les traditions.

La psychiatrie a dressé le catalogue complet de tous les dysfonctionnements psychiques de l'homme. Pour éviter de se perdre dans les subtilités des spécialistes, on peut dire que les maladies psychiques entrent dans deux grandes catégories.

- La névrose, caractérisée par le fait que le sujet a conscience de son mal-être, et qu'il voudrait bien en guérir.

- La psychose, caractérisée par le fait inverse. Le sujet n'a aucune conscience de son dysfonctionnement, il est même persuadé que ce sont les autres qui sont "fous" ou qui sont dans l'erreur. Lui, il détient une vérité pour laquelle il serait prêt à se faire couper en morceaux.

Bien entendu, tous les degrés sont possibles entre les deux états. Lorsque le discours devient incohérent dans des domaines essentiels de la vie éveillée, on parle de démence.

Croyances et traditions. On vit parfaitement bien avec des croyances politiques....religieuses.... ou superstitieuses.... Elles ne sont pas forcément justes, ne donnent souvent pas de bons résultats, mais elles font partie d'une normalité si répandue, que le groupe ethnique dans lequel elles ont cours les avalise et les justifie.

Parfois, il y a heurt violent entre des traditions différentes. Par exemple, l'excision africaine est une pratique atroce qui a pourtant eu l'aval de tout un peuple, et a encore ses défenseurs, y compris parmi les victimes elles-mêmes.

De la même façon, les "fous de Dieu" qui se font exploser dans un lieu public pour tuer, sont certains d'obtenir l'admiration de leurs compatriotes. Leurs certitudes religieuses sont à l'origine de leur acte, malgré son aspect terrifiant et barbare.

La croyance se traduit alors par du fanatisme - politique ou religieux, parfois un mélange des deux. Car chaque être humain est plein de certitudes. Cela ne l'envoie pas forcément en hôpital psychiatrique. Cela dépend de la certitude elle-même, et de la façon dont elle s'exprime.

Croyance, délinquance, religion, fanatisme et folie.

Les choses se compliquent un peu lorsqu'on devient tout à coup le dépositaire d'une certitude rare, non avalisée par le plus grand nombre. Par exemple, se croire la réincarnation du Christ. On peut ne pas l'ébruiter, mais c'est assez rare, car il est très difficile de ne pas partager de genre de certitude avec autrui. Comme on trouve toujours des gens suffisamment crédules pour adhérer à ce type de 'révélation', on fonde plutôt une secte, si on est suffisamment bon orateur pour convaincre. (cf dans le menu, les dossiers sur les Sectes et Religions). Beaucoup de gourous sont à l'heure actuelle traînés devant la justice, même si certains relèvent plutôt de l'hôpital psychiatrique.

C'est du reste ce qui arrive à ceux qui troublent l'ordre public, et se laissent aller à des comportements bizarres, agressifs ou complètement déjantés. Souvent, ceux-là se réclament de Satan. Selon mon analyse, c'est la prudence qui marque la frontière entre la secte et la bouffée délirante. Celui qui recrute dans l'ombre, sans crier ses certitudes sur les toits, mais qui les partage avec un public choisi et crédule, celui-là ne sera pas inquiété, du moins au départ. Pourtant, il est plus dangereux pour la société que l'individu isolé qui s'expose en public et se fait enfermer.

Les hôpitaux psychiatriques sont pleins de gens qui ont des certitudes tout à fait inhabituelles, certitudes qui les ont poussés à des comportements si étranges, qu'on les a enfermés. C'est ce qu'on appelait autrefois globalement "la folie", et que la psychiatrie moderne a étiqueté sous le terme de "psychopathologie", avec de nombreuses variétés. Hystérie, schizophrénie, paranoïa, psychose, TOCs, comportements asociaux, bouffées délirantes, et j'en passe.

La "bouffée délirante" entraîne souvent le sujet dans un "délire mystique". Il "entend des voix". Ces voix lui distillent des paroles qui le rendent fou. Souvent, c'est Dieu lui-même qui lui parle, mais son discours est incohérent. D'autres fois, la voix se présente comme étant le Diable.

Le traitement psychiatrique est en général médicamenteux. Les cachets assomment le sujet et le mettent hors d'état de nuire, sans résoudre son problème.

Jusqu'au XIX° siècle, on considérait la folie soit comme une déviance sociale (et on mettait le sujet en prison), soit comme une "possession" par Satan. Dans ce cas, un prêtre tentait parfois l'exorcisme. Le possédé pouvait finir ses jours sur un bûcher.

Aujourd'hui, la justice demande parfois à des experts psychiatres de se prononcer sur la santé mentale de certains criminels. On pourrait s'interroger sur le fonctionnement mental des terroristes 'fous de Dieu'....

Toutes les croyances invérifiables peuvent déboucher sur des actes honteux ou inhumains.

Cela signifie que certaines idées peuvent envoyer l'être humain en prison (le meurtrier qui tue les corps, et le gourou qui tue les âmes), mais aussi au combat (le fanatique politique ou religieux), aussi bien qu'en hôpital psy (le 'fou' qui ne fait du mal qu'à lui-même).

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L'ego, racine de toutes les souffrances humaines.

Aujourd'hui, je crois qu'on peut affirmer que toutes les certitudes, de la plus extravagante à la plus répandue - qui paraît donc normale, ont démontré leur incapacité à rendre l'homme heureux. Souvent, il est juste de le dire aussi, c'est l'application de la certitude en question qui est à la source de cette incapacité.

-- Par exemple, les religions prêchent au nom d'un Dieu d'amour, et commettent en son nom les pires atrocités.

-- De la même façon, la démocratie vise un idéal difficile à réaliser, à cause de la manière dont ses dirigeants la mettent en oeuvre.

-- Ou encore, la famille est capable de déchirer ses propres enfants, lorsque ceux-ci refusent de suivre la voie qui convient à leurs parents.

Pour permettre à tout individu, quel qu'il soit, de ne pas trahir son idéal, il est indispensable de savoir que la véritable cause est intérieure, et vient du gouvernement néfaste de l'ego dans chaque individu.

J'ai essayé de démontrer cette hypothèse dans le dossier sur la Délinquance. Je défends la même thèse en ce qui concerne les Sectes et les Religions. Selon mon analyse, l'ego tire les ficelles dans tous les cas.

Son pouvoir est illimité parce que personne ne lui a enlevé son masque. Ce masque, c'est nous. Derrière, l'ego se manifeste, soit comme un animal, soit comme Dieu ou diable. En tant qu'animal, il va s'approprier ce qu'il convoite (vol, abus de pouvoir, viol et meurtre). En tant qu'instance religieuse, il va obtenir le même résultat sur le plan de l'âme, avec des actes extérieurs parfois très proches de ceux de l'ego-animal.

La santé mentale. Pour moi, elle n'est pas que le contraire de la folie. Elle est atteinte aussi dans tout comportement asocial, fanatique, suicidaire ou psychiatrique.

L'ego se cache dans notre mental depuis la nuit des temps... Tant que l'être humain est capable de le réguler, il reste sain d'esprit. Mais la frontière est floue, et beaucoup de gens le sentent, sans pouvoir expliquer pourquoi.

Je vais développer cette thèse ici, dans le cadre de la psychiatrie.

Le rêve accuse l'ego.

Bien que l'inconscient soit le domaine réservé de la psychanalyse, et que Freud ait parlé du rêve comme de "la voie royale" qui y mène, la plupart des psychiatres ne s'y intéressent pas. Les rêves de leurs patients ne sont en général pas pris en compte. Pourtant, l'inconscient donne des réponses parfaitement adaptées à la problématique de chaque être humain, y compris (et surtout) pour le malade mental.

En effet, beaucoup de rêves mettent en scène un personnage sombre, dangereux - souvent un meurtrier, quelquefois Satan lui-même - qui terrorise le rêveur, et qu'il faut absolument identifier. Si personne ne met le sujet en danger sur le plan extérieur, alors, il faut faire l'hypothèse que cet individu onirique est son propre ego, dont le pouvoir est redoutable parce qu'il utilise le mental, qui est un outil puissant. Or la psychiatrie et la psychanalyse d'aujourd'hui cherchent la cause du mal-être de leurs patients dehors, alors qu'il est souvent dedans.

Quand le rêve parle réellement de l'ego, si on propose cette piste au sujet, il en sentira tout de suite la pertinence. Je crois qu'il est essentiel de comprendre cette dualité de l'homme, capable de le rendre "schizophrène", parce qu'il ne sait plus qui il est, à cause de cette voix intérieure qui le rend littéralement fou. Tous les malades mentaux attendent de leur psy que celui-ci leur explique ce qui se passe réellement à l'intérieur d'eux. Mais si on leur parle de dédoublement de la personnalité, sans leur expliquer que cela vient de cet autre, qui est en eux, et dont ils doivent devenir conscients, ils restent dans leur monde "morcelé", douloureux, sans explication rassurante. Comment pourraient-ils dans ces conditions retrouver leur libre arbitre, puisqu'ils ne peuvent renouer le lien perdu avec leur vérité propre ? Or leur vérité est d'ordre humain, psychique, et leur mensonge, d'ordre animal, égotique.

Tant qu'ils ne peuvent faire la différence entre leur âme (=leur identité) et leur ego (=leur ennemi, leur faux-self), ils ne peuvent rétablir leur ordre intérieur. Si on sait que le Diable est un des plus anciens symboles de l'ego, on comprend pourquoi - d'instinct - nos ancêtres voyaient les fous comme des possédés de Satan. Leur approche n'était pas si fausse, mais hélas, elle restait au premier degré, si bien qu'aucune guérison n'était possible, puisque seule, la prise de conscience de l'ego lui enlève son pouvoir.

Qui nous 'possède' ? = Qui possède le pouvoir en nous ?

"Les esprits possessifs" est un livre d'Edith Fiore, une psychothérapeute américaine, qui traite de la possession. Son expérience est intéressante, dans la mesure où elle réussit à soulager des patients sous hypnose, en faisant sortir d'eux une "entité" qu'elle pense être l'esprit d'une personne décédée, qui ignore qu'elle est morte et s'est donc introduite à l'intérieur d'un vivant qui passait à sa portée. Je lui laisse la parole (Editions Exergue, p 198).

"La possession peut nous aider à comprendre les comportements aberrants, les problèmes physiques, émotionnels, mentaux et les troubles de la personnalité. Je me demande combien de patients placés dans des établissements psychiatriques sont, non pas des psychotiques, mais des possédés. Les voix qu'ils entendent sont-elles réelles ? Combien de souffrances physiques sont-elles la continuation de la douleur et des symptômes ressentis par un esprit, juste avant qu'il ne meure ?"

Elle-même n'est pas convaincue de la justesse de son explication, mais, voyant que "ça marche", elle continue à pratiquer la "dépossession". Personnellement, je pense que ce qu'elle appelle un esprit possessif n'est rien d'autre que l'ego du sujet.

"Je n'ai jamais, dit-elle, rencontré des esprits très évolués qui auraient pris possession des personnes." (p 197)

L'ego n'est pas évolué, puisqu'il vient du règne animal, et il se comporte toujours comme un ennemi. Mais quand on sollicite l'inconscient, il répond avec l'outil qu'on lui propose, si la symbolique est juste. Ici, effectivement, l'approche est juste, mais il faut en plus la traduire dans un discours faisant apparaître le véritable responsable, l'ego. L'auteur ne le fait pas, et cela explique probablement pourquoi...

..."certaines personnes semblent rester possédées, même lorsque le diagnostic est établi avec certitude. Rien n'y fait : ni les tentatives de dépossession, ni les recherches dans les vies antérieures, ni l'exploration des raisons pouvant motiver la possession, ni même l'aide des guérisseurs travaillant à distance et spécialisés dans ce type de dépossession." (p 201).

Elle précise également que parfois, il s'agit d'un enfant, ou des parents du sujet. Dans ces cas particuliers, bien entendu, les "entités" doivent être identifiées comme le petit enfant qui reste de l'enfance, ou le pouvoir des parents, dont le "possédé" n'a pas réussi à se libérer (qu'ils soient morts ou qu'ils soient vivants).

Selon ma propre expérience, l'ego peut prendre toutes les formes, divine, démoniaque, humaine, animale, végétale, ou même inanimée (par exemple un obstacle, une barrière, une arme, etc...). Il peut aussi se manifester sous la forme d'un kyste, d'un furoncle, d'une blessure, d'une maladie, que le sujet peut visualiser afin d'agir dessus virtuellement. C'est bien entendu alors son âme qu'il peut soigner. La question qu'il faut se poser, c'est de savoir si cette thérapie peut guérir le corps, aussi? Ce qui est certain, c'est que le sujet se sent mieux, souvent immédiatement, quelle que soit la forme sous laquelle son ego s'est présenté.

Enfin j'ajoute que le code utilisé (= l'ego, ou l'enfant qui n'a pas grandi), apporte une réponse que je crois fiable à toutes les questions que se pose Edith Fiore. Mais il est également indispensable que le sujet comprenne pourquoi telle ou telle image lui est proposée par son inconscient. Son vécu, ses interrogations, sa vie intérieure, tout cela doit lui permettre de faire des liens avec sa situation psychique présente. Il doit comprendre ce qui s'est passé en lui, et pourquoi ça s'est passé ainsi. Il s'agit en fait d'un dialogue entre son inconscient et lui, qui débouche sur la connaissance de lui-même, grâce aux prises de conscience. C'est pourquoi le rêve recoupe à la fois la psychanalyse, la psychologie, la philosophie et la spiritualité.

Mon rôle se limite à celui d'une traductrice. Si j'ai correctement traduit, alors s'opère la libération du sujet.

La dépression.

C' est certainement la forme la plus répandue d'un mal-être souvent tenace, et seulement "contenu" grâce aux anti-dépresseurs, anxiolytiques ou neuroleptiques. Voici un exemple simple.

Il s'agit d'une jeune fille de 20 ans, plus ou moins déprimée depuis des années. Dernièrement, elle a fait une tentative de suicide. Une semaine auparavant, elle avait fait un cauchemar, dans lequel elle tuait quelqu'un.

Le sens de ce rêve est clair, surtout si la rêveuse sait qu'elle abrite un tueur à l'intérieur d'elle-même. Encore faut-il qu'on lui propose cette hypothèse. Dans la mesure où elle l'ignore, elle est tout naturellement identifiée à cet ego qui veut la tuer. C'est pourquoi elle dit "Je" dans son rêve. Elle s'est laissé posséder par son ego. Par conséquent, elle accepte ce rôle de tueur qui est sa volonté à lui. Mais la victime, c'est elle, sa propre âme, que son ego est en train de tuer, avec, pourrait-on dire, sa bénédiction, puisqu'elle est complètement identifiée à son tueur. Le résultat, c'est qu'elle fait effectivement une T.S. dans les jours qui suivent. J'ajoute que cette explication convient parfaitement à la rêveuse.

Il est également important de préciser que si son ego est capable de faire tant de dégats, c'est parce que sa mère l'a abandonnée toute petite pour refaire sa vie. Le travail de fond va donc être centré sur ce problème relationnel, de façon à ce qu'elle puisse se libérer du cordon qui la lie à une mère pas ou peu satisfaisante, ce que son ego lui interdit (en la persuadant, par exemple, qu'il faut que sa mère soit différente, alors que c'est elle qui doit grandir afin d'accepter la situation).

Une autre jeune femme, hantée par l'envie de mourir, et plusieurs fois hospitalisée pour dépression grave, s'est trouvée apaisée par mon explication.

- C'est vrai, m'a-t-elle dit, que je sens deux personnes en moi. Et c'est vrai aussi que je ne suis pas celle qui veut que je meure. Je l'ai souvent dit aux médecins de l'hôpital psy. Mais ils ne m'ont jamais donné la moindre explication à ce sujet.

Il y a en France 40 000 tentatives de suicide par an. Selon mon point de vue, ce qui se joue à l'intérieur du sujet, et que son entourage ne peut deviner, c'est la lutte entre l'ego-tueur, et l'âme-identité-vraie. Mais dans les cas de TS, c'est toujours l'ego qui parle le plus fort.

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L'ego révélé par le vocabulaire.

Cette approche est corroborée par notre vocabulaire familier. Qui n'a jamais commencé ses phrases par: "Moi, je..."? Moi est l'ego, Je est l'âme, qui suit servilement derrière, puisqu'elle n'a pas le pouvoir. De nombreuses autres expressions révèlent la même situation: Je ne peux pas m'empêcher de... = Je ne peux empêcher mon ego de... / C'est plus fort que moi = Mon ego est plus fort que moi.... / Je ne sais pas ce qui m'a pris = J'ignore pourquoi ou comment, mais l'ego m'a débordé et il a agi à ma place.... / Je ne sais plus qui je suis = Je sens bien que je ne suis plus moi-même, quand l'ego prend le pouvoir en moi.../ Je ne me connais pas, ou je ne me reconnais plus = Je ne reconnais pas comme étant moi cette instance-ego qui veut le pouvoir en moi... / Je veux me suicider = L'ego veut me suicider... etc... Toutes les expressions fondées sur la forme pronominale montrent à l'évidence les deux instances qui s'affrontent à l'intérieur de chaque être humain.

"Je me déteste" en est un bon exemple, car il faut regarder le contexte. Si j'ai effectivement fait quelque chose de mal, Je est mon âme, qui déteste cet autre (l'ego, auteur de l'acte qui me fait honte). Mais si cette haine n'est pas objectivement fondée, alors, Je représente l'ego, qui juge l'âme selon des critères injustes ou inhumains. C'est par exemple le cas des anorexiques, dont le discours décrit très souvent ce jeu de pouvoir qu'elles ont l'impression d'avoir sur elles-mêmes, et qui est en fait celui de leur ego, qui jubile de réussir à les mettre à la famine, parce qu'elles sont complètement identifiées à lui... C'est lui qui commande, et elles n'en ont pas conscience, puisqu'elles croient être lui.

Pour rester dans le même domaine, beaucoup de gens utilisent le tutoiement pour se parler à eux-mêmes. "Je me suis dit: là, mon vieux, tu exagères..." Cette discussion intérieure montre bien, si c'est encore nécessaire, notre dualité entre deux instances qui s'affrontent très naturellement dans notre monde psychique.

Pourquoi ce hiatus entre cette connaissance fondamentale, si simple qu'elle est entérinée par tout le monde, et les recherches compliquées des philosophes, psychologues et autres spécialistes de l'âme humaine? Probablement parce que la dichotomie de notre psychisme est battue en brèche par l'unicité de notre physique. Ce corps humain, à l'intérieur duquel nous nous trouvons tous, a tant de présence que cela nous fait croire que nous sommes lui.

Par voie de conséquence, tout ce que nous faisons est rattaché à cette identité physique, de surface. Si je mens, si je vole ou si je tue, je (=monsieur X, madame Y) suis un menteur, un voleur ou un tueur. C'est l'impasse dans laquelle se trouve notre humanité aujourd'hui. Pour en sortir, il suffit de comprendre que chaque être humain doit et peut se battre contre ce perfide coéquipier, que j'appelle son ego.

Cette approche touche tout le monde, de l'être humain le plus sain d'esprit, jusqu'au malade plongé dans une démence profonde... C'est du reste la raison pour laquelle la frontière entre normalité et folie est souvent franchie brutalement, sans qu'on ait rien vu venir.

Bien entendu, dans certaines situations, (cf Oedipe, mythe et complexe) les parents sont responsables partiellement du mal-être du sujet. Quand cela arrive, cela signifie en principe que leur ego a pris les commandes. Ils deviennent alors de mauvais parents. Mais l'ego de leur enfant ne peut qu'aggraver la situation s'il s'en mêle. L'état intérieur peut alors devenir catastrophique. En général, les deux problèmes sont conjugués lorsque le sujet bascule dans la déprime ou dans un dysfonctionnement psychique. Mais pas toujours...

Car certains parents sont innocents des ravages intérieurs provoqués par l'ego de leur enfant. Le véritable responsable pourrait bien être les principes éducatifs désastreux répandus depuis les années 70, qui ont fait de l'enfant un petit roi despotique (et malheureux). Cette éducation sans règles intra-familiales peut provoquer la Délinquance si elle s'exprime sur le plan extérieur social, mais elle peut tout aussi bien provoquer un terrible mal-être si elle s'exprime sur le plan intérieur psychique.

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L'éducation, responsable de l'inflation de l'ego.

En effet, lorsque l'ego d'un très jeune enfant n'est pas limité par des parents qui idolâtrent leur progéniture en répondant à ses moindres désirs, cet ego peut très bien en prendre une puissance telle qu'il devient comme une bête fauve à l'intérieur et interdit à l'âme de l'enfant de s'exprimer. Cela repose sur une hypothèse que certains jugeront audacieuse. Ce que l'homme partage avec tous les autres êtres vivants, c'est son ego. C'est pourquoi il faut faire la différence entre l'enfant et son ego, aimer le premier et punir le second, lorsque celui-ci dépasse les bornes. Car, s'il n'est pas régulé dès l'enfance, l'ego a encore plus de chances de rendre l'homme semblable à un animal, qui s'empare de ce qu'il convoite, sans autre considération que son envie brutale et immédiate. Cela peut démarrer dès l'enfance, s'aggraver à l'adolescence et déboucher sur des comportements asociaux à l'âge adulte. Notre société moderne, avec son culte de l'enfant-roi, en donne une tragique démonstration.

Le mythe du lycanthrope a donné naissance à de nombreuses légendes, dont la racine est imputable à l'ego, ce loup que chaque être humain abrite sans le savoir à l'intérieur de lui-même. C'est pourquoi certains comportements inqualifiables sont passés dans notre humanité.

Les voies préférées de l'ego sont le pouvoir (le chef de meute), le sexe (la domination sur les femelles) et l'argent (le marquage du territoire). Ces trois aspects pourraient être raisonnablement utilisés, mais dérapent fréquemment dans des excès inacceptables, parce que l'homme ne contrôle pas son ego.

Exemples. Dans le pouvoir (tous les abus, de la famille à la politique), dans le sexe (tous les abus individuels et collectifs, par exemple les films x avec leur surenchère pornographique) et dans l'argent (tous les abus à tous les degrés, le plus élevé étant celui de la mondialisation).

Dans tous les cas, l'individu est identifié à son ego qui, du coup, peut faire tout ce qu'il veut à l'intérieur et à l'extérieur de lui, en appliquant à son désir brut, les multiples victoires de l'homme en ce qui concerne le développement de sa zone consciente.

Car il est évident que l'ego de l'homme a depuis toujours profité de ses nombreuses découvertes. Celles-ci n'alimentent pas que son humanité (son conscient), elles alimentent aussi son ego qui, lui, les utilise systématiquement pour assouvir ses instincts, ses pulsions, son animalité.

Et son premier outil, c'est le mental (les fonctions intellectuelles), qu'il est capable de pervertir, de dénaturer (mauvaise foi, arguments spécieux, interprétation tendancieuse, hypocrisie, casuistique, et troubles mentaux...).

C'est pourquoi l'homme est toujours confronté au même problème. Comment va-t-il utiliser les progrès de la science? Les discussions sur le "clônage" montrent bien qu'il faut légiférer. Mais la Loi reste à l'extérieur. Si chaque individu appliquait cette loi à l'intérieur de lui-même, en jugulant le pouvoir de son propre ego, il est probable que notre humanité changerait de visage.

La santé mentale, pour moi, est simplement liée au gouvernement de nos valeurs humaines.

Les animaux n'ont qu'un inconscient, c'est pourquoi leur ego est à la fois tout-puissant et limité à quelques comportements connus et répertoriés. C'est peut-être la raison pour laquelle les individus d'une même espèce se ressemblent tous comme une goutte d'eau à une autre. Leurs instincts sont établis une fois pour toutes, et leur ego ne peut agir qu'en fonction de ces instincts.

Pour l'homme, un autre paramètre entre en ligne de compte.

Il possède une zone consciente. C'est ce qui lui donne le désir et, dans une certaine mesure, la capacité de limiter son ego. Chaque être humain va donc réagir en fonction de son vécu, de son caractère, de sa zone consciente. Il va traiter l'information selon sa grille de lecture personnelle. Cela explique peut-être pourquoi aucun individu n'est semblable à un autre sur la terre. Nous sommes tous différents physiquement parce que nous sommes tous différents psychiquement. (Notons au passage que c'est l'hypothèse de la morphopsychologie).

Mais l'homme possède aussi un inconscient, et c'est grâce à cet inconscient que son ego peut garder malgré tout un certain pouvoir sur lui. D'où l'intérêt de rendre conscients les contenus de cet inconscient, afin d'identifier enfin toutes les causes de nos souffrances, qu'elles soient extérieures (nos proches) ou intérieures (notre ego). Car tous les dysfonctionnements de notre humanité viendraient en fait du pouvoir de cet ego prédateur qui agit en toute tranquillité à l'intérieur de chacun d'entre nous, simplement parce qu'il n'a jamais été vraiment repéré, ou plutôt parce qu'il n'a jamais été dissocié de l'homme.

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La métaphysique des tubes.

On peut dire, sans grand risque de se tromper, que la zone consciente d'un enfant s'installe avec un événement suffisamment marquant pour qu'il le fixe définitivement. Ce sera son premier souvenir. Plus tard, il pourra le raconter, justement parce que son langage était déjà assez développé pour garder l'événement en question dans sa mémoire. Par là même, le petit d'homme passe de l'animalité (l'inconscience totale) à l'humanité (accès à la conscience).

Cette approche est étrangement corroborée par l'autobiographie (de zéro à trois ans) d'Amélie Nothomb, "Métaphysique des tubes." (Albin Michel, collection le livre de poche).

Elle raconte en effet que, jusqu'à l'âge de deux ans, elle a été un "légume" (sa vie était entièrement végétative).

Puis, sans qu'on puisse comprendre pourquoi, elle est devenue un monstre hurlant "la sainte colère de Dieu." "Aucun médecin ne trouva la clé du mystère." (page 23). Pendant six mois, ce ne furent que "Cris, rage, haine" (page 28). L'auteur parle de ce bébé comme d'un Dieu qui "sentait en lui un pouvoir gigantesque et s'offusquait de se découvrir incapable de l'exercer." Un événement va briser cet état: Sa grand-mère débarque de Belgique, et lui fourre dans le bec un morceau de chocolat blanc (p 30):

"... ça fond sur la langue, ça tapisse le palais, il (Dieu) en a plein la bouche - et le miracle a lieu. La volupté lui monte à la tête, lui déchire le cerveau et y fait retentir une voix qu'il n'avait jamais entendue : C'est moi ! C'est moi qui vis ! C'est moi qui parle ! Je ne suis pas 'il' ni 'lui', je suis moi ! Tu ne devras plus dire 'il' pour parler de toi, tu devras dire 'je'. Et je suis ton meilleur ami : c'est moi qui te donne le plaisir. Ce fut alors que je naquis, à l'âge de deux ans et demi, en février 1970, dans les montagnes du Kansaï, au village de Shukugawa, sous les yeux de ma gand-mère paternelle, par la grâce du chocolat blanc."

Cette naissance est celle du conscient. Avant, l'enfant est un petit animal sauvage. Après, il est un "petit d'homme." Son humanité est en effet directement liée à l'accès à la conscience, ce qui va lui permettre de réduire son ego à l'état d'un toutou inoffensif. Voici comment Amélie Nothomb l'exprime (p 32).

"En me donnant une identité, le chocolat blanc m'avait aussi fourni une mémoire : depuis février 1970, je me souviens de tout. (....) Avant le chocolat blanc, je ne me souviens de rien : je dois me fier au témoignage de mes proches, réinterprété par mes soins. Après, mes informations sont de première main : la main même qui écrit. Je devins le genre d'enfant dont rêvent les parents : à la fois sage et éveillée, silencieuse et présente, drôle et réfléchie, enthousiaste et métaphysique, obéissante et autonome."

Elle précise un peu plus loin qu'elle savait parfaitement parler (aussi bien le nippon que le français), mais ne voulait pas le révéler. Après avoir dit "maman" et papa", elle prononce son troisième mot "aspirateur", suite à sa rencontre avec ledit objet.

"L'appareil remplaçait le quelque chose par le rien : cette substitution ne pouvait être qu'oeuvre divine. J'avais le souvenir vague d'avoir été Dieu, il n'y avait pas si longtemps. J'entendais parfois dans ma tête une grande voix qui me plongeait dans d'incalculables ténèbres et qui me disait : Rappelle-toi ! C'est moi qui vis en toi ! Rappelle-toi !... Je ne savais pas trop ce que j'en pensais, mais ma divinité me paraissait des plus probables et des plus agréables." (p 40)

L'ego se prête admirablement à l'interprétation de ce passage. C'est lui, en effet, qui parle à l'intérieur de l'être humain, en lui faisant croire qu'il est Dieu (cela explique les perversions de toutes les religions, ainsi que l'impasse dans laquelle elles mettent leurs fidèles). Cette voix qu'elle entendait était bien, pour moi, cette volonté de l'ego de vivre à la place de l'être humain, sans s'occuper de savoir si cela lui convient ou non. L'auteur pose la question quelques lignes plus loin: "Que pouvait-il y avoir de plus divin que cet anéantissement pur et simple ?" L'ego, capable d'anéantir son âme, se projette sur l'aspirateur, qu'elle voit alors comme un frère.

Or, cette petite fille a vraiment un grand frère, qu'elle décrit comme "un mauvais sujet", toujours en train d'essayer de la faire enrager. Il faut savoir que l'ego, qui précède l'apparition de l'âme, est souvent symbolisé par le frère aîné. Ici, l'identification est parfaite, et explique de façon magistrale, la suite de ses souvenirs d'enfance. En effet, elle découvre que la carpe était le symbole des garçons, et qu'on les honorait durant le mois de Mai.

La projection est immédiate : Carpe = frère = ego = persécuteur. Comme ses parents se méprennent sur son intérêt à comprendre le sens de ces étranges équivalences, ils lui offrent trois carpes pour ses trois ans, avec l'honneur de les nourrir. Il faut lire le livre, bien entendu. Tout semble confirmer mon analyse. Nourrir ces carpes est un supplice pour elle (p 144) à cause de la voix qui lui susurre des horreurs.

"Ces derniers temps, tu as eu l'impression glorieuse d'évoluer, de devenir de la matière pensante. Foutaise. La bouche des carpes te rendrait-elle si malade si tu n'y voyais ton miroir ignoble ?" Elle laisse parler la voix et finit par tomber dans le bassin. "La troisième personne du singulier reprend peu à peu possession du 'je' qui m'a servi pendant six mois. La chose de moins en moins vivante se sent redevenir le tube qu'elle n'a peut-être jamais cessé d'être." (p 152).

Ce suicide presque conscient marque la victoire de l'ego, chez une petite fille de trois ans. Curieuse de savoir ce que l'auteur adulte pouvait penser de cette analyse, je l'ai contactée, prête à la supprimer si elle me le demandait. Elle m'a répondu que cette interprétation lui convenait très bien.

Son histoire (certes originale) illustre à la perfection le développement d'un enfant. L'aspect "plante" ne dure souvent que quelques mois, est suivi par un comportement animal (= l'ego en train de se développer, et qui n'accepte pas ses limites), puis l'accès à la conscience aplanit la sauvagerie animale de cet ego dominateur (qui se prend pour Dieu), et le réduit à l'impuissance. C'est du moins ce qui est souhaitable....ce qui se passe d'ailleurs généralement... mais il y a parfois des ratés. L'ego est toujours prêt à reprendre du poil de la bête...

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L'ego est un loup pour l'homme.

L'ego peut attaquer autrui ... Chez certains individus plutôt extravertis, l'ego va chercher à établir son pouvoir sur autrui et sur le monde extérieur. Si le sujet ne prend pas conscience de son injustice, ou de ses abus de pouvoir, tous les dérapages sont possibles sur le plan social. Cela va du harcèlement moral au meurtre, en passant par toutes les difficultés relationnelles (disputes, ruptures, malhonnêteté, autoritarisme, violences familiales, cambriolages, attaques à main armée, abus de biens sociaux, intolérance religieuse, prolifération des sectes, violences sexuelles, pédophilie, assassinats, serial killer ou génocide). Tout va dépendre du pouvoir que l'on possède. Guy Georges a commis quelques meurtres, Hitler en a commis des millions.

L'ego peut aussi attaquer le sujet lui-même... Les individus introvertis, respectueux d'autrui, n'ayant pas le goût du pouvoir, plutôt timides ou manquant de confiance en eux-mêmes, ne permettent pas à leur ego de se réaliser aux dépens d'autrui. Comme l'ego est de toute façon un prédateur qui a besoin de dévorer quelqu'un pour être satisfait, il ne lui reste plus qu'une possibilité, dévorer le sujet lui-même. Il se retourne alors contre son co-équipier, et cherche à occuper toute la place dans le monde intérieur de celui-ci, au détriment de son identité véritable - son âme, que l'ego écrase, étouffe et cherche à tuer.

Dans ces différents comportements, le sujet relève souvent de l'hôpital psychiatrique, car son mal-être est tel qu'il ne peut plus mener une existence normale. Cela va de la dépression au suicide, en passant par tous les troubles mentaux (névroses, démence, folie, délire, psychose, autisme, anorexie, boulimie, paranoïa, psychopathologie, troubles obsessionnels compulsifs etc...).

Chaque être humain est au point de rencontre entre le monde extérieur et son monde intérieur. Quand son ego prend le pouvoir, il est capable de détruire son voisin, mais il est tout aussi bien capable de se détruire lui-même. L'homme-ego est un loup pour l'homme-dehors (le voisin), tout aussi bien que pour l'homme-dedans (l'âme).

Bien entendu, si je me permets cette approche, c'est que je l'ai déjà vérifiée souvent en ce qui concerne la dépression. La réduction de l'ennemi intérieur, qui pense, parle et agit à la place du sujet - et à son insu, cette réduction peut rendre à l'être humain le sentiment de sa juste valeur, de façon parfois spectaculairement rapide. Quelquefois, il faut un peu plus de temps, mais cela va se jouer sur quelques semaines ou quelques mois, et n'a absolument rien à voir avec une psychanalyse qui peut durer des années sans résultat véritablement appréciable. (cf Phobies et TOCs dans le Menu).

Par ailleurs, la diminution de l'ego et la croissance de l'âme sont un concept qui évoque irrésistiblement la phrase de Jean-Baptiste, dans l'évangile de Jean (3. 30) "Il faut qu'il croisse et que je diminue." On retrouve là notre dualité humaine, à laquelle personne n'échappe, présentée dans un contexte religieux. Ce verset entérine mon discours. Jean-Baptiste - le Je - symbolise un ego réduit à l'impuissance, qui accepte la suprématie de l'âme, symbolisée par il - le Christ. J'ai parlé plus haut du Moi et du Je. Amélie Nothomb met en scène le Je et le Il.

Chaque être humain joue tout au long de sa vie entre ces deux instances. Tantôt il gagne, tantôt il perd. Le but de ce jeu, c'est de faire gagner notre âme à tous les coups. Pour cela, il est indispensable de démasquer l'ego.

J'insiste sur le fait qu'aucune spiritualité ne peut atteindre son but si elle n'est pas accompagnée d'un bien-être psychique. Si celui-ci s'installe à l'intérieur de tous les fidèles, il est évident que la religion concernée aura atteint son but. Pour l'instant, nous en sommes loin. L'état du monde le clame haut et fort. Mais il faut que nous acceptions de reconsidérer toutes nos religions, toutes nos philosophies et tous nos systèmes politiques, à l'aune de l'efficacité. Si vraiment l'ego est la clé qui explique tout, on commencera par la base, c'est-à-dire par l'individu.

Nul ne peut sauver son âme, s'il ne la guérit pas d'abord. Pour cela, la réduction de l'ego est indispensable. J'ajoute qu'il n'y a pas de spiritualité sans connaissance de soi, et la première chose à savoir sur soi-même, c'est que nous portons tous un ego-ennemi dans notre monde intérieur. La psychanalyse ignore l'ego, tout comme les religions et les philosophies. On comprend alors pourquoi aucun système collectif n'a pu donner de bons résultats.

Les connaissances extérieures alimentent généralement l'ego. Seule, la connaissance intérieure de sa présence en nous pourra le réduire.

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Quelques exemples de rêves.

Rêve 1 : " Je cherche en vain ma voiture, là où je l'ai garée un moment avant dans le rêve."

= Il s'agit là d'un rêve si basique qu'il se produit même souvent dans la réalité. Qui n'a jamais cherché pendant quelques minutes l'endroit où il s'était garé? En fait, la traduction est en général assez simple. La voiture étant le rêveur lui-même, le voleur non identifié sera son propre ego, qui lui vole les commandes. Bien entendu, cette traduction suppose que le sujet n'est pas mis en danger par un proche (dans ce cas, c'est le proche en question qui prend la conduite de sa vie = qui lui vole son autonomie). Il faut savoir aussi que ce type de rêve une fois correctement traduit, pourra revenir malgré tout, mais avec une suite très différente.

"Je retrouve mon voleur et récupère ma voiture..." = Je suis capable de prendre maintenant la conduite de ma vie, que ce soit sur le plan extérieur ou sur le plan intérieur... Et ce ne sont pas que des mots. Le rêveur le sait, il l'a vérifié dans sa vie éveillée. Il est en effet capable d'identifier qui pense, ou qui veut prendre la parole (son ego ou lui), lorsqu'il s'exprime...

Rêve 2 : "Un léopard rôde autour de moi. Je lutte contre ma peur. Soudain, il m'attaque. Forte angoisse au réveil."

= Ce rêve peut parfaitement mettre en scène un TOC (=comportement obsessionnel compulsif), que le sujet essaie de réprimer, contre lequel il lutte, mais son ego (le léopard) finit par avoir le dessus. Dans le cas contraire (si le rêveur a déjà identifié son ego), le rêve prendra une allure différente.

"Bizarrement, je n'ai pas peur, même si je me méfie. Et finalement, le fauve ne me mord pas."

= Ici, le sujet est plus fort que son ego, et il réussit à gérer son obsession, elle ne le déborde pas...

Rêve 3 : "Au fond de l'eau, des scaphandriers dévorent des fruits de mer avec voracité. Je suis horrifiée de leur comportement, à la fois cruel et glouton."

= La rêveuse est une boulimique vomisseuse. Son rêve lui parle de son problème et ajoute que l'auteur de sa boulimie est son ego-scaphandrier: il est tout puissant dans son inconscient ( l'eau ), justement parce qu'elle ignore que ce n'est pas elle qui mange, c'est lui... La voracité lui appartient, la cruauté aussi, car cela la fait souffrir dans le secret, le silence et la culpabilité.

Rêve 4 : "Je suis enfermé dans une prison humide. Je sais que je pourrais en sortir, mais mon geôlier me l'interdit."

= Le rêveur est en dépression. Son état est lié à sa mère, qui le maintient dans la dépendance (la prison humide), mais le geôlier est son ego, qui lui interdit d'échapper au pouvoir maternel. "Tu lui dois le respect, c'est ta mère... Elle est âgée... Si elle meurt demain, pense aux regrets que tu auras. Du reste, ta révolte pourrait la tuer..." etc... Il faut bien savoir que l'ego sert généralement de relais au pouvoir de nos proches. Ici, l'humidité parle de la mère (les eaux matricielles), mais la prison pourrait être celle du conjoint. Beaucoup de femmes n'osent pas quitter leur mari ou leur compagnon parce que leur ego les terrorise de l'intérieur, en les persuadant qu'elles n'en auront ni le courage, ni les moyens. J'ajoute que la prison peut parler (et parle souvent) du gourou, si cela correspond au vécu du rêveur.

Rêve 5 (éveillé) : "Une énorme araignée noire occupe tout l'espace dans mes poumons. Je vois ses longues pattes velues sortir dans ma trachée artère."

= L'ego étouffe la rêveuse, au sens propre. Elle est dans une lourde déprime. L'intérêt du rêve éveillé, c'est qu'on peut essayer d'agir sur l'image virtuelle que l'inconscient propose. Dans ce cas précis, la rêveuse réussit à "cracher" son ego, et elle se sentit mieux après cette opération, ce qui n'aurait pas pu avoir lieu si l'araignée n'avait pas été correctement identifiée.

Rêve 6 : "Je rencontre le Pharaon d'Egypte. Je m'étonne. Il m'assure qu'il était immortel, c'est pourquoi il est là..."

= Quand l'ego se manifeste de la sorte, c'est qu'il pousse le sujet à une mégalomanie plus ou moins avancée. Ce fonctionnement est très fréquent dans notre société, et on peut parfaitement s'en détacher si on comprend qu'il ne relève pas de notre véritable identité, mais de notre ego, qui se croit tellement fort qu'il clame son immortalité! Il s'agit là d'un rêve qui montre au rêveur le pouvoir de son ego sur son âme.

Rêve 7 : "Des boudins gonflés d'air envahissent ma chambre et m'étouffent, toutes les nuits. L'angoisse me réveille, et je les vois encore, les yeux ouverts, pendant quelques secondes, avant qu'ils ne s'effacent."

= La rêveuse est hypocondriaque. Elle est obsédée par la peur d'avoir un cancer, ce qui lui procure des angoisses folles, pour le moindre bobo. Son ego-baudruche est à la source de ce fonctionnement qui l'étouffe et l'angoisse. En effet, les discours de l'ego ne tiennent pas la route, bien qu'ils soient capables de nous pourrir la vie. Ce rêve récurrent a cessé d'intervenir à partir du moment où la rêveuse a mis son ego sous contrôle...

En ce qui concerne les difficultés relationnelles au quotidien, j'ai une expérience riche et prometteuse.

Par exemple, les relations belle-fille / belle-mère, sont rapidement réglées, sitôt que la rêveuse comprend que son vrai problème concerne son propre cordon, et qu'elle projette simplement sur sa belle-mère les griefs qu'elle a contre sa mère. Beaucoup de problèmes trouvent ainsi une solution de façon tout à fait inattendue.

Voici un rêve fréquent qui met en scène une autre situation, assez proche (notons au passage que la récurrence signifie que le rêve n'a pas été compris).

"Je rêve toutes les nuits que je me dispute avec mon mari. Ce rêve ne fait que reproduire la réalité. A quoi me sert-il ?"

= Le rêve est crypté, en ce sens que le mari symbolise la mère de la rêveuse. Tout ce qu'elle dit de lui, elle le pense de sa mère. (cf Oedipe). Son rêve lui dit simplement de régler ce cordon viscéral, parce que c'est lui qui est à la racine de tous les autres. Il faut bien comprendre que le discours du rêve (s'il est bien traduit) sera toujours accepté, car le rêveur sent dans son coeur qu'il est juste. Alors que le même discours, venant de quelqu'un d'extérieur, ne sera pas entendu, surtout si c'est l'ego qui répond. On ne discute pas avec l'ego. En revanche, la parole qui vient du fond de soi-même atteint toujours son but à condition qu'elle soit traduite. Le soulagement est souvent immédiat vis à vis de la personne qui recevait la projection (la relation avec la belle-mère, ou ici avec le mari). Bien entendu, la coupure du cordon ombilical demande toujours un certain nombre de rêves pour être accomplie.

Autre exemple de rêve.

"Mon beau-père refuse de reconnaître comme mérités mes bons résultats scolaires. Je ressens contre lui une haine profonde."

= La rêveuse me trace du second mari de sa mère un portrait très noir. Je lui demande quelle est sa relation avec son père. Elle ne le connaît pas. Il a pris la fuite lorsque sa mère est tombée enceinte d'elle. Elle comprend alors que son rêve lui parle de son géniteur, d'autant plus que tout ce qu'elle a dit de son beau-père, elle le ressent vis à vis de son père. Pour elle, l'éclairage a été lumineux et spectaculaire. Elle ne "méritait" pas de n'être pas "reconnue"... Son regard sur son beau-père est immédiatement devenu objectif, puisqu'il n'était plus pollué par la projection. A la séance suivante, elle m'a parlé de lui comme de quelqu'un de plutôt gentil.

Je pourrais multiplier ce type d'exemples. Ceci dit, il faut bien comprendre que le jugement du rêveur est parfois juste et objectif. Il arrive que le beau-père (ou la belle-mère) soit effectivement odieux. Dans ce cas, le rêve le confirmera, et le processus naturel sera d'échapper à leur pouvoir, ce qui n'est pas faisable si on est encore un enfant psychiquement, ou si l'ego agit comme le relais intérieur au pouvoir du prédateur extérieur. Tout le travail des rêves sera donc de faire grandir le rêveur tout en faisant diminuer son ego.

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L'évolution d'un être humain.

Elle comporte deux paliers.

1. Devenir psychiquement adulte, afin de pouvoir résister au pouvoir des proches (plan extérieur).

2. Faire croître sa zone consciente, afin de pouvoir résister aux abus de pouvoir de l'ego (plan intérieur).

Dans le cadre de la croissance psychique débouchant sur des fonctionnements d'adulte, j'ai un exemple extrêmement clair, qui permet de comprendre ce qui se passe réellement. Il s'agit d'une rêveuse (40 ans), ayant gardé en elle une petite fille dont tous ses rêves lui parlent. Elle admet volontiers la chose, mais ne souhaite pas vraiment s'en débarrasser, car cela ne la gêne pas, dit-elle. Elle arrête donc cette exploration intérieure... et je la rencontre par hasard quelques mois plus tard.

"Vous tombez du ciel, me dit-elle. Il m'est arrivé dernièrement quelque chose que je ne peux raconter à personne, sauf à vous... J'étais dans ma cuisine, en train de faire la vaisselle, quand j'ai entendu quelqu'un pleurer. Je me retourne, et je vois dans l'encoignure une petite fille blonde, avec des tresses, qui me regardait en tendant les bras vers moi . Ne m'abandonne pas ! sanglotait-elle, ne me laisse pas... J'étais bouleversée. Je me suis mise à pleurer aussi, et je l'ai rassurée de mon mieux, mais elle continuait à manifester une détresse communicative. Je ne sais pas combien de temps cela a duré, deux minutes ou un quart d'heure? Puis tout à coup, elle a disparu, et je me suis retrouvée seule dans ma cuisine, à me moucher et à essuyer mes larmes."

A ce moment-là de son récit, je dus lui demander si j'avais bien compris. La petite fille était bien une vision ???

"Bien sûr, me dit-elle, mais elle avait une telle réalité ! Si je raconte cela à quelqu'un d'autre que vous, on me prendra pour une folle. Vous seule pouvez me comprendre... Mais je n'ai pas besoin d'explication, car la suite a été encore plus extraordinaire. Figurez-vous que depuis des années, je regarde tous les jours à la télé le feuilleton 'La petite maison dans la prairie'. C'est un rituel absolu, et tous mes amis savent qu'ils ne doivent pas me téléphoner ou venir me déranger à cette heure-là. Eh bien, trois ou quatre jours après cette vision, je me suis tout à coup aperçue que j'avais "oublié" de suivre mon feuilleton ! Je n'y avais tout simplement plus pensé ! Qu'en dites-vous ?"

J'en dis que cette histoire explique clairement pourquoi l'homme n'est pas libre de ses actes, tant qu'il héberge en lui-même des instances qui prennent le pouvoir à sa place, sans qu'il en ait conscience. Ici, le cas est flagrant. Ce n'est pas la rêveuse adulte qui regardait le feuilleton, c'était la petite fille de son enfance qui était restée incrustée en elle, et qui, probablement, avait aussi parlé à sa place lorsqu'elle avait décidé d'arrêter son travail sur ses rêves. La puissance de cet enfant le dispute à l'adulte que le sujet est aussi. Mais quand cet enfant parle, l'adulte s'identifie à lui, si bien qu'il ne peut faire autrement que de lui obéir. Outre que cela provoque des relations difficiles avec les parents, de multiples autres comportements peuvent en découler, par exemple des collections de jouets / peluches / poupées / bandes dessinées, ou autres comportements d'enfant / mais aussi, dans un tout autre domaine, une dévotion particulière à la vierge, cette mère idéale...Toutefois il y a bien plus grave.

En effet, cet enfant qui perdure après l'enfance peut provoquer chez l'adulte qui l'héberge une instabilité sentimentale, une inadaptabilité professionnelle, une crédulité faisant de lui une proie facile, une incapacité à assumer des responsabilités d'adulte telles qu'avoir des enfants... ou les élever correctement... accepter son âge... accueillir la vieillesse... renoncer aux prérogatives de la jeunesse... accéder à la sagesse... etc... En général, on ne mesure pas les conséquences néfastes de cette situation psychologique, hélas collectivement très répandue. Pour s'en libérer, il faut d'abord identifier cet enfant, puis le faire grandir afin de devenir totalement adulte. Les parents en sont les premiers bénéficiaires car, lorsque c'est fait, la relation avec eux s'apaise. C'est ce que j'appelle "couper son cordon."

De nombreux autres dysfonctionnements vont alors disparaître d'eux-mêmes, dont les plus importants sont finalement l'insécurité intérieure. Une plus grande confiance en soi va permettre au sujet d'échapper aux manipulations extérieures (venant d'un proche, d'un patron ou d'un gourou), ainsi qu'aux manipulations intérieures (venant de son ego). Je fais également l'hypothèse que les difficultés rencontrées par de nombreux jeunes couples pour avoir des enfants, ont leur source dans cette situation psychologique.

Les troubles psychiques graves. Ils sont souvent liés à une enfance meurtrie. Les abus sexuels laissent des traces terribles.

Une jeune femme, violée par son oncle dans son enfance (de 7 à 11 ans), après 9 mois d'analyse de ses rêves (exclusivement nocturnes), a enfin accédé à une sorte de résurrection faite de joie et de plénitude intérieure. Le passage obligé a été la coupure du cordon avec ses deux parents, le rappel complet de tous les souvenirs liés à l'oncle, restés incrustés dans l'inconscient, et l'identification de l'ego, dont le pouvoir résidait essentiellement dans un discours très simple. "Oublie tout cela, tourne la page, c'est fini. Tu as ta vie d'adulte, et cela doit te suffire maintenant." Mais comment tourner la page sans aller d'abord dans l'inconscient, pour y régler le problème, en rendant tout ce terrible vécu totalement conscient?

Une autre personne, boulimique vomisseuse depuis 20 ans, se sent guérie grâce à l'interprétation de ses rêves, où - comme dans le cas précédent - son ego a été clairement identifié. Le rêve n° 3 lui appartenait. Il a été le déclencheur de son travail sur sa boulimie.

Les enfants. Quand leur difficulté vient de leur ego, ils le sentent tout de suite, parce que c'est leur vérité. Ils peuvent alors régler leur problème en une séance. Les terreurs nocturnes, par exemple, sont réglées par la visualisation de l'ego, ce qui permet de le détruire virtuellement.

l'Alzheimer. Si mon discours contient une vérité ( = l'ego prédateur de l'âme), on peut envisager des explications logiques sur un grand nombre de maladies. L'Alzheimer, par exemple, se répand actuellement, sans que les chercheurs puissent lui trouver une parade efficace. Or, il s'agit d'une perte progressive de conscience, le plus souvent dans le cours de la vieillesse, ce qui rend le sujet de plus en plus dépendant, semblable à un petit enfant. Ce serait donc à la fois lié au cerveau (=mental), outil de l'ego, et à un problème d'infantilisme (cordon non coupé avec les parents).

Je pense que toutes les maladies de sénilité (légère ou grave) relèvent du même processus. C'est le petit enfant resté incrusté dans l'inconscient, qui est manipulé et réduit à l'impuissance par l'ego. Cela reste une hypothèse à vérifier par l'expérience.

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Pouvoir des parents et pouvoir de l'ego.

Comment expliquer les difficultés qui atteignent les enfants, parfois dès la naissance, à un moment où on peut supposer que l'ego n'a pas encore eu le temps de se développer?

Le cordon autour du cou. Cette situation, très courante, peut apporter quelques éclaircissements. Certains enfants naissent avec le cordon qui les étrangle. Certes, peut-être est-ce un simple hasard. Mais on peut aussi penser que cela a du sens.

Le bébé serait étranglé par son cordon à cause d'une communication difficile ou impossible parents-enfant.

Bien entendu, l'enfant en question ne peut pas être le bébé de chair qui vient de naître, car personne ne sait encore quelle relation il aura avec ses parents. Mais il pourrait bien être le bébé venant de l'enfance, qui est resté incrusté dans l'inconscient du jeune papa ou / et de la jeune maman, vis à vis de leurs propres parents. Il se trouve que toutes les investigations que j'ai faites dans ce domaine (chaque fois que j'en ai eu l'occasion), ont donné le résultat escompté. Un des parents (ou les deux) ne pouvait s'exprimer avec son père ou sa mère (ou les deux). Cette incapacité à communiquer serait donc reçue par le bébé et affichée à ses parents par le cordon autour de son cou...

Cela pourrait signifier que la situation relationnelle avec les proches, quand elle n'est pas réglée, peut perturber même la vie des générations à venir. Or, pour la régler, il faut couper son cordon à l'âge adulte, et pour cela, je ne connais pas de meilleur moyen que le rêve.

Le cordon autour du cou n'est qu'un incident (encore que...), mais d'autres symptômes sont bien plus terribles.

L'autisme précoce. Quand le bébé le manifeste dès sa naissance, il serait intéressant de demander aux parents quelle enfance ils ont eue avec leurs propres parents. J'ai eu l'occasion de le faire une fois. La maman d'un autiste de 20 ans m'a parlé de sa propre mère en des termes où la souffrance était encore présente. "Elle m'interdisait de fréquenter les petites filles de mon âge. Je n'avais personne à qui parler..."

Si on retrouvait systématiquement ce type de situation à la source de cette maladie, on pourrait peut-être alors comprendre le fonctionnement de l'inconscient, et trouver la solution pour empêcher des maladies de cet ordre de se produire (=prévention), et peut-être même d'évoluer (=guérison), en traitant les parents avant la naissance, et en traitant l'enfant dès qu'il est assez grand pour raconter ses rêves. (Si on se réfère à Françoise Dolto, on pourrait même lui raconter l'histoire de ses parents dès que le diagnostic est établi, afin de le libérer du poids d'un vécu qui ne lui appartient pas, mais dont il serait malgré tout le dépositaire). Car cela signifierait que l'incommunicabilité vécue par les parents pendant leur enfance, se serait transmise à leur bébé par l'ovule ou le spermatozoïde. Et celui-ci en subirait la manifestation en étant incapable d'établir des liens normaux avec l'entourage.

Dans le témoignage de Temple Grandin : "La vie d'une autiste" (Editions Odile Jacob), j'ai toutefois cherché en vain une explication de ce type. L'auteur ne parle jamais des relations de ses parents avec leurs propres parents. En revanche, elle donne de nombreux détails sur son fonctionnement intérieur, tout en précisant qu'il reste un mystère pour elle-même. Personnellement, j'ai le sentiment que ce qu'elle dit apporte une confirmation à mon hypothèse sur l'ego.

"J'avais six mois quand ma mère s'est rendu compte que je n'étais plus câline et que je me raidissais quand elle me prenait. Quelques mois plus tard, maman a essayé de me prendre dans ses bras, et je l'ai griffée, comme un animal pris au piège." (p.35).

La comparaison me semble pertinente. L'ego est un animal, et dans certains cas extrêmes, l'être humain à l'intérieur duquel il se trouve ne réussit pas à le mâter. Dans le cas d'Amélie Nothomb, l'ego se prenait pour Dieu. Sa puissance était redoutable, mais il lui a peut-être laissé le droit à la parole - parce que lui-même parlait...? Dans ce témoignage-ci, l'ego est nettement animal. L'accès à la parole devient plus difficile, mais cela n'empêche pas les "obsessions" successives de l'auteur pour une machine qui réussirait à lui "dispenser du bien-être", grâce à une "pression" qui lui aurait évité de piquer une colère. Je traduis = Contrôler son ego-animal = libérer son âme-humaine.

Cette traduction prend tout son sens avec l'invention de l'auteur, qui a réussi sa vie professionnelle dans le domaine des animaux de boucherie. Elle a en effet, inventé une "trappe à bétail" = "une machine à serrer" = "une trappe de contention" qui permet d'immobiliser les animaux dans les abattoirs, en leur évitant le stress. Elle a construit pour elle-même un appareil du même type, sur lequel elle se pose les questions suivantes (p 137).

"Comment un appareil souvent dur et rude pour le bétail pourrait-il aussi faire naître la douceur et la compassion ?" ou encore "Comment un appareil pouvait-il à la fois asservir une bête et faire naître l'amour de son prochain ?"

Certes, l'explication que je propose reste une spéculation tant que le sujet lui-même ne l'aura pas entérinée. Mais le parallèle est troublant entre mon discours sur la dualité humaine "homme / animal", (ou "âme / ego", ou encore "ange / démon") et les mots que l'auteur emploie d'instinct sans connaître cette double personnalité. Pour elle, elle est un bloc indissociable. Elle ne fait pas la différence entre son âme et son ego, entre son identité humaine et son ennemi animal.

"Parfois, à l'intérieur de la machine à serrer, je me sens comme un animal sauvage qui a peur qu'on le touche. D'abord, je sursaute. Puis, petit à petit, je cède." (p.143).

Le concept global étant un moyen de contention, le sens est évident. Le Je qui parle, c'est son ego, ce n'est pas elle. Encore faut-il mettre des mots justes dessus, afin que le sujet comprenne vraiment ce qui se passe. C'est la condition nécessaire (probablement) pour que la victoire sur son ego soit définitive. En effet, comment combattre une instance que je crois être moi, et à laquelle je donne constamment le pouvoir sitôt que je m'identifie à elle? Si je me démarque d'elle, je peux réellement lui résister, et la réduire à l'impuissance devient alors possible.

L'auteur raconte aussi son obsession des portes (p.132-133).

"Dans ma vie, franchir une porte signifiait faire un pas en avant." Or, voilà qu'elle fait une fixation "sur une porte coulissante en verre à ouverture automatique". (...) "Des milliers de consommateurs passaient par cette porte de supermarché. Mais moi, devant cette porte, je tombais physiquement malade. Mes jambes tremblaient, la transpiration perlait sur mon front et j'avais un noeud à l'estomac. Je franchissais la porte en trombe, espérant laisser derrière moi ce malaise, mais il ne me quittait pas. (...) J'ai essayé de réfléchir de manière rationnelle à cette obsession. Qu'est-ce qui m'attirait, et pourquoi avais-je peur ? (...) C'est comme passer d'un état d'esprit à un autre..."

....se disait-elle pour se rassurer. Elle va mettre trois semaines pour réussir à la franchir sans angoisse.

En fait, j'ai le sentiment que l'explication se trouve dans le texte. Tout cela est symbolique, et elle le sait parfaitement (franchir une porte = faire un pas en avant). Mais ce qu'elle ignore, c'est la valeur précise du symbole. Dans un rêve, le verre symbolise l'âme humaine consciente, invisible, transparente et fragile... comme du verre. Par exemple, un rêve de verre brisé parle d'un événement qui a brisé l'âme du sujet. Franchir la porte en verre symbolisait donc tout le travail qu'elle avait accompli sur elle-même pour sortir de son autisme, et devenir pleinement humaine. Qui renâclait devant cette évolution? Son ego. C'est lui qui avait peur, et qui refusait ce passage. De même qu'elle l'avait "contenu" dans sa trappe à bétail, elle le forçait ici à la suivre et à lui obéir. Mais cela se faisait dans la confusion et la difficulté parce qu'elle ignorait qu'elle pouvait se démarquer de cette présence en elle, en passant d'un état d'esprit à un autre. Si elle l'avait su, cela aurait-il été plus facile? C'est possible, mais pour en être sûr, il faudrait faire des expériences de ce type avec des autistes confrontés à une obsession, trouver l'explication symbolique juste, et voir si cela les aide à maîtriser ou à dépasser leur fixation.

Du témoignage de ces deux auteurs, on peut même émettre l'hypothèse que l'ego agit dès la naissance chez certains individus. Si nous partageons l'ego avec tout le reste du règne animal, c'est qu'il nous est fourni dès la conception, en même temps que l'inconscient. Je m'interroge. Cela n'exclut pas la transmission des problèmes des générations précédentes, cela peut simplement être un cas possible, aussi...

Avec cette analyse, on peut reconsidérer le cas d'Amélie Nothomb. Si la douceur du chocolat blanc l'a précipitée dans une enfance "humaine" et épanouie, un discours permettant à la petite fille de se différencier du monstre hurlant qui était en elle, aurait-il pu avoir le même effet? Et cela lui aurait-il permis d'échapper à l'attraction morbide de sa noyade-suicide? C'est la question que je me pose en ce qui concerne tous les dysfonctionnements précoces... ou tardifs. Car l'ego se révèle beaucoup plus fréquemment dans le cours de la vie, qu'avant même d'avoir vécu.

Encore une fois, tout cela reste à vérifier. Dans la psychologie humaine, on a encore des découvertes à faire, surtout dans le domaine de la psychopathologie. Je fais en effet l'hypothèse que la guérison ne peut intervenir que si l'analyse du symptôme est correcte. Dans la mesure où la psychiatrie a peu de guérisons à son actif, elle commet probablement des erreurs quant à la cause des problèmes qu'elle est amenée à traiter.

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Génétique, Projections et Signes à interpréter.

Si la souffrance des parents peut se transmettre à la conception, elle peut également être projetée sur leur enfant, sans qu'ils en aient conscience. Et les deux processus se combinent probablement souvent.

J'ai évoqué un peu plus haut les ravages de la projection à travers les relations belle-mère / belle-fille, enfant / beau-père, ou épouse / époux. Les projections peuvent aussi se faire dans le sens parent / enfant. Le vocabulaire psy peut être ici rapproché de la notion d'objectivité, si difficile à atteindre pour l'homme. Il ne peut être objectif, justement parce qu'il "projette" ce qui lui appartient sur autrui. C'est ce qui le rend subjectif. Dès qu'il ne projette plus ( = le retrait de la projection) il devient objectif, et son problème est réglé, tout au moins partiellement.

Tout ce qui est inconscient est projeté.

Projeté où? Malheureusement, sur nos proches, et parmi eux, ceux que nous aimons le plus, nos enfants, dont le propre inconscient est bien incapable de refuser ces projections. C'est donc à nous de ne pas les faire, et pour cela, il faut d'abord en prendre conscience. Cette approche permet de cesser d'accuser les mères de tout, ce qui est le discours de la psychanalyse classique. Il me semble en effet qu'à la douleur d'avoir un enfant autiste (ou affecté d'un autre trouble), il est inhumain d'ajouter un jugement implicite (ou même explicite) de culpabilité. Tout est toujours de la faute des mères. Certes, elles ont un pouvoir incommensurable, mais ce pouvoir est surtout néfaste à l'âge adulte de leurs enfants, lorsqu'elles ne peuvent se résoudre à les voir grandir et qu'elles continuent à les traiter comme s'ils avaient 10 ans.... (Bien entendu, je ne parle pas des mères indignes, qui malheureusement existent aussi).

Beaucoup de choses se jouent de façon tout à fait inconsciente, entre un enfant et ses parents. Les mères sont plus souvent mises en cause que les pères, mais on voit bien que la relation directe ne peut rien expliquer, si on ne regarde pas derrière, c'est-à-dire dans l'inconscient... On découvre alors que les parents sont aussi victimes que leurs enfants de leurs propres contenus inconscients. Or, passer du statut de coupable à celui de victime enlève une lourde culpabilité fondée sur une grave injustice... Le confort est souvent immédiat. (Il ne faut pourtant pas oublier que la projection peut parfaitement se faire (et se fait souvent) sur des objets. L'histoire de la porte en verre, citée plus haut, est un bel exemple de projection inconsciente sur quelque chose qui symbolise la difficulté du sujet). L'avantage de cette approche, c'est que décrypter le sens de la projection permet de comprendre en même temps la source du problème.

La Génétique.

Dans le cas des problèmes liés à la conception, on peut faire l'hypothèse que, dans le patrimoine génétique que les parents lèguent à leur enfant dans le spermatozoïde et dans l'ovule, se trouve un aspect de leur propre inconscient qui contient une souffrance vivante, susceptible de se manifester dans le fonctionnement psychique (ou même physique, qui sait?) de leur futur bébé. A cela il faut ajouter que chaque spermatozoïde est différent (même chose pour l'ovocyte), si bien que dans une même famille, un seul enfant peut être porteur de la souffrance liée à la génération précédente... Les découvertes récentes de la psychogénéalogie pourraient apporter un début de confirmation à cette hypothèse. En effet, le contenu en question peut se déclarer dès la naissance, ou dormir pendant des années avant de se réveiller à la faveur d'une circonstance qui le réactive, si le cordon avec les parents n'a pas été coupé entre temps.

Xeroderma Pigmentosum. Pour donner un autre exemple du même ordre, on peut évoquer cette "maladie orpheline" qui consiste à être brûlé par le soleil de façon grave, sitôt qu'on y est exposé. Il n'y a pas d'autre remède que de sortir avec une combinaison qui fait ressembler l'enfant à un astronaute. Je serais curieuse de connaître la relation des parents de ce type d'enfants avec leur père. En effet, le soleil est un symbole du père. Dans ce cas, le père en question serait tellement négatif (ou l'aurait été), que la peur serait intacte dans le coeur du jeune parent. Cette situation inconsciente (mais pourtant parfaitement connue) serait soit "contenue" dans l'une des deux cellules utilisée à la conception, soit "projetée" sur le bébé et reçue par lui sans défense aucune, soit les deux en même temps. Il le manifesterait alors à travers une peau capable de brûler sous les rayons de soleil, comme son père (ou sa mère) avait "brûlé" sous un regard paternel impitoyable.

Je parle au conditionnel, et seule une investigation auprès des parents de ces enfants pourrait dire si cette hypothèse peut être confirmée. Cela pose deux questions.

- Est-ce que la libération du parent concerné vis à vis du grand-père, pourrait libérer le bébé de sa maladie ?

- Est-ce que mettre des mots sur cette situation, en expliquant à l'enfant que cela ne le concerne pas, que c'est le problème de ses parents et de ses grands-parents, pourrait rendre le soleil inoffensif?

Les allergies. Un exemple assez répandu de ce genre de transmission / projection concerne les enfants qui, tout petits, se mettent à refuser le lait. Comme s'ils avaient soudainement une sorte d'allergie au lait. Le lait étant un symbole maternel, (si l'amour de leur maman n'est pas à remettre en cause), il faut chercher du côté de la relation entre les parents et les grands-parents (la grand-mère en l'occurence). Si celle-ci provoque un rejet (par ses exigences ou ses abus de pouvoir) chez la jeune maman et / ou le jeune papa, le petit enfant va recevoir ce rejet sous forme de projection inconsciente, et afficher ensuite à ses parents leur propre attitude vis à vis de leur(s) mère(s). Il ne supporte plus cette nourriture maternelle - le lait, parce que son papa ou /et sa maman ne supporte(nt) plus sa (leur) propre mère. Si ce rejet se manifeste dès la naissance, c'est peut-être qu'il était contenu dans l'ovocyte ou le spermatozoïde ayant présidé à la conception.

Remarque: Le cordon n'est nourricier que lorsqu'on est petit. Il enchaîne ou étrangle lorsqu'on est devenu adulte. Cette dépendance-là, chacun d'entre nous est susceptible de la subir, il faut en prendre conscience, car c'est une vérité très répandue. Les grands-parents ont un pouvoir démesuré sur la génération suivante. Bien entendu, ils l'ignorent, et ne le font pas exprès. Mais il serait grand temps que les parents se rendent compte du mal qu'ils peuvent faire à leurs enfants devenus adultes, en les aimant pourtant si fort. Et chacun d'entre nous est concerné, car nous avons tous été des enfants, et nous sommes tous appelés à être parents et grands-parents à notre tour...

Interpréter les signes. En ce qui concerne le rejet de certaines nourritures, un exemple vécu apporte une sorte de confirmation. Il s'agit de la jeune femme violée par son oncle. Elle faisait à ce moment-là un refus total de la viande. Cet aliment la dégoûtait profondément, et bien sûr, on la laissait des heures devant son assiette... Or, symboliquement, la viande = la chair = le sexe. Quand je lui donnai cette équivalence, elle comprit immédiatement qu'elle était juste. C'était la relation sexuelle subie, qu'elle vomissait. Dans son cas, la symbolique a fonctionné. La particularité de cette approche, c'est qu'elle fait surgir de façon claire quelque chose que le sujet connaissait parfaitement mais qui restait caché, et ne se manifestait que de façon symbolique.

Toutefois, si le sujet n'entérine pas cette traduction, c'est qu'elle n'est pas pertinente. Mon approche est fondée sur le respect absolu de la personne. Si sa réponse est Oui, ma question lui a ouvert une porte, lui a fait faire un lien juste. Si sa réponse est Non, j'avais pris une mauvaise piste, et il ne me reste plus qu'à en chercher une autre. (La viande symbolise aussi "la chair de ma chair", c'est-à-dire nos enfants, et cette valeur-là est assez fréquente dans les rêves).

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Conclusion.

J'ai appelé ma méthode l'égostracisme, parce que son but est d'exclure l'ego du pouvoir, à l'intérieur de chaque être humain. Mon approche globale réunit la psychanalyse (connaissance de soi) et la théologie. En effet, si Dieu est le symbole de notre âme humaine, tout ce que nous devons savoir sur lui, est aussi ce que nous devons savoir sur nous-mêmes...

Je ne demande pas qu'on me croie sur parole, mais je pense qu'il serait intéressant de faire des investigations systématiques dans la voie que je propose. Si cette approche est juste, elle mérite d'être diffusée. Elle peut se résumer ainsi.

Tout symptôme signifie quelque chose, mais c'est au sujet de sentir si le sens qu'on lui propose fait écho à l'intérieur de lui, dans son coeur et dans son vécu. Ce sens est toujours basé sur la valeur symbolique du symptôme en question.

Ces symptômes sont multiples: mal-être, dépression, maladies, événements, accidents, phobies etc... Le rêve est le plus pertinent de tous. S'il est correctement traduit, il connecte le rêveur à sa vérité intérieure.

Je tiens à ajouter que tout doit pouvoir s'expliquer, parce que nous sommes des êtres humains, et que la plus extraordinaire des découvertes doit être - et sera forcément - le fonctionnement de notre propre humanité.

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