DELINQUANCE ET CRIMINALITE

L'insécurité est devenue le leitmotiv des partis politiques, et de tous les analystes de notre société. Deux outils sont constamment proposés : l'éducation et la répression. Or, la seconde fait partie de la première, car elle pose des limites à l'intérieur desquelles l'éducation devient possible. Mais de quelle répression s'agit-il ? Pour moi, elle ne peut être que personnelle et intérieure...

La psychologie de l'enfant.

Tout être humain est double, c-à-d qu'il porte à l'intérieur de lui deux instances opposées. L'une est humaine, c'est sa véritable identité. L'autre est animale : c'est un ennemi d'autant plus puissant qu'on n'en a pas conscience. Si je crois être cet autre, à l'intérieur de moi, cela lui donne automatiquement tous les pouvoirs. Il va penser, parler, agir à ma place, il va en quelque sorte me vampiriser. Par voie de conséquence, je vais être incapable de mettre en oeuvre mes vrais désirs et mes besoins légitimes. Cet autre va vivre ma vie à ma place, en utilisant mon corps, à l'intérieur duquel nous cohabitons lui et moi. Cet autre, je l'appelle l'ego. Il siège essentiellement dans ma tête. Ma véritable identité siège dans mon coeur. Je l'appelle l'âme.

Origine. Nous sortons tous de l'inconscience totale. Notre humanité se mesure à notre niveau de conscience. Il suffit pour s'en convaincre d'imaginer l'homme préhistorique, et de le comparer à l'homme moderne. Le gouffre entre les deux est tout aussi énorme que celui qui sépare un être humain adulte de son niveau de conscience pendant sa petite enfance. C'est la raison pour laquelle notre inconscience de départ est totalement habitée par notre ego-animal, qui doit céder peu à peu la place à notre âme-humaine.

Chez un enfant, cette dualité apparaît dès les premiers mois, et quelquefois dès la naissance (cf Psychiatrie et Santé mentale dans le menu). En effet, l'enfant dit "Moi" avant de conjuguer ses verbes avec "Je". Ego est un mot latin, qui signifie "moi". Mais, même avant de parler, l'enfant peut faire des caprices inacceptables, manifester une volonté de fer, résister à tous les discours éducatifs. C'est le propre de l'ego : on ne discute pas avec l'ego, que ce soit celui d'un bébé, d'un enfant, d'un adolescent, d'un adulte ou d'un vieillard, fille ou garçon, homme ou femme. Il est toutefois évident qu'il est plus facile de maîtriser l'ego d'un bébé de huit mois, que celui d'un adulte de quatre-vingts kilos...

Le dialogue avec un enfant suppose qu'il puisse répondre. Le dialogue est certes nécessaire, mais ne peut être suffisant (sauf cas exceptionnel) pour un bébé qui ne parle pas. En général, dire Non et rester ferme sur ses positions, suffit pour que l'ego de l'enfant comprenne que ce n'est pas lui qui commande. Si cela se révèle être inopérant, une bonne fessée peut être très utile. Cela calmera l'ego, et libèrera la petite âme de l'enfant, car il est bien entendu incapable de se réguler lui-même, c-à-d de contrôler son animal intérieur. Cela le rend très malheureux, car il est avant tout un être humain, et ses parents doivent l'aider à privilégier les valeurs de son coeur, afin qu'il puisse accéder à sa véritable identité. Au contraire, céder à tous ses caprices, c'est nourrir la volonté de son ego, et donc le déconnecter de son être véritable. Un enfant qui est la proie de son ego n'est jamais satisfait, pleure, trépigne, hurle, ce qui est à l'évidence la preuve qu'il n'est pas heureux. Son ego a pris le pouvoir, et cela ne peut être satisfaisant pour personne : ni pour lui, ni pour sa famille.

En grandissant, l'ego devient de plus en plus odieux, si personne ne lui pose de limites. Du reste, si l'enfant prend conscience que son comportement est intolérable, il arrive qu'il le régule lui-même tout seul. Cela peut se faire, et se fait souvent, vers sept ans, le bien nommé "âge de raison". Mais cela n'est pas automatique. Si l'enfant est complètement identifié à son ego, ses parents sont vite débordés, et plus rien ne peut le soulager. Il devient sourd, buté, hostile : on ne discute pas avec l'ego. Si on ne fait rien, plus le temps passe, plus l'ego prend de la force, cette force qui vient grâce à la croissance physique. On peut encore être le maître d'un enfant de dix-huit mois, mais un gamin de dix ans peut être ingouvernable. C'est alors la délinquance qui se profile à l'horizon de sa vie. Une seule voie (à mon sens) est alors possible : lui faire prendre conscience de son ennemi intérieur, cet ego qui le gouverne et lui fait commettre des actes indignes, sur lesquels il ne peut porter de jugement, tant que c'est l'ego qui répond à sa place, puisque c'est l'ego qui a agi, et qu'il estime que tous ses actes sont justifiés.

Voici un exemple flagrant.

Des parents m'amènent leur enfant de sept ans. Ils sont visiblement débordés par son comportement. Il est agressif, désagréable, à la limite de l'insolence. Je lui explique qu'il y a deux petits garçons à l'intérieur de lui. Celui qui habite dans son coeur est le vrai petit Hugo, l'autre est un ennemi. Je le nomme : ego. Je lui fais remarquer combien les deux mots sont proches, et qu'il peut glisser facilement vers le second, et devenir cet autre, cet ennemi. En général, les enfants sont soulagés et tout de suite d'accord pour essayer de se débarrasser de leur ego. Lui, non. Manifestement, c'est son ego qui me répond, et je n'arrive pas à me connecter au vrai Hugo. Je lui demande s'il se souvient d'un rêve. "Non !" Le ton est rogue. Je lui propose de faire un rêve éveillé. Il s'allonge sur les coussins : "Je suis bien obligé. Mais je m'en fiche."

Je lui suggère de voir un crocodile, un fauve, un serpent. Il les voit sans problème, mais lorsque je lui explique que ce sont des images de son ego, car l'ego est un animal, il réagit violemment : "Non ! l'ego est pas un animal !" Il refuse de les tuer, ou de les chasser, ce qui est indispensable s'il veut reprendre le pouvoir. Il est clair que ce n'est pas lui qui parle, c'est son ego, et bien entendu, l'ego ne veut pas lâcher le morceau. Je finis par douter d'arriver à un résultat. Les parents assitent à la scène, totalement impuissants aussi. Pourtant, la maman lui dit tout à coup qu'il doit être bien malheureux pour réagir de la sorte. Je vois à ce moment-là une larme couler de ses yeux fermés.

La méchanceté n'est souvent que le signe d'un grand désarroi intérieur: quand on est heureux, on n'est pas méchant. C'est l'ego qui a peur, ce qui le rend méchant, et c'est alors le coeur, l'être humain, qui est malheureux... Je le lui explique. Il résiste toujours. En désespoir de cause, sachant que la parole de l'ego passe par la gorge, je tente une expérience de jeu vidéo.

"Imagine ton estomac. Tu le vois ? Bien. Il y a un serpent dedans. Tu ne peux pas garder un serpent dans ton estomac. Tu es d'accord ? Bon. Alors, enlève-le. Sors-le avec ta main virtuelle, et jette-le."

Il le fait. "Oui. Et alors ?"

Toujours ce ton agressif... "Regarde encore. Il y en a un autre. Le vois-tu ? Enlève-le aussi." ... "C'est fait !"

Le ton est excédé. "Retournes-y. Il y en a d'autres."... "C'est vrai. Y a un nid..."

Je lui dis de tous les enlever, de prendre son temps, de bien vérifier qu'il n'en reste pas... Un petit silence s'installe, au bout duquel nous entendons tout à coup une petite voix de bébé dire : "Ca y est. Y en a plus..."

Ce n'est plus le même. L'ego est parti. Sa véritable identité apparaît enfin. Il est redevenu lui. Je lui dis d'aller faire un gâté à sa maman et à son papa. Il leur saute dans les bras... La partie est gagnée... pour aujourd'hui. Il faudra qu'il revienne, car l'ego reprendra le pouvoir à la première occasion, et il est indispensable de sécuriser le processus. Toutefois, je conseille aux parents de refaire la même expérience sans attendre le prochain rendez-vous, si cela est nécessaire.

Note. La crainte de certaines personnes - qui me l'ont exprimée - c'est que cela puisse rendre le sujet schizophrène. Cet argument mérite d'être examiné, car cette maladie évoque effectivement un dédoublement de la personnalité. Beaucoup de schizophrènes entendent des voix, et c'est en fait cela qui les rend fous, car ils ne savent plus qui ils sont, et ont tendance à s'identifier avec cette voix puissante qui se déclare fréquemment être Dieu ou au contraire, le diable. Mais c'est justement parce qu'ils ne savent pas que c'est leur ego qui leur parle, qu'ils deviennent schizophrènes. C'est exactement le contraire de ce que je propose : savoir d'où vient cette voix, c'est acquérir immédiatement le pouvoir de la contrer, puis de la faire taire. C'est la prise de conscience qui permet de prendre le contrôle. Qu'on le veuille ou non, nous sommes tous schizophrènes - à des degrés divers, et la plupart du temps, parfaitement gérables. Mais ce n'est pas en niant la réalité qu'on peut venir à bout de ses conséquences, c'est au contraire en se colletant à elle, en la regardant en face, qu'on règlera les problèmes qui en découlent. La méthode que je préconise est basée sur la visualisation de l'ego, afin de pouvoir se battre contre lui. Comme il n'a pas d'existence physique propre, seul, le virtuel peut mettre en scène le combat dont l'âme sortira victorieuse.

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Ce type de visualisation est à mon avis le meilleur moyen de faire prendre conscience à un jeune de ce qui se trame réellement à l'intérieur de lui. Le délinquant est en effet complètement identifié à son ego. Le lui dire ne peut suffire, car c'est l'ego qui répondra, et on ne discute pas avec l'ego. Je fais exprès de me répéter, car c'est la clé des dysfonctionnements de l'être humain. Ce qui est vrai pour un enfant ou un adolescent, est également vrai pour un adulte : un parent, un enseignant, un psy, un homme politique, un prêtre, vous ou moi. Il n'y a pas d'exception à cette situation intérieure : nous sommes tous habités par un autre, cet ennemi, et pour une certaine frange de la population, cet autre commande à la place de l'être humain. C'est lui qui vole, qui agresse, qui viole, qui tue (ou qui rend fou: cf Psychiatrie). Le délinquant et le criminel laissent leur ego agir à leur place, mais ils ne le savent pas.

Si on leur propose de visualiser cet ennemi intérieur, ils verront un monstre, un dragon, un serpent, un alien, un tueur, un voleur, un diable, une araignée, un scorpion, bref, quelque chose ou quelqu'un qui est à l'intérieur d'eux, et dont ils auront alors envie de se débarrasser car ils ressentiront le danger que leur ego leur fait courir, et les mensonges qu'il leur raconte leur apparaîtront alors clairement. Ils pourront se dissocier de lui, et le combattre efficacement.

Chacun deviendra son propre gendarme, ce qui est la seule véritable solution à l'insécurité grandissante.

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L'éducation.

Je veux revenir sur quelques principes simples. Quand un enfant de deux ans frappe sa mère, ou donne des coups de pied à son père, cela signifie que son ego n'a pas compris ou ne veut pas comprendre le discours de l'éducation moderne, basée sur le dialogue. En revanche, il comprendra parfaitement une réponse du même ordre : Tu m'as mordu ? Je t'ai expliqué que cela faisait mal, et tu continues ? Très bien, je te mords à mon tour, afin que tu comprennes ce que cela fait. Le résultat sera immédiat (en dessous de deux ans), mais plus on attend, plus ce sera long... Il ne faut pas oublier qu'un enfant accède à l'âge de raison à sept ans : c'est l'âge où il peut comprendre l'explication et le raisonnement, ce qui lui permet parfois de ne plus donner le pouvoir à son ego.

Avant, c'est plus difficile, d'où l'intérêt de la fessée, comme moyen intermédiaire, à condition, bien entendu, qu'elle vienne sanctionner un caprice inacceptable. "Qui aime bien, châtie bien" disait une sagesse populaire qu'on a un peu oubliée... L'enfant qui fait caprice sur caprice manifeste pourtant par là à ses parents que l'éducation qu'on lui donne ne le rend pas heureux : c'est son ego qui en profite. Sa petite âme ne peut s'épanouir car ses parents laissent son ego avoir le dessus, à la fois sur eux et sur lui-même.

L'ego de l'enfant apparaît forcément le premier. Sa petite âme consciente n'apparaîtra qu'avec son premier souvenir, fixé pour toujours dans sa mémoire (c-à-d vers l'âge de trois ans). En attendant, l'enfant est régenté par son ego, qui est en général (sauf cas particulier) un petit tyran. Et sa tyrannie s'exerce naturellement sur son entourage immédiat : si ses parents ne lui résistent pas, il est capable de terroriser sa famille, mais, contrairement à ce qu'on pourrait croire, cela ne le satisfait pas du tout, au contraire, cela le terrorise aussi, lui le premier : si lui, si faible et si petit, est capable de commander à ces géants que sont ses parents, qui le protègera quand il sera en danger ? Or, le premier danger est à l'intérieur de lui, c'est son ego qui le tyrannise, lui, avant de tyranniser ses proches.

Note. Il est également important de comprendre qu'un enfant très sage, qui fait la fierté de ses parents, peut quelquefois être la proie de son ego, qui le terrorise de l'intérieur en l'empêchant de s'exprimer ou d'être lui-même. Cela explique alors la dépression du jeune enfant, si elle se produit dans un contexte familial positif. (cf Psychiatrie et santé mentale).

Toute éducation commence par les interdits liés au "toucher".

Voici quelques principes simples, d'ordre général : l'enfant n'a pas le droit de toucher certaines choses, soit parce qu'elles représentent un danger pour lui, soit parce qu'elles sont fragiles, soit tout simplement, parce que ce sont des objets d'adulte qui n'ont rien à faire entre ses mains. C'est là que tout se joue. Car il veut toucher à tout, mais ce sont ses parents qui doivent décider si cela est permis ou non. Et il ne faut jamais céder après avoir dit Non, de même qu'il est néfaste de revenir sur un Oui... Tout cela s'installe lorsque l'enfant accède à l'autonomie, ce qui se fait très tôt aujourd'hui grâce au trotteur, dans lequel le bébé peut se déplacer dès l'âge de 7 ou 8 mois, sans l'aide d'un adulte.

En principe, l'enfant récidive - pour voir - il va pleurer, crier, et cela va durer quelques semaines. S'il transgresse l'interdit, il faut le gronder, lui enlever l'objet, lui taper sur la main, ou lui donner la fameuse fessée. Il est important de lui dire aussi clairement quand cela est permis : "Oui, cela, tu peux le toucher." Le résultat passera par les phases suivantes :

Je touche quand même.../... Je regarde si tu me regardes, et je touche encore.../... Je regarde si tu me regardes, et j'hésite à toucher, car j'entends à ta voix que je n'ai pas le droit, mais je touche malgré tout.../... Je regarde, je vois que tu me regardes, je sais que je ne dois pas toucher... et je ne touche pas.

Toutes ces étapes seront émaillées de cris et de hurlements. Mais quand ce sera acquis, il suffira de dire : t...t...t... pour que l'enfant renonce à toucher. Et les parents auront la paix, car cette première expérience vaudra pour tous les autres interdits. Or, on ne peut installer l'autorité par le dialogue, tant que l'enfant ne parle pas. Le dialogue suppose en effet que les deux partenaires puissent discuter. C'est pourquoi il n'y a pas de dialogue possible avec un bébé (ce qui n'empêche pas de lui parler, bien entendu). Quand les choses sont claires (c'est papa et maman qui commandent), les parents seront fiers d'avoir un enfant "bien élevé", ce qu'on a un peu perdu de vue depuis quelques décennies. Mais si cette relation d'autorité (dans l'amour) n'est pas installée, alors, les choses ne peuvent guère que se dégrader au fil du temps, et personne ne sera heureux.

On peut dire qu'un enfant capricieux cherche en réalité les limites de ses parents dans le but de recevoir enfin la preuve qu'ils sont plus forts que lui : rien de tel pour être rassuré ! Je tiens à ajouter que cela n'a rien à voir avec le fait de frapper un enfant (ce n'est pas du tout le même état d'esprit), et que du reste, la fessée peut parfaitement être remplacée par la grosse voix de papa ou de maman, en colère (cela suffit souvent). Et, de toute façon, ce régime n'est pas nécessaire longtemps : l'ego est comparable à un petit chien, une fois qu'il est dressé, on a la paix. Dois-je ajouter que cela n'exclut pas l'amour ? C'est même exactement le contraire, puisque cela consiste à privilégier l'âme de l'enfant, au détriment de son ego, capable de lui faire tant de mal...

Pour vérifier cette analyse, il suffit d'interroger les jeunes adultes ou adolescents qui ont été élevés comme des enfants-rois. Leur critique est très sévère. On peut se référer également à ses propres souvenirs d'écolier : le professeur dont on a gardé le meilleur souvenir n'est jamais celui qui se laissait monter sur la tête, mais au contraire celui qui se faisait respecter, tout en étant juste....

Autrement dit, l'éducation et la répression - de l'ego - ne doivent pas être dissociées, et cela dès la petite enfance, avant même que l'enfant accède au langage.

Si cela n'est pas fait, alors, l'ego prolifère comme une mauvaise herbe, et les résultats peuvent être nombreux et variés. J'ai choisi de traiter ici ses méfaits sur le plan social, mais j'ai ouvert son dossier sur le plan psychiatrique, et sur le plan familial et religieux. Dans le procès que je prépare contre lui, tous les domaines seront examinés. En effet,

J'ACCUSE

l'ego de tous les dysfonctionnements de notre humanité...

Et je suis prête aujourd'hui à défendre cette thèse : J'ai suffisamment de preuves contre lui. Mais le combat que je mène, chacun d'entre nous doit le mener aussi, et voici comment.

La répression.

Si l'être humain est si dramatiquement partagé entre les valeurs du coeur et les valeurs de l'ego, c'est que celui-ci dispose d'un outil puissant : le mental, qui souffle au sujet qu'il a raison de faire ce qu'il fait. En règle générale, (c-à-dire pour monsieur ou madame tout-le-monde), l'ego intervient chaque fois qu'il y a dispute, conflit, remarques acerbes, manipulation, mauvaise foi, ragots etc... Il me semble déjà important de savoir que, dans ces cas-là, c'est l'ego qui a parlé, mais la personne s'est identifiée à lui, si bien qu'elle croit sincèrement que son discours était le sien. Cela est monnaie courante, et on s'accommode en principe de cette situation.

Un enfant dont l'ego n'a pas été cadré au départ, court le risque de subir le terrible impérialisme de celui-ci, puisque personne ne lui a posé de limites. S'identifier à lui, c'est perdre toute possiblité de le contenir. Un proverbe anglais dit que le meilleur gardien de la vertu d'une fille, c'est elle-même. C'est vrai aussi pour le délinquant, car il est bien entendu impossible de mettre un flic derrière chaque jeune. C'est pourquoi le flic en question, c'est lui-même. Mais pour qu'il en ait envie, il faut lui expliquer ce qui se passe réellement en lui, et lui donner les moyens de juguler son propre tyran. L'abus de pouvoir de l'ego commence avec les caprices et les exigences vis à vis de la famille, continue par des incivilités avec les étrangers, puis l'agressivité verbale s'installe, suivie de l'agressivité physique vis à vis de ses pairs, tout cela s'intensifie à travers la manipulation, le harcèlement et, si rien ne l'a arrêté, le jeune peut basculer dans le racket, le vol, le viol, le crime et l'assassinat. (voir le mot Haine dans le Dictionnaire).

Dans l'émission "Envoyé Spécial", le dossier du Jeudi 18 Avril 02 sur les enfants-tyrans, était assez explicite quant aux résultats d'une éducation trop permissive, et les éducateurs ont clairement dit qu'il fallait savoir dire non. Mais à l'évidence, cela ne suffit pas lorsque l'ego a pris la place de l'être humain (jeune ou vieux, fille ou garçon). S'il est indispensable d'expliquer la présence de cet ennemi, il est surtout essentiel de permettre à chacun de le voir. Et pour cela, il faut le visualiser. Car si l'inconscient envoie l'image d'un démon qui nargue le sujet, celui-ci va comprendre qu'il doit retourner son agressivité contre "son diable d'ego", et il cessera d'avoir envie de taper sur son voisin ou sur son camarade de classe. C'est là qu'il peut se reconnecter avec sa véritable identité.

L'ego est une sorte de locataire-cambrioleur qui s'installe dans notre monde intérieur, et qui essaie de prendre toute la place, au détriment du véritable propriétaire (notre âme = notre véritable identité).

Dans le cas de la délinquance, l'ego est un prédateur qui exerce ses abus de pouvoir sur autrui.

Dans le cas de la déprime et du suicide, il les exerce sur le sujet lui-même, et le pousse à se détruire.

Dans tous les cas, l'ego obéit à une règle absolue : il s'attaque à plus faible que lui. Le patron contre son employé (le harcèlement moral), les garçons contre les filles (les tournantes), les grands contre les petits (le racket), l'adulte contre l'enfant (la maltraitance et la pédophilie), le gangster armé contre sa victime désarmée (toutes les exactions sociales), la force brutale contre la faiblesse (les violences conjugales, le viol et le meurtre). Il n'y a pas de quoi être fier, mais celui qui se livre à ce type d'acte est complètement habité par son ego, et c'est la raison pour laquelle il ne peut pas lui résister. Il obéit à une pulsion, un ordre qui lui viennent de l'intérieur, et qu'il accomplit, persuadé qu'il en a le droit : son ego le commande, et il n'a pas conscience d'être sous la coupe d'un monstre, puisque c'est l'ego qui raisonne à l'intérieur de lui, et l'ego a toujours raison... On ne peut pas discuter avec lui, ni du dehors, ni du dedans.

C'est du reste pourquoi les thérapies comportementales sont si peu efficaces. Tant que notre humanité ne fera pas la différence entre son être véritable et son ennemi intérieur (entre son âme et son ego), tous les dysfonctionnements qui viennent actuellement à la lumière de l'information, ne pourront être enrayés. Et chacun d'entre nous est logé à la même enseigne. Cela explique tous les dérapages : celui du prêtre comme celui du responsable politique, celui du père comme celui du fils, celui de l'enseignant comme celui de l'élève, celui du puissant comme celui du faible.

Mais le puissant finira toujours par trouver plus puissant que lui, et deviendra alors victime à son tour. C'est le cas d'un jeune qui devient bourreau en participant à une exaction parce qu'il est sous la coupe d'un chef dont il est aussi la victime. C'est aussi l'explication des règlements de comptes entre mafias rivales. Car le gouvernement de l'ego est fondé sur la loi du plus fort, et il est très rare de rester le plus fort toute sa vie.

Le modèle animal est ici très visible: le mâle dominant (ou parfois la femelle) est obligé de céder le pouvoir lorsqu'il n'est plus assez puissant pour évincer les plus jeunes que lui. Dans les reportages animaliers, on le voit alors partir, souvent blessé, pour s'exiler un peu plus loin et mourir. Ce qui est l'ordre établi dans le règne animal ne peut être entériné par l'homme sous peine de régression dans le règne précédent. Que nous le fassions encore au XXI° siècle ne signifie pas que ce soit une fatalité. Nous pouvons en sortir. Pour cela, il faut d'abord l'analyser, puis avoir la volonté de le combattre.

L'autre aspect de la question est la soumission du plus faible. Cette soumission non plus, n'est pas une fatalité...

A ce propos, comment devient-on victime chronique ?

En règle générale, l'ego de la victime (car elle en a un, bien entendu) lui enlève toute confiance en elle, et la pousse à se remettre tout le temps en cause. "Ai-je eu raison ? J'ai dû me tromper... C'est de ma faute. Je n'aurais pas dû faire ceci ou dire cela..." Bref, la victime est souvent quelqu'un d'introverti, qui se pose beaucoup de questions, et qui ne se fait pas confiance. En effet, son ego la dévalorise, lui fait peur et lui donne les mauvaises réponses. Elle devient alors incapable de s'affirmer et de résister au pouvoir de son propre ego, conjugué à l'ego de son prédateur. Le premier sert de relais au second et se retourne contre elle. La victime est née. Il est très probable que toutes les maladies psychiatriques découlent aussi de ce processus...

On a beaucoup parlé du procès de Patrice Alègre. Les journalistes l'ont présenté comme un monstre. Mais il faut savoir que dans les rêves, l'ego est très souvent symbolisé par un monstre, un alien, un démon, un dinosaure, ou le diable en personne. Par ailleurs, en règle générale, quand le malfaiteur est pris, il est incapable d'expliquer son fonctionnement. Si on lui proposait mon explication, je pense qu'il se comprendrait enfin, et qu'il l'entérinerait - avec un certain soulagement, car cela est toujours apaisant de comprendre la raison de ses propres actes. Dans la mesure où il plaide coupable, il peut venir à bout de son tueur intérieur : il serait probablement satisfait de pouvoir lui échapper.

En ce qui concerne le procès de Milosevic, on voit bien que c'est son ego qui répondait aux accusations : il est complètement identifié à son tyran intérieur, et c'est la raison pour laquelle il est incapable de reconnaître qu'il a eu un comportement de tyran, puisque l'ego ne reconnaît jamais ses torts. Pour qu'il puisse accéder à sa véritable identité, il faudrait qu'il se démarque de son ego, afin de donner la parole à son âme, c-à-d aux valeurs de son coeur. Mais dans la mesure où il ne reconnaît pas ses actes comme étant des crimes, il ne peut venir à bout de son criminel intérieur : il lui est totalement inféodé.

Cette analyse est valable pour tout être humain qui cherche à établir son pouvoir sur ses semblables dans le monde extérieur :

Les parents qui veulent diriger la vie de leurs enfants adultes. / Les chefs d'entreprise qui exploitent leurs ouvriers. / Les politiques qui manipulent le peuple. / Les gourous qui s'insinuent dans le mental de leurs adeptes. / Les religieux qui veulent convertir autrui, et sont parfois sûrs de leurs convictions au point de tuer. / Les enseignants qui agissent injustement avec leurs élèves. / Les élèves qui agressent un enseignant ou un camarade. / Les médecins qui méprisent leurs patients. / Les jeunes (ou vieux) délinquants qui prennent de force ce qui ne leur appartient pas. / Les meurtriers qui frappent et assassinent leurs victimes...

Toute diabolisation d'autrui est la marque de la prise de pouvoir de l'ego. Car il est le diable dedans, mais il est capable de persuader l'homme que le danger vient du voisin dehors, en se projetant lui-même sur ce voisin.

L'ego est à la racine de tous les dysfonctionnements de notre humanité...

... de celui qui n'a aucun pouvoir social, et qui ne peut dévorer que ses proches... à celui qui devient chef d'état, et qui va pouvoir dévorer son peuple, ou le peuple voisin... en passant par tous les étages de l'échelle sociale. Dans tous les cas....

... l'ego est à l'oeuvre et dévore notre âme.

Jusqu'à présent, ni les religions, ni les philosophies, ni les régimes politiques, ni les explications de la psychologie et de la psychanalyse, n'ont pu venir à bout des injustices, des exactions et de la barbarie qui sévissent encore dans notre humanité. La question est toujours restée entière :

Pourquoi l'homme est-il partagé entre le bien et le mal ? Pourquoi ne peut-il pas choisir résolument le premier, et laisser tomber le second ?

L'approche traditionnelle montre l'homme oscillant entre deux tendances contradictoires, et basculant parfois vers l'une (positive) et parfois vers l'autre (négative). On ne voit donc qu'une seule personne, identifiée à son apparence physique, à son corps.

Le problème est radicalement différent si l'homme est double. Deux personnes habitent à l'intérieur de lui. L'une est sa véritable identité, l'autre est un ennemi. Pour qu'il puisse se battre contre cet ennemi, il faut qu'il en prenne conscience, sans quoi il lui est impossible de se démarquer de quelqu'un qu'il croit être lui-même. C'est à la fois extrêmement simple, et absolument essentiel. La plupart de mes thérapies sont fondées sur cette base, et les résultats obtenus m'encouragent à penser que cette analyse est juste. Pourtant, j'ajoute que parfois, le pouvoir d'un proche (souvent les parents ou un conjoint, parfois un gourou) se substitue à celui de l'ego, qui n'a alors rien d'autre à faire qu'à persuader le sujet de se soumettre.

Toutefois, il arrive que l'ego se manifeste malgré tout, en utilisant en général (contre le sujet lui-même ou contre ses proches) les mêmes fonctionnements néfastes utilisés par le parent incriminé. Car l'ego n'est pas un créatif. Il s'appuie sur la tradition et les idées reçues (plan collectif), et sur les modèles qu'il a vu fonctionner depuis la petite enfance (plan personnel) et qu'il lui suffit de reproduire.

C'est pourquoi l'éducation moderne n'est pas la seule en cause. L'exemple donné par les parents est souvent déterminant, surtout s'il est néfaste (cf le Conte de Perrault).

Un père violent assassine l'âme de son enfant. Reste l'ego, qui risque de reproduire le même fonctionnement sur plus faible que lui. Quand s'ajoute à cela une mère qui a des amants, la confusion est facile : L'ego projette sur une femme indifférente, le comportement maternel qui a fait souffrir l'enfant, et il le résout par la violence : il viole et tue. Cette analyse pourrait être le décryptage de Patrice Alègre. Elle a du reste été faite. La seule chose que j'ajoute, c'est que c'est son ego qui a tué, ce n'est pas lui. Ce n'est pas pour le dédouaner, c'est pour lui permettre de se battre efficacement contre son fauve intérieur. Cette précision répond à une demande de plus en plus forte : Comment soigner les criminels afin de les rendre inoffensifs ?

Chaque être humain est unique.

Le même père (violent) peut induire des fonctionnements complètement différents, selon le caractère de l'enfant (cf Oedipe). S'il est introverti et naturellement pacifique, il peut être attiré par la prêtrise et se consacrer à Dieu, ce Père idéal, pour compenser les manques de son géniteur. Mais il peut aussi bien résoudre son problème par le suicide... Car il faut bien comprendre que chaque être humain traite l'information selon le discours de son ego, qui dépendra lui-même du caractère du sujet, de son vécu, et de l'importance de sa zone consciente. Le même événement favorisera chez l'un le sacrifice de soi, et chez l'autre la prédation, avec tous les fonctionnements intermédiaires imaginables.... Cela dit, le sacrifice de soi exprime, d'une certaine façon, le meurtre de sa propre âme, alors que la prédation débouche sur le meurtre d'autrui. De toute façon, il y a meurtre. C'est pourquoi les religieux sont souvent intolérants, avec des comportements inacceptables : si c'est leur ego qui les a poussés dans cette voie, cela explique la pédophilie, l'hypocrisie et la méchanceté dont certains sont capables : les "bonnes" soeurs ne méritent hélas pas toujours cet adjectif, tout le monde le sait, même elles, je suppose...

Fraternité ou corporatisme ?

Se serrer les coudes devant une cause juste, permet de faire avancer les choses. La "Marche Blanche" qui a eu lieu en Belgique suite à l'affaire Dutroux en est un exemple magnifique. Mais lorsqu'un clan se mobilise pour défendre l'un des siens - alors qu'il est coupable, toutes les valeurs sociales risquent de déraper, car ce n'est plus de la fraternité, c'est du corporatisme, fondé sur le parti-pris et l'aveuglement. (Exemple : ce que je viens de dire sur certains religieux). Cela conduit à n'accepter aucune critique, sous prétexte que le corps tout entier en serait éclaboussé. C'est le fonctionnement classique de l'ego. Mais le remède est pire que le mal, car cela débouche sur le respect de la fonction, et le mépris de l'être.

Aujourd'hui, on en parle beaucoup à travers l'expression : Ne pas faire d'amalgame. Ce qui prouve qu'on ne peut plus s'abriter derrière les non-dits ou le secret. C'est un premier pas, très important, mais actuellement valable surtout pour les communautés auxquelles on n'appartient pas. Il faudrait que ce soit aussi valable pour les enseignants qui regardent leurs collègues, les prêtres qui regardent leurs officiants, etc...

Or; cette culture du secret, en face de l'inavouable, a toujours été la norme:

Respecte ton père et ta mère... même s'ils sont mauvais. Hélas, cela donne le droit implicite d'abuser de son pouvoir sur ses propres enfants, en répétant les dysfonctionnements de la génération précédente, tout simplement parce qu'on ne les a pas remis en cause. Cela peut venir du fait qu'on en les a pas vus, mais aussi - souvent - qu'on n'a pas osé les juger comme tels.

Respecte les vieux... parce qu'ils ont l'expérience. C'est vrai, mais l'expérience ne sert pas toujours à améliorer l'individu, et les limites de la jeunesse s'aggravent souvent avec l'âge. Respecter quelqu'un parce qu'il est vieux, implique qu'on peut ne pas être respecté parce qu'on est jeune, ce qui est douloureux, car ce n'est pas l'âge qui fait un être humain. Respecter l'âge a souvent pour conséquence d'oublier cet être humain, puisque, dans cette logique, un adolescent épris de vérité sera obligé de s'incliner devant la volonté inadmissible d'un père ou d'un grand-père indigne, parce qu'ils sont plus vieux que lui.

Respecte les riches... parce qu'ils sont au-dessus de toi. Toutes les iniquités sociales de toutes les époques et de tous les pays ont eu ce principe pour base. Aujourd'hui, en Occident, l'argent reste un outil de pouvoir, et celui qui n'en a pas s'incline presque automatiquement devant celui qui en a, même si celui-ci ne le demande pas. Mais la demande est souvent implicite. Encore une fois, où sont les vraies valeurs ? Elles s'effacent obligatoirement si l'argent me donne des droits que je n'aurais pas sans lui, sur le plan moral. Seules, les choses matérielles devraient être connectées à l'argent. Dès que le pouvoir s'en mêle, la corruption est là. Il n'est pas mauvais d'avoir de l'argent, c'est l'usage qu'on en fait qui peut être néfaste. Par ailleurs, lorsque la différence de niveau de vie entre le plus démuni et le plus riche dépasse un certain seuil dans une société, c'est que l'argent est devenu l'outil de l'ego au niveau collectif. Et cette société s'effondrera un jour ou l'autre, car ses valeurs sont injustes.

Respecte les enseignants... même s'ils sont injustes, car ils ont le savoir. Là encore, il s'agit de terrorisme, même si celui-ci n'est qu'intellectuel. Moi qui ai été pendant 25 ans dans l'Education Nationale, je suis bien placée pour savoir que ce terrorisme se ramifie dans le corps enseignant lui-même, selon l'importance de la matière enseignée... et le diplôme de l'enseignant. Le représentant de la musique ne pèse pas lourd devant le représentant du français, de même que le professeur de collège est méprisé par le certifié, qui est méprisé par l'agrégé, qui est méprisé par le prof de fac. Le paradoxe pourrait être amusant. Il est surtout navrant, parce que la qualité de l'enseignement dispensé dépend essentiellement des qualités de coeur. Et comme les connaissances extérieures nourrissent surtout l'ego, les plus diplômés sont parfois les moins efficaces. Je précise que je ne fais pas de règle générale. Je dis simplement que les profs se soutiennent quand ils se sentent en danger, et que cela les fait basculer dans un corporatisme étroit, qui leur fait à terme plus de mal que de bien.

Respecte la force... quand tu es le plus faible, mais impose ta loi dans le cas contraire. Le problème, c'est que le père est plus fort que l'enfant, et que le mari est plus fort que sa femme. Lorsque l'ego utilise cette force musculaire, on se retrouve dans le règne animal, et cela est bien peu glorieux pour notre humanité.

Respecte le pouvoir religieux... Crois ce qu'on te dit sans discuter, car c'est la parole de Dieu. Cette base est peut-être la plus dangereuse de toutes, car cela donne le droit, qu'on le veuille ou non, de répercuter cette intolérance sur plus faible que soi. En effet, si je crois en un Dieu qui punit, cela me donne automatiquement le droit de punir, et la chaîne est sans fin: le prêtre m'ordonne de faire pénitence, et mon ego me persuade que je suis coupable. Entre les deux, on trouve toutes les exactions, toutes les injustices, toutes les perversions de notre humanité - fondées sur le rapport de forces. Dans cette analyse, le dieu que je vénère n'est rien d'autre que mon propre ego. Le Dieu véritable est aussi à l'intérieur de moi, mais il est connecté à mes valeurs humaines. Il est mon âme. Il est mon humanité.

Respecte le pouvoir politique... et obéis à ton tyran. Quand le peuple se rebelle, c'est que l'ego du tyran est allé trop loin... ou que l'ego du peuple ne peut plus l'empêcher de penser qu'il peut mettre fin à la situation qu'il subit. Car, lorsque un groupe suffisamment important de gens se mobilise pour changer l'ordre établi, les forces générées se matérialisent dans les événements. Autrement dit, le plan extérieur est la projection du plan intérieur. Quand celui-ci est sain, la situation extérieure s'assainit. C'est le signe que l'âme est à l'oeuvre. Quand c'est l'ego qui agit, les choses s'aggravent automatiquement.

Cela vient du fait que son discours est basé sur l'apparence et le pouvoir.

= Incline-toi devant la fonction, même si elle est représentée par quelqu'un qui la pervertit. Sinon, gare à toi !

En somme, respecte tous ceux qui sont plus forts que toi : C'est la loi de base de l'ego.

Le dealer et le proxénète cèdent au mirage de l'argent facile, proposé par leur ego, au détriment du respect d'autrui. Le drogué et la prostituée ne se respectent pas eux-mêmes : dominés par un ego qui les écrase ou les aveugle, ils deviennent tout naturellement la proie du dealer et du proxénète.

Si nous voulons réellement sortir de cette impasse, il va falloir regarder notre ego en face, et lui enlever son pouvoir. Alors, nous accèderons aux vraies valeurs, celles de l'âme, celles du coeur, celles de l'être.

Alors, nous respecterons les êtres humains : les enfants, les femmes, les faibles, les pauvres, les noirs, les SDF, les obscurs, les sans-nom... et les autres aussi (les riches et les puissants), s'ils sont respectables.

Mais tout cela ne se fera pas sans le respect de soi-même, installé sur le développement de l'âme et la réduction de l'ego, à l'intérieur de chaque être humain, y compris celui des faibles et des opprimés.

"La délinquance, c'est l'affaire de tous, et pas seulement de l'Etat." (J.T. du 06 Mars 02 / France2). C'est juste, mais tant que l'ego gouvernera chaque être humain (sans qu'il le sache), aucun parti politique, aucun idéal philosophique, ni aucune croyance religieuse, ne pourront installer la paix et la tolérance sur terre - cette terre si souvent appellée "une vallée de larmes". Il est facile de comprendre pourquoi:

Le code pénal vise à mettre en oeuvre une Justice juste par définition. Mais QUI va contrôler ce qui se passe à l'intérieur des juges ? Car chaque juge peut être corrompu par son propre ego... Et il en est de même pour les policiers, les politiques, les scientifiques, et tous les étages de la société : Banquiers, notaires, avocats, médecins, psychologues, gourous, prêtres, artistes, écrivains, acteurs, professeurs, commerçants, employés, ouvriers, chômeurs, délinquants, proxénètes, gangsters, voyous, assassins et criminels en tous genres, mais aussi : monsieur et madame tout-le-monde, y compris les personnes âgées, les parents, les adolescents et les enfants - et ceci dès la maternelle.

Ai-je oublié quelqu'un ???

La délinquance et la criminalité ne touchent pas que les jeunes. Elle gangrène tous les échelons de la société, partout, à la surface de la terre. Voilà pourquoi, effectivement, elle est l'affaire de tous, et non pas seulement de l'état.

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La solution ?

Il me semble évident que la première chose, c'est de le savoir. Mais il faut aussi que chaque être humain identifie son propre ego dans son monde intérieur. Pour cela, le rêve est l'outil idéal. Voici un exemple de rêve classique chez les garçons:

"Je me bats contre quelqu'un. Cela peut être un copain, un prof, mon père ou encore un inconnu. C'est un rêve qui m'épuise, car il dure toute la nuit, sans issue décisive. Je sais pourtant qu'il faut absolument que je sois vainqueur, car ma vie en dépend."

En général, ce rêve alimente dramatiquement l'agressivité du jeune, car son ego lui souffle qu'il doit le comprendre au premier degré, et il a donc ensuite tendance à le vivre sur le plan de sa vie éveillée en se battant réellement : coups, insultes, menaces etc... C'est du reste la raison pour laquelle c'est souvent un rêve récurrent, preuve qu'il n'a pas été compris, car, une fois que le message est passé, le rêve ne revient plus (sauf s'il y a récidive dans la vie éveillée). Ce type de rêve met en scène le combat que le rêveur doit livrer contre son ego. Cette compréhension du rêve désamorce complètement et souvent immédiatement l'agressivité du jeune.

Inversement, si le rêveur reste au premier degré, il peut tenter de vivre son rêve sur le plan extérieur. C'est ainsi qu'un jeune parricide avoua qu'il avait tué son père, suite à un rêve qui lui disait de le faire. Il est essentiel de comprendre qu'il y avait deux vérités possibles : Soit son père était effectivement indigne. Soit il n'en était rien, mais son ego le lui faisait croire.

Dans le premier cas, son père était vraiment représenté dans le rêve, et ce rêve disait au jeune homme qu'il devait absolument tuer non pas son père, mais le pouvoir que ce père avait sur lui. Dans le second cas, il symbolisait son ego, et c'est cet ego qu'il devait tuer. Si je me fie à ma pratique des rêves, je pense que la seconde solution est sans doute la plus probable.

Le premier degré envoie l'homme en prison, le second degré le met sur le chemin de sa liberté intérieure.

Autre question : Que faire si on n'a aucun souvenir de ses rêves ? Il est alors nécessaire de faire appel au "rêve éveillé" ou à la "visualisation" comme dans l'exemple du petit Hugo.

En état de relaxation, on appelle une image symbolique de l'ego : monstre, serpent, araignée, dinosaure, renard, loup etc... Les symboles ne manquent pas. Peut également apparaître quelqu'un que le rêveur connaît et qu'il n'aime pas. Cela fera parfaitement l'affaire. Le plus délicat est d'identifier l'ego derrière quelqu'un que le sujet admire. Là, il faut vérifier en doutant, en essayant d'enlever le masque derrière lequel l'ego s'est caché. En principe, cela marche très bien : le sujet voit la personne se transformer en monstre, ou encore, son regard devient perfide ou inquiétant. C'est la preuve que l'ego s'était camouflé sous une apparence positive. (cf. Fonctionnement et Exemple).

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Pour conclure, le manque d'amour est fréquemment à la base des dysfonctionnements futurs, mais l'excès également, surtout s'il est fondé sur une permissivité sans discernement et la réalisation immédiate des moindres désirs de l'enfant. L'ego utilise toutes les situations difficiles pour prendre le pouvoir. Mais il est capable de transformer du positif en négatif. En fait, il est capable de tout pour réduire l'homme en esclavage. Il ne comprend que la force et génère la peur. Par ailleurs, le seul amour dont il soit capable est à la fois égoïste et conditionnel, avec gratitude obligatoire, ce qui pervertit tout.

Or, il est impossible de se battre contre lui, si on ignore son existence à l'intérieur de soi-même. Pire : il est capable de faire croire à sa victime qu'il est sa véritable identité. Il est urgent de le comprendre, car cela pourrait bien être la véritable solution à tous les problèmes de toutes les sociétés à la surface du globe.

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