Les Sectes et leur Fonctionnement

Contenu de ce dossier :

- Une analyse de quelques sectes. Témoins de Jéhovah, Scientologie, Mandarum de Castellane.

- Les gourous. Comment les reconnaître.

- Une lecture-traduction de deux livres modernes. Le sang de l'Alliance, et Kryon.

Quelques sectes.

Les trois grandes religions révélées (l'Ancien Testament, le Nouveau et le Coran) ont déifié la famille en lui accordant d'énormes pouvoirs, à partir du moment où cette famille est croyante, bien entendu. L'autorité parentale est certes justifiée jusqu'à l'adolescence, mais elle est inacceptable à l'âge adulte.

À l'inverse, les multiples sectes modernes ont plutôt tendance à diaboliser cette même famille, pour la même raison, mais à l'envers, car l'adulte qui entre dans une secte est obligé de se démarquer de l'éducation qu'il a reçue (religieuse ou non). En revanche, une fois qu'il est intégré, son pouvoir sur ses propres enfants est entériné, parce qu'il véhicule et met en oeuvre les convictions du gourou. J'ajoute que, la plupart du temps, les disciples commettent d'odieux abus de pouvoir sur leurs propres enfants, au nom de l'enseignement du gourou, ce qui est tout de même un comble...

C'est pourquoi ce sont souvent les enfants, une fois devenus adultes, qui s'insurgent contre cette dictature en fuyant le milieu où ils ont été élevés.

Les deux mécanismes sont aussi néfastes l'un que l'autre, même si la deuxième approche s'appuie au départ sur le refus des abus de pouvoir venant des parents. On les acceptait autrefois. Plus maintenant. Les gourous de tous bords ont exploité ce nouvel état d'esprit, de façon plus ou moins consciente. Pourtant, un enseignement qui débouche sur des ruptures affectives douloureuses est forcément sujet à caution, (surtout s'il remplace la dépendance envers les parents par la dépendance envers le gourou).

S'il faut aimer son prochain, on se demande par quelle étrange contradiction il faudrait en même temps détester sa famille, qui est composée des prochains les plus proches. Certes, elle est parfois détestable. Mais la rupture n'est jamais une solution. Couper son cordon est bien préférable, car cela enlève tout pouvoir aux parents, et installe en général des relations sereines, puisque le jeune adulte n'a plus besoin de se protéger de son père ou de sa mère. Dans ce cas, les tensions tombent automatiquement.

Les Témoins de Jéhovah.

Leur interdiction absolue de consommer du sang est étendue aux transfusions, susceptibles pourtant de sauver leur vie ou celle de leurs proches en cas d'accident ou de maladie grave. En effet, c'est écrit dans la Bible. C'est vrai.

Voici le texte (Lévitique 7. 26-27), ou plutôt un des textes.

"Où que vous habitiez, vous ne mangerez pas de sang, qu'il s'agisse d'oiseau ou d'animal. Quiconque mange du sang, quel qu'il soit, celui-là sera retranché de sa race."

Certes. Mais la Bible contient beaucoup de textes d'auteurs différents. Dans Ezéchiel (39. 18-19) par exemple, on trouve exactement l'ordre contraire.

"Vous mangerez la chair des héros, vous boirez le sang des princes de la terre. Ce sont tous des béliers, des agneaux, des boucs, des taureaux gras de Bashan. Vous mangerez de la graisse jusqu'à satiété, et vous boirez du sang jusqu'à l'ivresse, en ce sacrifice que je vous offre."

On voit par cet exemple combien il est inconfortable de lire la Bible au premier degré. Cela peut aller jusqu'à l'imbécillité. Effectivement l'ego est un imbécile, mais c'est un imbécile qui se prend pour Dieu. En face de lui, l'être humain est un petit enfant crédule, c'est pourquoi il se laisse prendre. Si notre humanité accède à l'âge adulte, elle cessera de croire les discours creux, invérifiables ou inacceptables de l'ego.

Voici donc une autre lecture, qui rend au texte 1 sa valeur symbolique.

Le sang représente la souffrance de l'âme blessée, qui saigne. Le Lévitique s'adresse à l'ego pour lui interdire de se nourrir de cette souffrance. L'oiseau = l'âme, et la plupart des animaux symbolisent l'être humain, vu dans son corps terrestre. On peut y voir aussi les instincts, que l'ego tyrannise, en décidant, par exemple, l'abstinence (au nom d'une pseudo-spiritualité), ou au contraire, en alimentant des pulsions sexuelles désordonnées. Le texte est formel, l'ego sera retranché de la race (=l'homme), parce qu'il fait souffrir son âme et son corps.

Ezéchiel, alors, s'éclaire sans problème. D'autant plus que le symbolisme des princes de la terre, est assez connu. Il s'agit de Satan = l'ego (n'oublions pas de traduire). Le sacrifice que Dieu offre à l'homme, c'est celui de son ego, qui repose sur l'inversion des rapports de forces. Dans ce texte-là, les animaux symbolisent donc l'ego qui, au lieu de "bouffer" l'homme, sera enfin "dévoré" par lui. Cette traduction fait apparaître bon sens, logique, rigueur et intelligence. On n'en attend pas moins de Dieu - s'il existe !

Le règne de Dieu. Les Témoins de Jéhovah croient sincèrement que Dieu installera la paix sur la terre, avec ceux qui se seront conduits en justes (c-à-d avec eux), selon ce modèle (Esaïe, 65. 25).

"Le loup et l'agnelet paîtront ensemble, le lion, comme le boeuf, mangera de la paille, et le serpent se nourrira de poussière. On ne fera plus de mal ni de violence dans toute ma montagne sainte, dit Jéhovah."

Là encore, le plan extérieur est navrant de naïveté enfantine.

L'ego conforte cette vision du premier degré en persuadant l'homme que la toute-puissance divine est forcément liée à des miracles spectaculaires, comme bouleverser l'ordre des choses, ou échapper aux lois de la physique. C'est faux. Encore une fois, si Dieu existe, c'est lui qui a installé les lois de la nature. Pourquoi devrait-il les transgresser ? Le seul miracle à attendre, c'est que l'homme comprenne le sens symbolique de cette nature, dans laquelle l'ego est le maître. Mais on ne demande pas aux animaux de sauver leur âme. En revanche, l'homme, qui partage l'ego avec le règne animal, doit en devenir le maître. Là sera le vrai miracle.

La traduction de ce passage s'appuie, comme d'habitude, sur l'intériorisation et la valeur des symboles. La situation décrite est donc celle d'un homme nouveau, pleinement conscient (ma montagne sainte). L'adjectif possessif semble dire que cet homme-là appartient vraiment à Dieu. Le loup, le lion et le serpent sont des symboles de l'ego, alors que l'agnelet symbolise ici l'enfant psychique (= la véritable identité de l'être humain), né de et dans son âme (la brebis), ainsi que je l'ai expliqué un peu plus haut. Le boeuf = l'homme, quant à la poussière, elle représente ce qui est terrestre, et donc mortel.

À la lumière de ces équivalences, le texte signifie quelque chose en lien avec un comportement humain, nouveau.

Dans l'âme de l'homme pleinement conscient, le loup-ego pourra cohabiter avec l'enfant de son âme (=sa véritable identité=le fils de l'homme=l'agneau) sans le mettre en danger. Le lion-ego cessera de déchirer l'homme-boeuf pour se nourrir de lui, et le serpent-ego se contentera de ce qui est terrestre, sans empiéter sur la spiritualité de l'âme.

Mais il semble évident que, pour que cela se produise, il est indispensable que l'homme sache qu'il abrite en lui un ennemi capable de le pousser à toutes les perversions, son propre ego. Je développe ici les perversions religieuses, mais le plan social et politique n'est pas mal non plus (cf Délinquance et Criminalité ). On peut aussi consulter le dossier sur la Psychiatrie.

La Scientologie.

D'après ce que je sais, les scientologues privilégient l'intellect, et considèrent le rêve comme une réaction de l'inconscient. Or, l'inconscient est pour eux l'ennemi à abattre, l'empoisonneur, la source du "mental réactif". Il va faire vivre une situation nouvelle avec tout le bagage du passé: agressivité, colère, rancune... et cela cause une déviation de la conscience, une émotion, un acte manqué....Ils ont un mot favori, qui revient tout le temps, "aberration". Ce mot exprime la déviation de la conscience. Selon mon analyse, leur confusion est totale entre l'inconscient et l'ego, qui est notre seul véritable ennemi. J'ajoute que l'outil favori de l'ego est le mental (cet intellect qu'ils privilégient).

Cette confusion est visible grâce à un détail. Ils ont un symbole révélateur sur tous leurs classeurs de cours, du niveau zéro au niveau 9, un lion en marche. Ce symbole de l'ego leur est manifestement inconnu.

Par ailleurs, un cours de Neuf niveaux (= les neuf mois de la grossesse) montre à l'évidence que leur limite est aussi celle de l'infantilisme.

Dans la mesure où tout se vend, chez eux, et se vend cher, leur système financier devrait les mettre sur la voie de ce qui se joue en réalité, dans leur entreprise soi-disant religieuse. Mais ils s'arrêtent à l'apparence, et s'arcboutent farouchement sur les certitudes que leur ego a distillées en eux. Ils sont complètement identifiés à leur lion-ego. Je tiens tout cela d'un jeune homme qui les a fréquentés un certain temps, puis les a quittés. Il est même allé aux Etats-Unis, où il a vu clairement leur côté façade, avec les grades affichés sur les vêtements. Ceux qui ont fait tout le parcours sont des O.T.IX (= Operant Thetan IX. Thetan = Theo = Dieu)...

"Un matin, au petit-déjeuner, j'étais assis près d'une femme hautement gradée (O.T.VIII), et dans son regard, j'ai vu une profonde tristesse, comme si le malheur qui occupait son âme était tout à coup visible. Je me suis alors demandé si le but recherché par la scientologie n'était pas un leurre pour les scientologues eux-mêmes. Aujourd'hui, je les ai quittés. Je ne regrette pas l'incursion que j'ai faite chez eux. Mais je les plains, car je vois clairement que l'ego les a entièrement récupérés, et ils ne le savent pas."

Ils ne sont pas les seuls.

Le mandarum de Castellane.

Gilbert Bourdin, accusé d'abus sexuels et emprisonné, est maintenant décédé. Ses disciples, paraît-il, attendent son retour. Comme chez tous les gourous victimes de leur ego, on trouve chez lui un indice extrêmement révélateur, le gigantisme de ses statues. C'est une manifestation visible (et sans erreur possible) du fonctionnement de l'ego, qui veut toujours être le premier, le plus grand, le plus puissant. Si l'humanité savait lire les signes de façon claire, elle ne serait plus la proie de son ego, non pas seulement parce qu'il n'y aurait plus de fidèles, mais surtout parce qu'il n'y aurait plus de gourous. C'est en effet à la source qu'il faut donner l'information car, je le répète, le gourou est toujours la première victime...

Les sectes gnostiques.

Elles pullulaient aussi il y a deux mille ans. Toutes sont fondées sur la méconnaissance des symboles. Je n'en donnerai qu'un exemple magistral. Les Ophites, adorateurs du serpent, étaient complètement inconscients de sa signification. Ils avaient déifié leur ego sans le savoir.

Les indices pour détecter une secte sont relativement simples. Ce sont des signes qui permettent de reconnaître l'ego et son fonctionnement, toujours fondé sur le pouvoir, l'exclusion et l'intolérance. La liste est longue... Le fondamentalisme. L'obligation de penser comme le Maître. Le symbole choisi (dragon, lion, animal). Le gigantisme (visible aussi chez tous les dictateurs dans leurs immenses effigies, photos ou statues). La souffrance donnée comme une voie. Le jugement. La certitude d'avoir raison. L'emprise sur les fidèles. Décider de leur vie. Les utiliser sexuellement. La nécessité de donner son argent. La croyance en l'invérifiable. Là, on débouche sur le dogme, qui est à la fois la force (brute) et la faiblesse (pied d'argile) de toutes les religions.

Finalement, on pourrait dire que le gourou se flatte de connaître toutes les réponses. C'est pourquoi il faut se méfier de lui.

Le vrai maître pose des questions. C'est ce qui permet au sujet de trouver ses propres réponses. Si ce n'est pas le cas, c'est que la question était mal posée, ou non pertinente. C'est le test le plus révélateur.

En conclusion, on pourrait dire que le vrai maître n'a de certitudes qu'en ce qui le concerne lui-même, ce qui exclut le recrutement de disciples. Autrement dit, les vrais maîtres n'existent pas. En revanche, le seul maître possible est intérieur, c'est l'être humain lui-même, lorsqu'il est devenu le maître de sa propre vie, sans vouloir gouverner celle des autres.

Comment devient-on Gourou ?

La prolifération des sectes est assortie d'abus de toute sorte. Le grand argument de leurs fondateurs, c'est que les disciples sont d'accord avec ce qu'ils subissent. Le jour où ils se réveillent, et comprennent véritablement ce qu'on leur a fait, les choses sont portées devant un tribunal, et les deux parties s'affrontent sans que jamais le maître spirituel ne reconnaisse les faits. C'est, me semble-t-il, le fond du problème. On les accuse d'imposture, de charlatanisme, d'abus de pouvoir. Ils nient tout cela en bloc. Comment est-ce possible? Pourquoi ne reconnaissent-ils rien? Pourquoi n'ont-ils pas l'ouverture d'esprit (ou la sagesse) de prendre en compte le discours de leurs anciens disciples? Aujourd'hui, presque tout le monde sait que la remise en cause de soi est un moteur essentiel pour sa propre évolution. Pourquoi les gourous semblent-ils ne pas le savoir?

La première réponse, c'est qu'ils sont sincères, tout aussi sincères que leurs disciples, qui croient en eux. Autrement dit, ils sont - les premiers - abusés par leur propre ego, qui abuse ensuite leurs disciples.

La deuxième réponse, c'est qu'ils sont complètement identifiés à cet ego. Sans quoi cela ne marcherait pas. C'est leur ego qui parle à leur place, et on ne discute pas avec l'ego.

C'est encore dans les Ecritures qu'on trouve la confirmation de cette approche (Luc, 17. 21).

"Le royaume des cieux est au milieu de vous." Chouraki traduit "Le royaume des Cieux est en vous".

Il y a en effet deux significations possibles.

- Celle de l'église, traditionnelle, identifie le Christ à un être humain extérieur, autour duquel gravitaient les disciples (douze autres êtres humains). Cette approche ouvre la voie à tous les soi-disant maîtres spirituels, qui se croient missionnés de Dieu et cherchent des disciples, en ré-éditant l'histoire d'un Jésus-gourou. L'Eglise se gendarme contre eux, mais elle a été la première à en profiter.

- Celle du "mysticisme" moins répandue, mais également connue, qui comprend la venue du Christ comme une aventure intérieure, comme une naissance personnelle, entérinée par la parole de Paul "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi." Toutefois, nous venons de voir que même les mystiques ont pu se laisser abuser par leur ego.

Car tout le problème est de savoir qui est vraiment cette instance, dont les gourous disent être l'incarnation, ou le récepteur. Je tiens à préciser que les gourous en question ne sont pas forcément orientalistes, ou teintés d'un bouddhisme douteux. Ils sont aussi des religieux fanatiques de tout ce qui est écrit dans la Bible. Les fondamentalistes qui lisent les évangiles au premier degré, certains pasteurs, dits "charismatiques", animés d'une ardeur sincère, brandissent le Christ comme un drapeau, et magnifient un obscurantisme auquel ils croient. C'est en fait leur sincérité qui les rend dangereux. ils sont convaincus que leur compréhension des textes religieux est parfaitement juste. Et ils pensent que c'est Dieu qui leur parle, dans leur intimité.

Je fais l'hypothèse qu'ils sont victimes de leur propre ego, et qu'en réalité, c'est lui qui leur parle. Mais ils ne le savent pas.

Des lectures révélatrices.

Un discours religieux fondamentaliste.

On peut lire l'ouvrage récent d'un pasteur américain, dont la sincérité n'est pas à remettre en cause. Il dit qu'il dialogue avec Dieu lui-même (Benny Hinn, Le sang de l'Alliance).

"Seigneur, que puis-je faire pour te plaire ?" Et il me répondit ceci : "Le plus grand de mes plaisirs, c'est que tu me laisses faire ton ouvrage !"

Une fois de plus, c'est l'explication de texte, fondée sur le sens des mots, qui peut donner à réfléchir. En effet, c'est le mot plaisir qui a été prononcé, mot qui relève du plan terrestre.

Quand on voit la lecture fondamentaliste faite par l'auteur des passages bibliques cités, on peut s'inquiéter à juste titre. Certes, je souhaite me tromper, mais cette phrase me semble être dite par l'ego, qui prend en effet un grand plaisir à pouvoir agir sans entrave à l'intérieur d'un homme d'église. L'ouvrage en question pourrait bien être, en effet, ses écrits sur son interprétation de la Bible. L'ego a généralement des paroles de séduction au départ, puis, quand son emprise est bien établie, il devient de plus en plus exigeant, et pousse le sujet dans des extrêmités inacceptables (cilice, sévices physiques, abus de pouvoir sur autrui, puritanisme, interdits multiples et malsains), ou même, il montre son vrai visage, et devient Satan lui-même, ce qui a été le cas de Martin.

En ce qui concerne cet auteur américain, son discours a pour fondement la souffrance de Jésus (son sang), et magnifie à outrance cet événement ignoble, donné comme la grâce et la guérison de tous nos péchés. Beaucoup de gens intelligents s'interrogent sur un Dieu qui aurait donné son Fils en pâture à la barbarie humaine, tout en affirmant son amour pour l'homme. Cette ignominie inacceptable ne peut être imputée à Dieu, s'il existe. En revanche, on peut l'imputer à l'ego, qui ne cherche que la souffrance de l'homme, afin d'asseoir dessus son propre pouvoir. Et l'homme accepte naïvement son discours, parce qu'il croit sincèrement que la souffrance est rédemptrice, à cause de la lecture de l'Eglise, et de l'histoire des "Saints" universellement tragique. Mais Jésus n'a pas voulu souffrir: "Père, éloigne de moi cette coupe." (Luc, 22. 42). Pourquoi son Père n'a-t-il pas répondu à cet appel?

Encore une fois, c'est parce que l'homme-Jésus, dans cette histoire, s'est fait berner par son propre ego (= Judas). La crucifixion qu'il a subie est probablement psychique, selon l'expression: "Cela m'a crucifié". Son ennemi intérieur l'a entraîné jusqu'au Golgotha, grâce à un discours intellectuel, qui n'avait rien à voir avec la volonté d'un Dieu d'amour. Mais naturellement, dans cette optique, son aventure fut intérieure, du début jusqu'à la fin, et s'il a réussi à se libérer, chacun d'entre nous peut le faire aussi. Pour cela, il faut faire la différence entre le discours de notre ego et celui de notre coeur. Si Dieu existe, c'est là qu'il loge, car le coeur est le siège de l'âme. Le mental, au contraire, est le Golgotha (=lieu du Crâne), outil de l'ego, dont certaines lettres sont visibles dans le mot lui-même...

Chacun d'entre nous est susceptible de faire la confusion entre les deux instances qui cohabitent à l'intérieur de nous, notre âme (=notre véritable identité) et notre ego (=notre faux-self).

La Bible est en fait un grand livre de psychologie, et nous les présente constamment, mais de façon cryptée, symbolique, exactement comme nos rêves. Dans cette approche, l'ego (=Caïn et Esaü) est le véritable prédateur de l'âme (=Abel et Jacob), ainsi que tous les frères aînés = les premiers-nés= l'ego, dont la présence précède la naissance du conscient, véritable identité de l'homme.

Mais l'âme et l'ego sont aussi symbolisés par Moïse et Pharaon, Jésus et Hérode, ou Jésus et Judas, ou Jésus et les Pharisiens. Les docteurs de la loi sont en effet une représentation parfaite de l'ego, qui s'appuie sur les Ecritures en les gardant au premier degré, tout comme les prêtres, les pasteurs, les rabbins, les lamas et les gourous. Or, cela provoque en l'homme des blessures profondes et quelquefois sa destruction. Cela a fait souffrir l'homme Jésus, tant qu'il a cru que le sacrifice qu'il devait faire était celui de son âme, alors que c'était celui de son ego. C'est cela qui l'a crucifié... L'Eglise en a conclu que la souffrance était une rédemption, alors qu'elle est seulement la preuve de la malfaisance de l'ego dans le monde intérieur de l'homme, y compris dans celui de cet homme qui s'appelait Jésus.

Un pasteur qui demande à Jésus de le protéger en le couvrant de son sang, peut s'attendre à voir cette prière exaucée par son ego, qui jubile probablement à l'intérieur de lui... S'il s'agit vraiment là d'une dramatique erreur d'interprétation, c'est en même temps une explication très simple à toutes les souffrances qui s'étalent à la surface de la terre. Est-ce Dieu qui les a voulues? Non. C'est seulement la réponse de l'ego à une attente spirituelle vraie, mais dévoyée par cet ennemi intérieur. Le Troisième Commandement nous met en garde contre lui (Exode, 20. 7)."Tu ne prendras point le nom de l'Eternel, ton Dieu, en vain."

Cet ordre s'adresse à l'ego, et lui interdit de parler au nom de Dieu. Il ne s'en prive pourtant pas, et l'homme ne pourra l'en empêcher que s'il prend conscience de cet état de fait. Je rappelle que l'Eglise en a seulement conclu qu'il était interdit de jurer par le nom de Dieu... (Cliquer dans le Menu sur Les Dix Commandements).

Un livre révélateur : Kryon.

On peut identifier l'ego grâce à la symbolique - si on la connaît. J'ai eu entre les mains un ouvrage incroyable, dicté à un américain naïf par une "entité" se présentant comme "Kryon", et annonçant la venue de son règne sur la terre "pour ajuster le réseau des méridiens", entre autres sottises. Tout ce qu'il dit est invérifiable et teinté d'un modernisme douteux. "Salutations ! Je suis Kryon, du Service magnétique"... Heureusement, il donne aussi la preuve de son identité véritable.

"La somme des chiffres de mon nom donne 11. Ce nombre est significatif et décrit encore mieux qui je suis pour ceux qui possèdent un sens intuitif de la numérologie. (...) Le nombre 11 vous révèlera mon caractère."

Effectivement, car le UN symbolise l'ego, qui veut toujours être le numéro 1, et le ONZE parle des résistances de cet ego, capable d'installer son pouvoir à l'intérieur de n'importe qui (Lee Caroll se présente comme un homme d'affaires). Dans les rêves, le chiffre 11 met toujours l'ego en scène.

Autre preuve: "L'amour, c'est le pouvoir" affirme Kryon. Faux : l'amour, c'est le respect et la tolérance. Du reste, tout ce livre ne parle que des pouvoirs que ceux qui croient en lui obtiendront, et des souffrances qu'ils devront endurer pour les obtenir. Le culte de la souffrance est encore le signe de l'ego.

Il faut demander de recevoir "l'implant"... La naïveté de ceux qui croient en ce ramassis de sottises n'a d'égale que la perversité de cet ego, capable de tromper l'homme en lui faisant croire qu'il peut être heureux en faisant l'impasse de la découverte de lui-même, c-à-d de la connaissance de soi. La voix a le toupet de dire: "L'ego sera votre pire ennemi." (p.56). Cela suggère une confusion avec l'âme, présentée comme l'ego-ennemi, si elle rejette ce discours. Par ailleurs, l'ego est présenté comme "un attribut important de votre personnalité" (p.164), plus du tout négatif, ce coup-ci, ce qui est en concondance avec une phrase à double-sens.

"Je ne m'appelle pas réellement Kryon et je ne suis pas un humain." (p.14). On peut comprendre "En fait, je suis le Christ, et je suis un esprit", alors que cela signifie "Je vous ai caché ma véritable identité et je ne suis pas un humain, je suis un animal."

J'ajoute que Kryon peut se lire en anglais "Cry on" = Crier / pleurer / sans s'arrêter. Là aussi, on a un double sens, où on entend clairement la souffrance de l'homme.

Ce second sens est confirmé par un autre indice qui permet d'identifier l'ego de façon sûre. "Il est nécessaire qu'une partie importante de la population meure, pour assurer l'équilibre de la planète Terre."

Cela rappelle le verset vu plus haut, Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple. Quand un leader politique ou religieux fonde la promesse du bonheur de l'humanité sur sa destruction partielle, on peut être certain que c'est l'ego qui parle. Car avec de la souffrance, on ne peut fabriquer que de la souffrance. Accepteriez-vous que votre bonheur se fasse au prix de la mort de votre frère ou de votre enfant? Est-ce acceptable? Si Dieu existe, il est amour, et il ne peut imposer cela à l'homme. Mais encore une fois, un autre sens est possible, si on intériorise cette phrase.

Il est nécessaire que l'ego (cette partie importante de la population interne) meure, pour assurer l'équilibre de l'être humain.

Seule, la traduction rend cette phrase complètement vraie, car alors, la parole se retourne contre l'ego lui-même, et libère l'âme. J'ajoute que l'être humain en question est d'abord l'auteur du livre. Je serais curieuse de savoir comment il évolue. Quand il diffuse le discours de son ego, tous ceux qui y croient deviennent - comme lui - des proies potentielles.

En ce qui concerne l'implant, ceux qui lisent ce livre peuvent se référer à Marc (15. 12).

"Toute plante qui n'a pas été plantée par mon Père sera déracinée."

J'espère sincèrement que cet implant-là n'ira pas bien loin.

Cet exemple illustre parfaitement comment naissent les sectes.

Le sujet est totalement sincère. Il ignore que c'est son ego qui lui distille des sornettes, et il les répand autour de lui. Toutefois, si l'humanité connaissait la vraie valeur des symboles, y compris la symbolique des chiffres, le Onze aurait alerté l'auteur, et il n'aurait pas donné suite.

Nous sommes tous deux à l'intérieur.

Voici une autre clé. L'Eternel est toujours décrit comme à la fois:

- un Dieu plein d'amour pour sa créature,

- un Dieu dont la colère peut s'enflammer contre cette même créature.

Les croyants ont souvent beaucoup de mal à s'y reconnaître, et cherchent naturellement à obéir à ce Dieu qu'ils vénèrent sincèrement. Hélas, ils sont souvent si peu récompensés que certains cessent même parfois de croire en lui. Mon explication est simple. Si l'âme et l'ego cohabitent à l'intérieur de chaque être humain, il semble évident, en effet, que l'amour de Dieu va vers la première, qui souffre du joug du second, et que sa colère s'adresse à l'ego, dont il connaît les motivations secrètes. L'important est donc de ne pas s'identifier à cet ego, de se démarquer de lui, afin de pouvoir vivre enfin la sollicitude divine.

Hélas, l'ego fait croire à l'homme que Dieu le comblera s'il obéit à ses ordres au premier degré. Du coup, l'être humain est persuadé que le baptême se fait dans une eau extérieure, et que tous les rituels doivent, de même, être accomplis par son corps. En fait, si Dieu existe, il lui demande de les accomplir dans son âme. Or, le rêve montre la situation psychique réelle de cette âme. Et comme l'homme ne commande pas ses rêves, il est bien obligé d'attendre qu'un rêve d'eau vienne lui dire qu'il est effectivement entré dans son inconscient (= qu'il a vraiment commencé à y laver son âme).

Ceci débouche sur l'hypothèse que tout ce qui nous est relaté dans les Ecritures correspond à des événements psychiques, parfois liés à certains événements historiques qui leur ont servi de cadre, (exactement comme dans les rêves), parce que leur valeur symbolique était parfaitement adaptée à la situation personnelle des différents auteurs. Or ma pratique professionnelle confirme cette hypothèse. Quand un rêve met en scène un événement extérieur, c'est que celui-ci correspond symboliquement à la situation interne du sujet. De plus, beaucoup de rêveurs ont des rêves très proches de situations "bibliques", alors même qu'ils ignorent les textes auxquels ces rêves font référence.

Celui qui n'a pas eu de rêve d'eau (ou de naissance), n'a pas vraiment avancé dans son chemin spirituel. Et, pire encore, celui qui a rêvé du Christ, n'a rêvé que de son ego. Désolée pour les gourous de toute obédience, et pour les autres aussi, mais je crains fort que ce que je viens de dire ne soit très vrai.

Cela expliquerait aussi pourquoi notre humanité se trouve dans une impasse.

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