RELIGION et DOGMES

Contenu.

Ce dossier a pour ambition de donner à tous les versets cités une traduction symbolique acceptable pour tout le monde. Le but est de montrer que le fondamentalisme nous égare, parce qu'il rend les Ecritures inintelligentes ou sectaires. C'est la lettre qui tue. Le second degré est symbolique, c'est l'esprit qui vivifie. Cette étude contient plusieurs chapitres.

- Une approche différente de la vie de Jésus. Ses disciples, sa famille, sa crucifixion.

- Le mysticisme. Saint Martin, Sainte Thérèse d'Avila et Hildegarde de Bingen.

- Le prophétisme. Ezéchiel.

- Un parallèle entre l'âme et le corps. Le corps montre l'exemple.

- La psychologie, science exacte ? Oui, à condition de comprendre sa langue, qui serait symbolique, comme dans les rêves et les Ecritures.

Introduction.

L'étroitesse d'esprit et l'intolérance caractérisent tous les comportements sectaires. Autant dire qu'on ne les trouve pas que dans les sectes... Dans l'esprit du grand public, la secte n'est que religieuse. Il est vrai que toutes les religions, sans exception, sécrètent l'intolérance. Mais les partis politiques aussi, ainsi que toutes les couches de la société. On pourrait dire sans risque d'erreur que l'homme, depuis toujours, transpire le sectarisme, depuis l'individu le plus obscur jusqu'à celui qui détient de grands pouvoirs. Quand le plan personnel touche tout le monde, le plan collectif le manifeste obligatoirement. C'est pourquoi la lutte contre ce fléau doit se faire, et ne peut se faire, que de façon individuelle. Quand chaque être humain sera devenu tolérant, il n'y aura plus de comportements sectaires dans les différentes sociétés humaines. Vaste programme...

Dans cette approche, la première secte est la famille. Dans les Dix Commandements, j'ai développé ce sujet grâce à l'interprétation de Tu respecteras ton père et ta mère... Le pouvoir du gourou, contre lequel tout le monde s'insurge, prend d'abord sa racine dans le pouvoir des parents. J'ajoute que la famille et la religion ont partie liée depuis les origines, chacune s'appuyant sur l'autre. Aujourd'hui, cet état de fait chancelle et s'est déjà partiellement effondré.

La lettre et l'esprit des Ecritures. Le fondamentalisme s'oppose au symbolisme, tout le monde le sait, même les fondamentalistes, qui s'appuient sur la lettre, malgré les mises en garde de Jésus lui-même. Toutefois, ceux qui sont d'accord pour reconnaître que la Bible est pleine de symboles, lui accordent malgré tout aussi une valeur historique. Mon approche est radicalement différente, puisque je suppose que tout est symbolique et doit donc être traduit. Je vais commencer ma démonstration avec ce qu'on a toujours accepté comme étant la vie terrestre de Jésus.. et qui ne serait que sa vie intérieure.

Jésus et ses disciples.

La tradition et le fondamentalisme s'opposent au symbolisme.

Voici par exemple ce que dit Marc (1, 14-20).

"Comme il (Jésus) passait sur le bord de la mer de Galilée, il vit Simon et André, qui jetaient l'épervier dans la mer ; car c'étaient des pêcheurs. Et Jésus leur dit : Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d'hommes. Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Et en avançant un peu, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, eux aussi dans leur barque en train d'arranger les filets ; et aussitôt il les appela. Et laissant leur père Zébédée dans la barque avec ses employés, ils partirent à sa suite."

Cela ne choque personne, et pourtant, on pourrait se mettre une seconde à la place de ce pauvre Zébédée, qui voit ses deux fils l'abandonner pour suivre un inconnu, simplement parce que celui-ci leur a dit "Suivez-moi". Aujourd'hui, même un père bon catholique crierait au scandale et accuserait Jésus de lui prendre ses fils. Et il aurait raison. Mais on n'y pense jamais, ou du moins, personne ne le relève. C'est si loin que c'est devenu un discours complètement désincarné, intellectualisé à outrance. Cela est grave, car ce genre de texte semble justifier le comportement des gourous de tout poil, quand ils détournent leurs disciples de leurs familles. Ici, cela paraît normal, puisque Jésus était le Christ. Mais je rappelle que tous les maîtres spirituels se prennent pour le Christ - ou pour son envoyé, et que cela provoque de terribles déchirements familiaux. Or la souffrance est incompatible avec un chemin spirituel authentique. Dans ces conditions, encore une fois, de deux choses l'une:

Ou bien Jésus était un imposteur, et il se conduisit il y a deux mille ans comme nos discutables gourous modernes.

Ou bien il était vraiment le Christ, et évita ce type d'erreur. Dans ce cas, quelque chose nous échappe dans ce texte, qui fait que nous le comprenons de travers, ou plutôt que nous ne le comprenons pas.

J'ai déjà parlé du premier degré qui nous égare. Que serait donc le second degré? Une réponse peut être donnée si on traite ce passage de manière symbolique. Pour cela, il suffit de quitter le plan extérieur pour entrer à l'intérieur de l'être humain qui a vécu cette aventure spirituelle. Appelons-le Jésus.

Les deux premiers disciples sont les parties de lui-même aptes à pêcher les contenus (=les poissons) de son propre inconscient (=la mer). La promesse qu'il leur fait concerne l'ego, cet "homme" qui habite dans l'inconscient de l'être humain. C'est pourquoi nous n'en avons pas conscience. Pourtant, c'est là qu'il faut le pêcher, avec toutes les souffrances qu'il génère en nous. Cette traduction exclut d'emblée tout prosélytisme (ce que l'Eglise a appelé évangélisation, et qui s'accompagne souvent d'un véritable viol des âmes).

Dans de nombreux passages, Jésus interdit à ses disciples de dire qu'il est le Christ. Les gourous font généralement l'inverse, ce qui est annoncé dans les évangiles (Matthieu, 24. 4-5).

"Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant : C'est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens."

Le plan extérieur ne fonctionne pas, si cela met l'homme en garde contre les faux-maîtres spirituels. La meilleure preuve, c'est que cela n'a jamais été suffisant pour empêcher les sectes de proliférer et les disciples de se laisser prendre... Le plan intérieur est beaucoup plus profond, si ce verset met l'homme ordinaire, tout comme le maître spirituel lui-même, en garde contre leur propre ego. Là, nous sommes aux racines des comportements humains. Le texte latin est très révélateur, puisque 'C'est moi qui suis le Christ' se dit en latin 'Ego sum Christus'. C'est effectivement l'ego (=le faux-Moi) qui parle, en faisant croire qu'il est le Christ, c'est pourquoi il "séduit" celui qui l'entend.

Cette parole veut armer les êtres humains contre leur propre ego, dont on ne doit jamais oublier qu'il est un terrible séducteur - aussi. Et sa voix peut se faire entendre directement, à l'intérieur de soi, comme celle du Christ, ou comme celle de Satan (cf Psychiatrie). Si l'être humain est un obscur quidam, il risque de se retrouver en hôpital psychiatrique, mais il lui arrive aussi de rentrer dans les ordres ou de fonder une secte. Quand il est un théologien qui se prépare à la prêtrise, il peut parfaitement devenir un pasteur inspiré, qui drague les foules derrière lui, parce qu'il a autorité de par sa profession.

Le prosélytisme est pourtant proscrit de façon radicale dans cet avertissement (Matthieu, 23. 15).

"Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et quand il l'est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous."

Et aussi dans celui-ci, qui le complète (Matthieu, 15. 14).

"Si un aveugle guide un autre aveugle, tous deux tomberont dans la fosse."

Dans ces deux versets, le scribe et l'aveugle symbolisent l'ego, qui égare l'homme dedans (la mer et la terre sont l'inconscient et le conscient), et dehors (le plan relationnel extérieur). C'est ainsi que le disciple écoute son ego, qui le pousse à suivre un gourou, qui est lui-même aveuglé par son propre ego. La géhenne représente l'enfer créé par l'ego, sur tous les plans, psychique, physique, relationnel, et plus globalement, terrestre. La fosse est à la fois un symbole de l'utérus et de l'inconscient, ce qui rattache l'enfer sur terre au pouvoir des parents et à notre aveuglement vis-à-vis de l'ego. En effet, notre ignorance de l'ego a une terrible conséquence, c'est que nous croyons que c'est notre véritable identité qui s'exprime, lorsque c'est lui qui parle.

Jésus et sa famille.

Jacques et Jean sont deux autres aspects de Jésus, et Zébédée, dans cette lecture, serait son père terrestre, dont il doit absolument se séparer, afin de pouvoir aller vers son Père céleste (=sa véritable identité). Mais cette séparation n'est ni géographique, ni affective. Il n'y a là nul besoin de rupture. Cela signifie simplement que l'être humain qui devient adulte, peut quitter ses parents psychiquement. Il n'est plus dans leur dépendance, il a acquis son autonomie et sa liberté - dans la joie et dans la paix, jamais dans le déchirement. C'est l'illustration de ce que nous demande la Genèse (2. 24).

"L'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme et ils ne feront qu'une seule chair."

Je prépare une traduction complète de la Genèse. Disons simplement que, dans ce verset, la femme symbolise l'inconscient de monsieur, son âme féminine, à laquelle effectivement, il doit absolument s'unir, pour combattre son ego et connaître tout ce qui grouille à l'intérieur de lui-même. (Je précise que madame doit accomplir la même chose avec son propre inconscient, qui pour elle, est masculin). C'est pourquoi le texte parle d'une seule chair: Le conscient et l'inconscient sont "emballés" à l'intérieur d'un seul corps physique. Mais pour "épouser" son âme (féminine ou masculine), il est nécessaire d'être psychiquement adulte (= avoir quitté ses parents). Or, objectivement, comment un être humain pourrait-il accomplir tout cela (=accéder à la connaissance de lui-même), sans entrer dans sa "Terre Promise", c-à-d dans son inconscient? Cette lecture a ceci de particulier qu'elle permet d'effacer toutes les contradictions, dans lesquelles les exégètes s'enlisent, en donnant aux Ecritures une logique et une intelligence sans défaut.

Inversement, celui qui rompt avec ses parents pour échapper à leur pouvoir, se leurre, s'il pense avoir ainsi obtenu le résultat désiré. Car les tensions, les rancoeurs, la haine et la rupture révèlent l'attachement aussi clairement que le manque, le besoin ou la dépendance.

Dans la lecture symbolique de ce texte, Jésus n'a détourné personne de sa famille. Il a seulement récupéré les parties de lui-même qui étaient encore sous le pouvoir de son père. Il est devenu adulte. Il est devenu lui. Mais sa famille a résisté, ainsi que l'affirment ces versets si gênants de Marc (3. 21).

" Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui ; car ils disaient : il est hors de sens."

Ce n'est pas nouveau, la famille a toujours cherché à exercer un pouvoir sur les enfants devenus adultes. Le père et la mère veulent imposer leurs vues et leurs traditions, et c'était certainement encore plus vrai il y a deux mille ans qu'aujourd'hui. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas le remettre en cause. L'Eglise n'a jamais touché aux parents, parce qu'ils étaient le fondement sur lequel elle était assise, malgré tous les avertissements donnés dans les évangiles (Marc, 3. 31-35).

"Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l'envoyèrent appeler. La foule était assise autour de lui, et on lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent. Il répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui : Voici, dit-il, ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma soeur et ma mère."

La lecture littérale fait apparaître un rejet de la famille au profit des disciples. C'est impossible, selon moi. Jésus ignore ce qui se passe vraiment dans le coeur de ceux qui l'écoutent. Je ne parle même pas de leur sincérité, je parle de leurs problèmes personnels. Personne ne peut aider autrui. On ne peut aider véritablement que soi-même. C'est évident, si on considère l'état actuel de notre humanité. Même ceux qui croient au Christ (ou à une autre Dieu) sont empêtrés dans des relations difficiles, des souffrances, des maladies, des accidents, des déprimes etc...

Il ne peut donc s'agir du plan extérieur, en ce qui concerne ceux qui sont assis autour de lui. Il y aurait donc là seulement une opposition criante entre la famille terrestre extérieure (qui ne comprend souvent rien aux vrais besoins de son enfant) et la famille intérieure, (c-à-d les différentes parties de soi-même). C'est le Christ qui a donné aux hommes la prière connue du Notre-Père (= Dieu le père). C'est encore lui - ici - qui nous parle de son "âme-soeur" ou de son "âme-frère" ainsi que de sa "mère" intérieure, psychique, spirituelle, source de son identité divine.

Pour accéder à cette lecture, il suffit de se souvenir qu'il s'est toujours donné comme "le Fils de l'Homme", tout en assurant que Dieu était son Père. Comment expliquer cette contradiction apparente ? Voici une analyse possible.

Quand un être humain adulte (= autonome en face de ses géniteurs), réussit à s'unir à son âme inconsciente (féminine pour un homme, masculine pour une femme), en la rendant consciente, cette croissance de sa zone consciente lui permet de faire naître sa véritable identité, donnée dans un rêve comme la naissance d'un enfant psychique - qui est le seul enfant qui lui appartienne vraiment, puisque c'est le Fils de l'homme.

Ce fils-là peut tout aussi bien être une fille (rassurez-vous, mesdames), et il donne à celui qui le fait naître dans son âme, une grande force intérieure. Cette force le rend apte à dominer tous les problèmes relationnels extérieurs, et lui permet en même temps de dominer son ennemi intérieur, l'ego (le diable, pour toutes les religions). Cet enfant est symbolisé par le petit Jésus... dont la naissance ne serait plus alors historique, mais symbolique et psychique. C'est en fait la naissance de la véritable identité humaine, cette identité dont la filiation est divine, puisqu'elle permet à l'homme de se connecter à son Père et à sa Mère spirituels. J'ajoute que cette naissance doit être vécue en rêve, car c'est le seul moyen de savoir si elle a vraiment eu lieu. Matthieu et Luc nous disent bien, effectivement, que la venue de cet enfant a été annoncée à Marie et à Joseph par un songe. (cf Naissance du Christ). C'est en ce sens que Dieu est notre Père... et notre Mère.

L'adoration pour la vierge Marie en est l'expression, en ce qui concerne l'Eglise catholique. Malheureusement, c'est aussi une projection (au sens psychanalytique du terme), et adorer la Vierge ne peut pas nous apporter grand-chose, tant que nous ne comprendrons pas qu'elle se trouve à l'intérieur de nous, et que c'est là que son pouvoir peut 'opérer', si nous nous identifions à sa bonté et à sa compassion... en les rendant effectives... pour nous-mêmes. Alors, les autres pourront vraiment en sentir aussi les effets.

En somme, notre corps est l'oeuvre de nos parents terrestres, mais notre âme (= notre conscient + notre inconscient) est l'oeuvre de nos parents psychiques - le Père et la Mère qui sont dans le ciel (= dans notre âme). Pour se connecter à ses deux instances spirituelles, l'homme doit absolument faire croître sa zone consciente, afin d'opérer en lui-même l'union entre son aspect féminin et son aspect masculin, ce qui lui permet de faire naître en lui sa véritable identité (spirituelle celle-là), symbolisée par la naissance du Christ en lui.

C'est encore Jésus qui remet les choses à leur place (Luc, 11. 27-28).

"Heureux le sein qui t'a porté ! Heureuses les mamelles qui t'ont allaité !" lui dit une femme. "Heureux plutôt celui qui écoute la parole de Dieu et qui la met en pratique," répondit Jésus.

On voit bien ici que Jésus n'a jamais 'sanctifié' sa mère. Nous n'avons pas à le faire non plus, ni vis-à-vis de la sienne, ni vis-à-vis de la nôtre. Heureusement qu'il a fait la différence entre les liens terrestres extérieurs et les liens psychiques intérieurs.... Ce verset le dit clairement, si on lui applique ma grille de lecture. Ecouter fait référence à ce verset connu, qui affirme que l'homme a des oreilles pour ne pas entendre, et des yeux pour ne pas voir. Cela pourrait bien parler de ce qu'il voit et entend dans ses rêves, et qu'il ne comprend pas. Comment mettre en pratique une parole divine dont on ne comprend pas le sens véritable? Cela expliquerait la faillite de toutes les religions, car ce qui est vrai pour le Chrétien est tout aussi vrai pour le Juif, le Musulman, le Bouddhiste, l'Hindouiste et les autres...

Jésus confronté à son ego.

Mort et résurrection.

Mon analyse campe un Jésus qui ressemble à chacun d'entre nous, et qui nous a dit "Je suis la voie, la vérité et la vie" ce qui signifie à l'évidence "Ce que j'ai fait, vous pouvez le faire aussi, si vous prenez le même chemin que moi." Malheureusement, son parcours était crypté, si bien que personne n'en a retrouvé la carte. Si cette carte existe, elle parle de notre géographie intérieure, c'est-à-dire de notre inconscient, dans lequel notre ego agit à contre-sens de nos vrais désirs. Si cela est vrai pour chacun d'entre nous, cela est vrai aussi pour Jésus. C'est dans ses fourvoiements que nous en trouverons les indices les plus sûrs.

Car il était tout seul, engagé sur cette voie qu'il 'inventait' au fur et à mesure, et il a forcément commis des erreurs, c'est-à-dire qu'il s'est fait avoir par son ego. Si c'est vrai, si je ne me trompe pas, c'est la meilleure consolation qu'on ait jamais pu nous donner. Tout le monde a droit à l'erreur, même lui, parce qu'il était un être humain, et donc nous aussi, pour la même raison. Cette 'erreur' est développée à la fin des quatre évangiles. C'est ce qu'on a appelé 'la Crucifixion'. Mais, comme d'habitude, il faut traduire.

Dans l'évangile de Marc (15. 33), on nous dit que "les ténèbres envahirent toute la terre", pendant que Jésus était sur la croix. Voici mon explication, fondée sur ma pratique en cabinet.

Quand je fais faire un rêve éveillé (une visualisation), je consulte en fait l'inconscient de la personne, qui me répond par des images virtuelles, que je dois comprendre, afin de mettre le sujet en phase avec sa vérité intérieure. Si je me trompe (cela m'arrive), l'obscurité se fait immédiatement. La personne me dit que "Tout est devenu noir." Je sais alors que je me suis fourvoyée sur une mauvaise piste, et que je dois proposer une autre traduction. Si celle-ci convient, l'inconscient me le fait savoir tout de suite en redonnant l'image, qui va alors évoluer dans la lumière. C'est ainsi que le sujet progresse dans une connaissance juste de lui-même. Cela me porte à croire que Jésus, lui aussi, s'était fourvoyé en laissant son ego le crucifier. Il est allé jusqu'au bout de sa détresse (= une mort psychique), et les ténèbres (= l'inconscient) ont envahi son âme. Mais il s'est ensuite repris (v 38).

"Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas."

Jésus comprend son erreur, à ce moment-là, selon l'expression utilisée quand on a enfin compris quelque chose. "C'est comme si un voile s'était déchiré devant mes yeux." Le mot Temple vient conforter cette hypothèse car c'est un symbole connu de l'âme. Cela explique le verset 39.

Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu'il avait expiré de la sorte, dit : "Assurément, cet homme était le Fils de Dieu."

C'est parce qu'il réalise qu'il s'est fait trahir par son ego, que Jésus (symbolisé par le centenier) accède à cette vérité-là. Il s'est laissé crucifier par son ego, et il en a soudain une conscience claire. C'est pourquoi sa résurrection va être possible. Dans notre monde intérieur, la lumière (= le conscient) peut toujours reprendre le dessus sur les ténèbres (=l'inconscient). Quand j'entends le rêveur (en visualisation) me dire "Je vois beaucoup de lumière", je sais que cela signifie simplement que les choses sont maintenant claires pour lui. Le conscient a gagné sur l'inconscient. L'évolution du sujet est en bonne voie. Il me le confirme en règle générale, en me disant qu'il se sent bien.

J'ajoute que le verbe "ressusciter" (qui implique une mort) est en fait la traduction française de l'hébreu ou du grec "se réveiller". Ce verbe est fréquemment utilisé dans la langue courante dans le sens de "prendre conscience" ou "réaliser". "Veillez !" conseille le Christ à ceux qui l'écoutent. Et le nom du Bouddha signifie "l'Eveillé"...

Voici la traduction de Chouraki. "L'Adon s'est réellement réveillé ; il est apparu à Simon." (Luc. 24. 34). Segond et les autres traduisent par "le Seigneur est réellement ressuscité."

Quand on comprend ses rêves, on a souvent celui-ci: "Je dormais, et tout à coup, je me réveille..." La suite, bien entendu, dépend de ce que le rêveur vient de comprendre sur lui-même ou sur ses proches.

Je tiens également à préciser que les rêves de mort sont très fréquents et peuvent avoir trois significations différentes.

- Soit le pouvoir qu'un proche avait sur le sujet est mort.

- Soit un aspect de lui-même vient de mourir, suite à un changement intérieur.

- Soit une partie de son âme est ou a été assassinée. Le responsable peut être un proche (plan extérieur) ou l'ego (plan intérieur).

Dans les deux premiers cas, il n'y a pas de souffrance dans le rêve. Dans le troisième cas, l'angoisse est forte. Ce rêve-là est toujours un cauchemar. Pour l'homme-Jésus, cela a pris la forme d'une crucifixion, mais il a fini par s'en rendre compte, et a pu retrouver sa paix intérieure.

Ce qu'il a fait, chacun d'entre nous peut le faire aussi. Si cela se réalise, chaque chrétien pourra dire sans risque d'erreur qu'il est vraiment un disciple du Christ.

Porter sa croix.

Toute mon analyse est fondée sur la dualité humaine, la différence entre l'âme et l'ego. Or il est facile de vérifier que les mots: être, paraître, psyché, esprit, âme, moi, je, ego, conscient, inconscient, mental, intellect... sont globalement et traditionnellement utilisés pour parler de l'homme et de ses fonctionnements. Cela provoque une terrible confusion.

Je fais une différence rigoureuse entre notre âme (= l'être = le conscient + l'inconscient = la psyché = le véritable moi ou je = identité) ; et notre ego (= le mental = l'intellect = le faux moi ou je = l'usurpateur de la véritable identité). Certains mots peuvent recouvrir l'âme, aussi bien que l'ego, par exemple l'esprit (les mauvais esprits, ou un esprit bénéfique), selon le contexte du rêve ou du texte inspiré. Le plus simple est de comprendre que l'homme, doit simplement progresser vers sa véritable identité, et qu'il ne peut le faire qu'en élargissant le champ de sa zone consciente, au détriment de sa zone inconsciente - et de son ego.

L'expression "Porter sa croix" vient d'un verset très connu de l'évangile de Luc (14. 25).

"Et quiconque ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite, ne peut être mon disciple."

Les épreuves terrestres sont tellement nombreuses, qu'il n'y a que l'embarras du choix. Les croyants se consolent souvent en se disant que le Christ a souffert bien davantage, et que leurs souffrances les rapprochent de lui.

Or cette croix, selon moi, symbolise l'ego. En effet, l'ego cherche à écraser l'homme sous le poids de ses exigences, de ses mensonges et de sa tyrannie. Mais il peut surtout le faire lorsque l'être humain est en difficulté. Quand tout va bien, cela lui est plus difficile. Mais dès que quelque chose va de travers, si on n'y prend pas garde, on se retrouve cloué au pilori, sur cet ego barbare qui se nourrit de nos souffrances. Cela entérine sa victoire.

On pourrait aussi exprimer la chose en disant qu'il a réussi à "nier" l'âme, sa co-équipière psychique. Quand on barre un mot, on met une croix dessus. Le Christ a fait ce chemin-là, puis il s'est réveillé, et s'en est sorti. Pourquoi et comment a-t-il pu se laisser convaincre par le discours de son ego? La confusion est facile entre le Je et le Moi. Il savait sans doute que quelque chose devait mourir en lui, mais il ne savait sûrement pas quoi exactement (car s'il l'avait su, il nous l'aurait dit clairement). Son ego en a tiré profit en lui faisant croire qu'il (ego) était sa véritable identité, et qu'il fallait torturer l'autre en lui (son âme). Et en fait, c'est dit chez Jean, si on décrypte le verset 14 du chapitre 18.

"Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux juifs : Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple."

Il est possible que Jésus ait entendu cette affirmation comme une voix dans sa tête, et qu'il l'ait interprétée comme la nécessité pour lui de mourir sur le plan extérieur, alors que l'interprétation intérieure est saisissante de vérité : Il est avantageux pour toi (=les Juifs) que ton ego (=un seul homme) meure pour ton âme (=le peuple)...

Le plan psychique étant plus pertinent que le plan physique, il est peu probable que Jésus ait pris cela au premier degré, et pensé qu'il devait mourir. Il s'agit plutôt d'autre chose, de l'ordre d'une erreur d'appréciation. En fait, Caïphe symbolise sa voix intérieure, et celui qui doit mourir, c'est son ego. C'est juste une mort intérieure. Mais la mort de quelle partie de lui ? Si Jésus lui-même a confondu son Christ intérieur avec son ego, on peut comprendre que tous les autres êtres humains aient fait la même confusion derrière lui.

Or, ce verset est suivi par le triple reniement de Pierre (qui symbolise Jésus = il s'est renié lui-même), puis par l'interrogatoire de Pilate, autre aspect intérieur de lui-même, qui se pose des questions, entre autres, celle-ci (18. 38).

"Pilate lui dit : Qu'est-ce que la vérité ?"

À ce moment-là, Jésus avait perdu sa vérité intérieure. Le doute le ravageait. C'est aussi pourquoi, le peuple (=son âme, complètement trompée par son ego) demande à grands cris la libération de Barabbas, le brigand. Or Barabbas signifie "le fils du père" ce qui est pour le moins étonnant. Quel concours de circonstances! Le Fils de Dieu-le-Père va être crucifié, alors qu'un bandit appelé Fils du père, va être libéré! Et pourtant, il y a une clé, obligatoirement. Et cette clé, à mon avis, c'est qu'effectivement, à l'intérieur de Jésus, il y avait ces deux instances, dont les symboles sont innombrables.

Son âme = son sauveur = son identité véritable, dans une filiation spirituelle juste, mais aussi l'autre, l'ego = le brigand = le fils du père démoniaque, qui s'était immiscé subrepticement à la place de sa véritable identité.

Vu l'époque et le poids des traditions, la confusion n'est pas surprenante. Cela a "crucifié" l'homme-Jésus, qui a laissé sa croix-ego être plus forte que lui - passagèrement. Toutefois, dans le verset cité plus haut, Jésus n'a pas encore été crucifié. Il affirme que ses disciples doivent porter leur croix - et non pas se laisser clouer dessus.

Car cette croix peut être légère, si l'ego a été suffisamment réduit. Il ne peut plus alors empêcher l'homme de marcher / de progresser / d'évoluer / derrière son sauveur psychique, sa véritable identité. L'ego reste un fardeau que l'homme porte, mais qui ne peut plus le crucifier. Pour cela, il est indispensable d'identifier cette instance afin de pouvoir la combattre.

Le mysticisme.

Si Jésus lui-même s'est trompé, reconnaître cette erreur était le seul moyen de le suivre vraiment. Mais les hommes ont besoin de perfection. Plutôt que d'entériner l'erreur, ils ont préféré la justifier. Du coup, la souffrance est devenue un moyen de rédemption, alors qu'elle n'affiche que la victoire de l'ego. Toute l'histoire de la Chrétienté est marquée par le sacrifice et le martyre. Terrible confusion, dont l'ego tire profit depuis deux mille ans... Au point que lorsqu'une personne montre ce qu'on appelle 'les stigmates' (les mains percées), on la vénère comme une sainte. Je pense personnellement que c'est son ego qui la crucifie, parce qu'aucune souffrance ne se justifie, si le Dieu auquel on croit est un Dieu d'amour.

En tant que père ou mère, crucifieriez-vous votre enfant? Le feriez-vous souffrir? Non. Seul, un barbare le fait. Et l'ego est un barbare, qui a réussi à nous faire croire qu'il était notre Dieu..

L'histoire de Saint Martin.

Martin n'était au départ qu'un soldat sans religion. Un jour, il déchira son manteau pour en donner la moitié à un pauvre. Cela, tout le monde le sait. Ce qu'on ignore, c'est qu'il eut un rêve la nuit suivante. Le Christ lui apparut et lui dit : "Martin, ton manteau, c'est à moi que tu l'as donné..." Ce rêve orienta sa vie, il se convertit, devint évèque, et fut finalement canonisé par l'Eglise.

Martin n'a pas traduit son rêve. Il l'a pris au premier degré, et a plongé dans la religion, comme beaucoup d'autres avant lui et après lui. Pourtant, chacun sait, depuis toujours, que l'apparence rend rarement compte de ce qui se passe vraiment au fond du coeur humain. Le rêve, lui, le dit clairement si on sait que l'ego cherche à faire croire à l'homme qu'il est son Dieu (= Ego sum Christus). Le Christ vu en rêve le représente donc. Et c'est l'ego de Martin qui lui dit: "Le manteau, c'est à moi =ego, que tu l'as donné." Pourquoi? Il est probable que Martin s'est senti admiré par ceux qui ont assisté à la scène. Son ego en a pris de la graine. Il a même dû en rajouter: "Quelle grandeur d'âme... C'est le geste d'un saint..." Et voilà notre homme qui plonge tête baissée dans ce piège pourtant grossier. Il se convertit. Mais en fait, il s'est simplement mis sous la coupe de son propre ego, qui n'a du reste pas tardé à lui montrer son vrai visage, ainsi que le montre la suite de son histoire.

En effet, sa biographie révèle que, toute sa vie, il s'est battu contre le diable, dont la présence était si forte, qu'il en sortait complètement épuisé. Or jamais il n'eut de victoire décisive. Tant que le diable reste une instance extérieure, mauvaise, capable d'entrer en l'homme pour prendre possession de lui, il ne peut être vaincu, car le premier degré tue l'âme, et alimente l'ego, qui s'en trouve fortifié. Seul le second degré peut donner le dessus à l'homme, car il comprend alors que Satan n'est rien d'autre que cette instance psychique, animale, sournoise, malfaisante, contre laquelle on ne peut agir tant qu'on ne l'a pas identifiée comme étant notre locataire intérieur, l'ego. La connaissance de soi repose sur une analyse juste de ce qui se joue réellement dans la psyché humaine.

Sainte Thérèse d'Avila.

Elle vécut au XVI° siècle. Très connue elle aussi, elle s'est laissée, selon moi, abuser par son ego. Elle raconte que, pendant une transe, elle vit Jésus lui tendre deux couronnes, l'une de roses et l'autre d'épines. Elle se précipita sur la seconde, et l'enfonça sur son front, tandis que la douleur lui pénétrait le cerveau. Hildegarde de Bingen, une autre mystique (XII° siècle), raconte la même histoire, sauf que la première couronne était faite de diamants. Elle eut la même réaction, et la même souffrance.

Je trouve consternant qu'on puisse se laisser berner à ce point, alors que Jésus n'a parlé que de paix (Matthieu, 11. 28-30).

"Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger."

Où sont les épines? Où est la souffrance? Les mots n'ont-ils donc aucun sens? Douceur, humilité, repos et légèreté... Cela est-il vérifié dans l'expérience de ces deux femmes? Car je me refuse à les appeler des saintes. Si elles avaient connu la symbolique des mots, elles auraient peut-être pu comprendre ce qui se passait réellement.

En effet, la rose et le diamant symbolisent l'âme (c'est-à-dire Dieu), comme du reste, toutes les fleurs et toutes les pierres précieuses.

Thérèse précise dans un autre passage que Jésus lui fouaillait le coeur avec un stylet d'or. Qu'il fût en or semblait lui paraître important... Pour moi, le Jésus en question n'était rien d'autre que son ego, bien installé à l'intérieur d'elle, et la torturant tout à son aise, parce qu'elle n'avait jamais mis en doute son identité de façade...

Les Prophètes.

Selon le même principe, tous les "Inspirés" (= les prophètes) de l'Ancien Testament, ne parlaient, sans le savoir, que de leur propre monde intérieur, lorsqu'ils annonçaient au peuple l'imminence de la colère divine. Je suis en effet persuadée que les rêves et les visions ne concernent jamais que celui qui les a reçus. Encore faut-il les traduire... Les gourous modernes ne le savent pas davantage que leurs collègues de l'Antiquité, ni d'ailleurs les rêveurs ordinaires qui pensent que leur rêve concerne réellement leur voisin si celui-ci est dedans. C'est une erreur, qu'on reconnaît très facilement si une interprétation juste est proposée. On comprend alors que le rêve ou la vision parle de soi ou de sa relation avec ses proches.

Cette analyse est fondée sur une évidence simple. Personne ne sait ce qui se passe réellement dans la tête et le coeur d'autrui. Sur le plan extérieur, c'est la crédulité du disciple qui fait le maître. Sur le plan intérieur, c'est la crédulité de l'homme qui donne le pouvoir à l'ego. Le gourou va naître parce que l'être humain qui reçoit le message le comprend au premier degré. Le message était destiné à l'âme, mais comme il n'est pas décrypté, c'est l'ego qui en profite. Toutes les religions sont nées de la même façon par la projection de notre monde intérieur sur le monde extérieur. Or, tout ce qu'on voit , tout ce qu'on entend, à l'intérieur de soi, doit être traduit, sans quoi cela alimente l'ego.

Mon analyse est tout aussi bien fondée sur les rêves que sur les textes bibliques. En voici un qui semble m'apporter une sorte de confirmation (Ezéchiel, 8. 7-10).

"Il (Dieu) me conduisit à l'entrée du parvis. Je regardai, et voici, il y avait un trou dans le mur. Et il me dit : Fils de l'homme, perce la muraille ! Je perçai la muraille, et voici, il y avait une porte. Et il me dit : Entre et vois les abominations qu'ils commettent ici. (...) Et il me dit : Fils de l'homme, vois-tu ce que font dans les ténèbres les anciens de la maison d'Israël, chacun dans sa chambre pleine de figures ?"

Dans cette vision, Dieu indique en réalité au prophète lui-même qu'il doit percer un trou dans le mur qui sépare son conscient de son inconscient, afin qu'il puisse voir enfin ce que fait réellement son ego dans ce même inconscient (les ténèbres). C'est un ordre auquel tout rêveur qui comprend ses rêves obéit très naturellement, car il reçoit alors un message très proche du texte d'Ezéchiel. C'est pour moi un rêve classique. On voit un mur fendu, ou fissuré, troué d'une petite ouverture genre oeil-de-boeuf, parfois grande comme une porte, parfois comme un pan écroulé, ce qui permet de voir ce qui se passe de l'autre côté de soi-même, et de supprimer - à terme - la séparation (le mur) qui cantonne le rêveur dans sa seule zone consciente.

Ce qui rend sectaire un groupe religieux, c'est de comprendre au premier degré les textes sur lesquels il fonde sa croyance. C'est ce qui engendre tous les rituels, et rend par conséquent toute démarche religieuse inopérante. Le poisson du vendredi, très répandu chez les Catholiques, en est un bel exemple. Si vraiment le poisson a une valeur rituelle efficace, cela ne peut pas venir de celui qu'on met dans son assiette. Pourtant, c'est pour obéir au Christ que les chrétiens en mangent le vendredi, selon un ordre qu'on trouve dans l'évangile de Jean (21. 10-12), sous le titre de "La pêche miraculeuse."

"Jésus leur dit : Apportez les poissons que vous venez de prendre. (...) Venez et mangez."

C'est un ordre qui s'adresse à notre âme, et beaucoup de rêveurs voient, achètent, pêchent ou mangent du poisson en rêve. Cela signifie qu'ils nourrissent leur âme avec les contenus de leur inconscient. Grâce à cela, leur conscient peut croître et leur inconscient s'alléger. Croyants ou pas, pratiquants ou pas, ils obéissent à l'ordre du Christ. Mais ils n'y obéissent que parce qu'ils comprennent vraiment leurs rêves. Ils ont enfin des yeux et des oreilles pour comprendre les images et les paroles de leur monde psychique. C'est ce même code que j'applique pour comprendre le verset 28 de la Genèse (chapitre 1).

"Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et assujettissez-la et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre."

Cette fécondité est d'ordre psychique, car les animaux aussi font des petits, et cela me semble inopérant dans le cadre d'une spiritualité authentique. C'est du simple bon sens...

En revanche, faire naître en soi-même sa véritable identité psychique peut permettre en effet de se remplir intérieurement (=remplir la terre, symbole du corps), ce qui débouche naturellement sur la maîtrise de soi-même, dominer les contenus de son inconscient (les poissons), dominer sa propre âme (les oiseaux), et surtout dominer son ego (tous les animaux terrestres). L'homme partage en effet cet ego avec le règne animal, mais encore une fois, on ne demande pas aux animaux de sauver leur âme puisqu'ils n'ont pas de zone consciente. L'homme, lui, en a une, ainsi que l'affirme le verset 3 de la Genèse.

"Que la lumière soit ! Et la lumière fut". = Le préhominien (animal) est devenu homme en accédant à la conscience, cette étincelle de lumière dans les ténèbres de son inconscient... Et depuis de temps-là, l'ego n'a de cesse de récupérer cette lumière pour son usage personnel.

Symbolisme contre fondamentalisme.

Le symbole du sang est partout présent dans les Ecritures. Il a deux significations radicalement différentes. La première est celle de la souffrance humaine, ainsi qu'on vient de le voir. Mais il peut aussi être associé à celui du pain et du vin. C'est l'événement qui nous est rapporté dans la dernière Cène (Luc, 22. 19-20).

"Il prit du pain, rendit grâces, le rompit et le leur donna en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; Faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe en disant : Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang qui est répandu pour vous."

Ce qui est dit ici me semble être la mise en scène d'une expression connue, "Se nourrir de..." On peut se nourrir de richesses matérielles, de sexe, de signes extérieurs, religieux ou autres (c'est-à-dire d'apparence). On peut aussi "bouffer" sa famille, ses amis, ses enfants, ou se laisser "bouffer" par eux. Mais ce texte pourrait bien nous dire: "Nourrissez-vous de moi, car je suis une nourriture, psychique, certes, mais aussi tangible que le pain et le vin terrestres. De plus, je suis inépuisable, comme l'affirme le passage de la multiplication des pains, et je ne permettrai pas à votre ego de se nourrir de vous, car je ne comporte pas de ce levain, qui le fait "gonfler" à l'intérieur de vous..." (voir Azyme).

Une rêveuse, en cours d'analyse, m'a raconté qu'elle avait vu dans son rêve un pain qui semblait très normal, mais qui pouvait nourrir au moins vingt personnes... Le parallèle était flagrant. Pourtant, elle n'osait pas le faire. Je l'ai donc fait à sa place. J'ai l'habitude. Tous les événements qu'on lit dans la Bible sont susceptibles de se manifester dans nos rêves. Ils y perdent certes un peu de leur superbe. Mais n'est-ce pas normal? La distance entre l'homme et Dieu disparaît obligatoirement, sitôt que le premier comprend qu'il a avec le second cette proximité donnée par la relation filiale. Si tout cela se passe dans notre monde intérieur (= notre âme), le processus est toujours le même, mais chacun le traite à sa façon. En général, l'aspect quotidien du rêve, souvent totalement dénué de grandeur, révèle seulement la modestie du rêveur.

L'analyse des Evangiles selon cette lecture leur donne un sens à la fois simple, profond et intelligent. Toutes les contradictions disparaissent d'elles-mêmes, et toutes les obscurités s'éclairent avec bon sens. Ceci dit, je ne cherche pas à convaincre. Je propose seulement une autre interprétation. On peut ne pas la prendre. Chacun est libre, et je me garde d'imposer quoi que ce soit. Certes, je me trompe peut-être, mais cette approche me paraît être une sorte de preuve de l'existence de Dieu - si tant est qu'on puisse en apporter une - car elle réconcilie le croyant (s'il le souhaite) avec sa croyance, qui devient juste et donc justifiée. Par ailleurs le mieux-être est tangible et s'installe parfois rapidement, ce qui me pousse à croire que mon analyse est correcte.

Un test révélateur : la visualisation.

Je peux suggérer un test facile à toute personne qui croit au discours d'un maître, ou qui entend des voix, quel que soit le contexte (médiumnité, channeling, spiritisme, écriture automatique, vision etc...). Il suffit de respirer profondément, de fermer les yeux, et d'appeler mentalement celui qui parle.

Quelqu'un apparaîtra, qui pourra sembler positif (surtout si la personne est naïve)...

...mais sera probablement très négatif, si elle doute déjà. Dans tous les cas, il faut bien regarder ses yeux, et se poser la question "Qui es-tu? un ami? ou un ennemi?" Le regard devient souvent phosphorescent et démoniaque. D'autres fois, il est impossible de voir vraiment son visage. On est alors renseigné, il s'agit bien de l'ego, qui révèle son vrai visage, ou essaie de le cacher. Car c'est l'inconscient qu'on interroge, et sa réponse est toujours vraie.

Toutefois, si l'expression est empreinte de bienveillance et de sagesse, il peut réellement s'agir d'une partie psychique du sujet.

Une autre possibilité est celle d'un deuil non fait avec un proche. C'est alors ce proche qui va apparaître, et cela signifiera simplement que, s'il est mort dans le monde extérieur, il est toujours vivant dans le coeur du sujet. C'est tout. Cela ne signifie jamais, selon moi, que son âme est en communication avec la personne qu'il pleure. En revanche, cette explication vient de l'ego, qui sait parfaitement que son pouvoir est basé aussi sur tous les deuils non faits (voir Cimetière, Décès ou Enterrement).

Plan physique et plan psychique.

La mauvaise interprétation des symboles est la source de toutes les confusions. Dans la Genèse, le serpent est traditionnellement identifié au sexe, parce que la sexualité a toujours été un problème pour ceux qui n'en sont pas libérés. Pornographie et puritanisme sont deux aspects opposés de la même erreur d'appréciation, imputable à l'ego, et qui verrouille l'homme dans une impasse insupportable. Le sexe n'est pas un péché. Le péché, c'est d'en faire une utilisation pervertie, que ce soit dans l'abus ou dans l'interdit. L'épanouissement apporté par le sexe exige seulement qu'il soit connecté au coeur, c-à-d à des sentiments vrais...

Dans ma lecture, le serpent représente l'ego qui parle à l'homme sitôt que celui-ci a mangé du fruit de l'arbre de la connaissance (= il est devenu conscient de lui-même), pour lui dire qu'il est maintenant comme Dieu, connaissant le bien et le mal. Voilà la seconde confusion. Sitôt que l'être humain accède à la conscience, son ego y accède aussi et prend la parole pour lui faire croire qu'il (ego) est Dieu, ce qui lui donne le pouvoir de décider de ce qui est bien et de ce qui est mal. C'est le drame de notre humanité, qui se répète depuis les temps préhistoriques.

La mise en jugement est un signe parmi les autres, révélateur d'un dysfonctionnement, donc de la présence néfaste de l'ego. Quand les représentants d'une secte sont traduits devant un tribunal, c'est que quelque chose ne va pas. Si un comportement est juste, il n'y a pas de plainte, et s'il y en a une, elle est déboutée dans la mesure où elle est générée par une erreur d'appréciation. L'ego est susceptible de se glisser partout, mais il y a toujours un indice pour l'identifier. Sur le plan individuel, l'indice le plus répandu est la critique et la condamnation d'autrui. Il est facile de voir que toutes les sectes sont enfermées dans leur croyance, ce qui a pour résultat la condamnation et l'exclusion du reste de l'humanité. Cela pourrait bien suffire pour leur apporter comme un boomerang le jugement et la condamnation devant les tribunaux.

L'ego. Si on prend conscience de cette présence en soi, et qu'on la jugule, alors, tout devient possible, et surtout la paix intérieure. Cette paix est aux antipodes de la souffrance. Si Dieu existe, il aime l'homme, et le veut heureux. Mais l'homme fait depuis les origines une terrible confusion entre son identité de lumière (sa partie consciente) et son ego Prince des ténèbres (qui agit dans son inconscient). Il honore le second et délaisse la première. Il est la victime de son ego depuis la nuit des temps.

En ce qui concerne le corps, aucun médecin ne peut "sauver" son malade s'il ne l'a pas "guéri" d'abord.

En ce qui concerne l'âme, le prêtre veut la "sauver", sans se préoccuper de la "guérir".

Pour cela, il faut connaître sa maladie. L'ego est notre maladie. Il est le cancer de notre humanité...

Le prêtre n'est pas différent du gourou, car tous deux attendent de Dieu une guérison miraculeuse. Or, si Dieu existe, il est ce Verbe "fait chair", c'est-à-dire incarné en chaque être humain, et qui lui parle dans ses rêves. Sa Parole (= le Verbe = le Logos), en effet, peut le guérir, à condition qu'il la comprenne... Là se trouve le vrai miracle, car cette Parole "opère" (c'est l'opération du Saint esprit), selon Luc 1 (v. 37).

"Aucune Parole venant de Dieu n'est impuissante", généralement traduit par "Rien n'est impossible à Dieu" ce qui a le désavantage d'occulter le fait que Dieu parle à l'homme dans ses rêves, et que cette parole peut le guérir. Mais, d'après mon expérience, notre âme-Dieu ne peut guérir l'homme que si celui-ci comprend sa parole, car cette compréhension lui permet de faire la différence entre son ego et sa véritable identité. Le vrai coupable est alors identifié, et notre corps, accusé à tort, peut être réhabilité.

Le corps n'est pas notre ennemi.

Le corps a toujours posé un problème à ceux qui cherchent une évolution spirituelle. Que doit-on en faire? Les puritains le diabolisent, la plupart des Eglises cherchent à lui donner des limites étroites, ce qui ne révèle finalement que leur peur en face de la vie charnelle. Ceux qui choisissent une spiritualité fondée sur le sexe (le tantrisme) se laissent berner par leur ego, en croyant sincèrement (?) que leurs pulsions sexuelles peuvent les amener à Dieu... Toutes ces approches sont plus hypocrites les unes que les autres. Le corps existe, il a des besoins fondamentaux (= la nourriture et l'amour, mais aussi un minimum de confort et de sécurité). Il a le droit de vivre le mieux possible, dans la liberté et l'indépendance. Mais j'ai découvert aussi qu'il a un autre rôle, essentiel celui-là, bien qu'il puisse surprendre.

En effet, le corps sert à donner l'exemple.

Il montre à notre âme ce qu'elle doit accomplir sur le plan intérieur. Car autrement, comment le saurait-on? La plupart des modèles spirituels sont hautement intellectualisés et toutes les écoles affirment qu'il suffit de croire en leur fondateur. Mais croire ne suffit pas, on commence à s'en douter aujourd'hui. Alors, que faut-il faire? Voici une réponse, entièrement dictée par ma pratique de l'interprétation des rêves.

L'âme doit réussir sur le plan intérieur, ce que le corps accomplit spontanément (et réussit plus ou moins bien...) sur le plan extérieur. Cela pourrait bien être la solution, dans le sens d'un modèle enfin accessible...

Evolution du corps et de l'âme en parallèle.

Le corps grandit et devient adulte = L'âme doit elle aussi croître et devenir adulte.

On se marie et on a des enfants = L'âme aussi, doit se marier (= union du conscient avec l'inconscient devenu conscient) afin de donner naissance à la véritable identité humaine (= l'enfant Jésus pour les Chrétiens).

On travaille - dehors - afin de gagner sa vie = L'âme aussi doit travailler, afin de gagner sa vie (éternelle, celle-là). Il s'agit bien entendu du travail sur soi-même. A ce sujet, les rêves d'examen parlent de cet examen intérieur (connaissance de soi) auquel on échoue trop souvent quand on laisse l'ego (ou les parents) décider à sa place.

À la retraite, on se retire de la vie active = L'âme aussi, doit opérer des détachements (en particulier quand les enfants sont grands, et qu'il faut les lâcher).

Enfin, le corps meurt = Dans l'âme aussi, quelque chose doit mourir, et bien entendu, dans mon analyse, il s'agit de l'ego.

Quand cet ennemi meurt, l'homme accède à son paradis. Et je pense sincèrement que l'ego doit pouvoir mourir pendant la vie terrestre. Mais si on n'y arrive pas, il meurt de toute façon avec le corps, et c'est pourquoi, à mon sens, l'âme trouve la paix après le décès, selon l'expression connue "Il a rendu l'âme". À qui donc? à Dieu, probablement! "Dieu ait son âme" est une prière qui, je l'espère, est toujours exaucée...

Dans cette approche, le rêve joue le rôle des indices dans un jeu de piste. Il permet de savoir où on en est. Mais la vie extérieure aussi, permet de le savoir, selon la formule connue "Ce qui est dehors est comme ce qui est dedans." Tous les dysfonctionnements de notre humanité prennent leur source dans l'inconscience et l'incapacité à se libérer - des parents dehors - et de l'ego dedans.

Une nouvelle voie Psycho-théo-logique.

Ce mot pourrait faire fortune, car la logique interne de mon discours repose sur l'âme humaine (psyché), dont Dieu (théo) est le symbole le plus connu. Pour moi, psychologie et théologie sont deux entrées différentes pour traiter du même sujet, l'homme. Ces deux disciplines souffrent depuis longtemps - justement - d'un terrible manque de logique. C'est pourquoi....

.... Je vais achever cette étude des sectes et des religions en évoquant la discipline la plus moderne et la plus performante pour comprendre le monde, je veux parler de la science.

La science n'affirme quelque chose qu'après l'avoir vérifié par de multiples expériences. La prudence et la raison l'accompagnent constamment. Elle ne fonctionne jamais sur le postulat - parce qu'il est indémontrable. Elle formule des hypothèses, qu'elle soumet ensuite au verdict des expérimentations, afin de savoir si elles sont justes ou fausses. Dans le second cas, elle les met au panier.

Objectivement, c'est une démarche cohérente. Les sciences appelées "humaines" pourraient la suivre avec profit. Pourtant, rien n'est plus difficile à un maître - en philosophie, en religion ou en politique - que de reconnaître ses erreurs. C'est là qu'on peut voir l'oeuvre de l'ego, lorsqu'il n'est pas limité par des règles strictes. Une idéologie politique ou religieuse peut avoir des conséquences catastrophiques, ou être démentie par les événements, sans perdre tous ses adhérents.

C'est ainsi que de nombreux gourous et prophètes ont annoncé la fin du monde à des dates précises, et leurs adeptes n'ont rien vu venir. A la longue, cela a fini par leur servir de leçon. Personne ne connaît la date, disent-ils tous aujourd'hui. Cela est probablement d'autant plus juste que la fin du monde en question pourrait bien être intérieure, et parler de la fin du monde de l'ego.

De même, en psychologie, une théorie intellectuelle peut perdurer pendant des années, sans que son absence de résultats la remette sérieusement en cause. Et c'est encore plus vrai en politique...

Tout cela est exclu dans le véritable domaine scientifique, dont la rigueur est soutenue par les mathématiques et leurs mesures objectives.

Au cours de l'été 1997, dans une émission d'Arte - La légende des Sciences - Michel Serres a expliqué l'importance du code, c'est-à-dire de la langue spécifique à chaque discipline.

La première langue découverte fut celle des mathématiques. (Pythagore, 6ème siècle avant J-C, puis Euclide, 3 siècles plus tard). Les religions ont toujours été des entraves aux découvertes objectives, installant le chaos et l'obscurantisme jusqu'à la Renaissance.

La nomenclature nomma les plantes et les vivants, représentant chaque chose par un mot. (XVII° siècle).

Parallèlement, Lavoisier trouva et nomma les éléments qui forment les corps. C'était la nomenclature chimique, qui rendit obsolètes et incompréhensibles tous les traités de chimie précédents.

Newton appliqua à la physique l'intuition de Galilée, et découvrit la gravitation universelle. Cela eut une conséquence funeste pour l'oeuvre de Descartes, écrite en langue vernaculaire. Elle devint illisible, et même fausse. Pour un scientifique, ce n'est pas de la science, c'est du roman. Autre façon de dire que chaque science doit trouver son code - sa langue, afin d'être juste.

Au XIX°, les savants décodèrent le message transporté par la lumière. La décomposition de la lumière et son analyse spectrale furent une avancée importante dans le domaine de la science.

Le XX° découvrit le code génétique qui s'organise à partir de 4 notes GATC. La biochimie est écrite dans cette langue. La connaître est la condition nécessaire à la totalité des inventions futures...

En fait, Michel Serres expliqua très clairement que la langue servait de filtre. Si les connaissances précédant la découverte de la langue peuvent entrer dans son cadre, alors, on peut les garder. Elles sont justes. Sinon, elles sont à jeter.

Le dernier langage découvert est l'application de l'arithmétique binaire à la totalité des informations. C'est le fabuleux outil de l'ordinateur, qui permet de transmettre et de communiquer. Cela fait un total de sept langues, sept sciences.

Ainsi, chaque science doit découvrir sa langue. Cela permet de distinguer entre la science et l'histoire de la science. Cela permet aussi aux savants de s'entendre entre eux. Car la langue spécifique à chaque science s'accorde aux choses elles-mêmes, et accorde les hommes entre eux... a-t-il dit.

Bref, si on veut entrer dans la science, il faut en apprendre le code.

Cette série d'émissions me fit comprendre pourquoi les Sciences humaines ne sont pas vraiment prises au sérieux par les savants. Du reste les termes "psychologie" - "théologie" - "philosophie" - ne furent même pas prononcés. Ils sont bien trop entachés de flou, d'illogisme, d'intellectualisme. Et il faut bien reconnaître que dans ce domaine, l'humanité suit des modes plutôt que des règles sûres auxquelles elle pourrait se fier sans les remettre en cause tous les dix ans. Par exemple, dans les années 70, l'éducation des enfants a vu s'effondrer tous les anciens principes (un peu rigides, il est vrai) au profit du culte de l'enfant-roi. Cette nouvelle psychologie de l'enfant était fondée sur une permissivité qui a donné, on s'en rend compte aujourd'hui, une jeunesse déboussolée, sans règles, qui ne sait plus où sont ses limites, puisqu'on ne lui en a pas fixé, et qui bascule dans la drogue ou la délinquance.

Le discours des psychologues était donc faux, et même dangereux. Pourtant, même aujourd'hui, personne ne le dit clairement.

En même temps, on sent très bien que cette science est en plein essor. Psychiatres et psychanalystes sont de plus en plus demandés - et pourtant, de nombreuses critiques leur sont faites par ceux qui les ont pratiqués. Il y a peut-être là quelque chose à comprendre, qui pourrait être de l'ordre de ce que Michel Serres a si bien expliqué: le code - la langue - des sciences humaines, n'a peut-être pas encore été trouvé.

Or, ma lecture applique un code. L'inconscient parle une langue étrangère, dont la traduction permet de se comprendre et de se connaître. Quand on applique ce même code aux Ecritures sacrées, un sens apparaît, clair, intelligent, humain.

On peut en conclure que l'accès à l'âme humaine est crypté.

Quand Michel Serres parlait de code, cela ne pouvait que m'interpeller. Si on considère les différentes disciplines des sciences humaines, on est bien obligé de constater qu'elles ne s'accordent pas entre elles, et qu'elles n'accordent pas non plus les hommes entre eux. Les philosophes et les théologiens, les sociologues et les politiciens, les psychologues et les pédagogues, les psychanalystes et les psychiatres, ont peu de points de convergence. Les méthodes se suivent, la nouvelle ne mettant pas toujours au panier la précédente. Les découvertes qui doivent apporter des solutions définitives ne tiennent jamais bien longtemps.

C'est ainsi que l'enseignement voit se succéder des réformes auxquelles plus personne ne croit, que la politique s'adresse à un peuple qui ne va plus aux urnes, que le discours des psys est souvent controversé, et que le prêtre officie dans des églises vides.

Il serait peut-être temps de se demander si l'erreur fondamentale ne serait pas la confusion entre l'âme et l'ego.

Chaque être humain abrite deux personnes à l'intérieur de lui, qu'il soit enseignant ou politique, psy ou prêtre.

Son ego s'exprime toujours pour lui faire prendre la décision la plus néfaste pour lui et pour les autres.

Son âme s'exprime dans les rêves, à travers un langage spécifique qui n'a pas encore été décrypté.

Les multiples outils disponibles actuellement sur le marché de l'épanouissement personnel montrent à l'évidence que la demande est forte. Mais les résultats sont faibles.

On voit bien qu'il manque quelque chose pour unifier tout cela, pour mettre tout le monde d'accord. Il est quand même dommage, pour ne pas dire incroyable, que l'homme, qui a décodé le monde extérieur grâce au langage des sciences, se heurte à un échec quand il s'agit de se décoder lui-même, parce que le langage de son âme lui est resté inconnu...

Tout mon travail consiste à essayer de le déchiffrer. La traduction du symbole en est la clé. Si cela fait écho dans le coeur du rêveur, c'est qu'elle est juste.

Cette façon d'aborder les choses leur donne une remarquable profondeur et éclaire d'un jour nouveau l'histoire personnelle de chaque individu. La conquête que l'homme doit maintenant accomplir, c'est celle de son monde intérieur. Selon mon analyse, il ne pourra le faire qu'en comprenant la langue de son inconscient. Les rêves sont écrits dans cette langue, les Ecritures Sacrées aussi. Cela lui permettra de prendre conscience de son ego, et de lui enlever le pouvoir que celui-ci exerce depuis toujours, en lui et autour de lui. Il cessera alors d'appliquer la lettre qui tue, pour accéder à l'Esprit qui donne vie.

Cette nouvelle approche de l'être humain pourrait s'appeler la Psychothéologie, et la méthode que j'ai nommée Egostracisme est l'outil que je propose pour résoudre les multiples problèmes auxquels notre humanité est aujourd'hui confrontée.

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