LA REINCARNATION

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Comme tous les concepts religieux, la réincarnation fait intervenir une manifestation de l'immortalité de l'âme. En ce sens, elle est à considérer sérieusement, car elle signifie forcément quelque chose. Le but de ce dossier est de poser les fondements d'une autre approche, simple et naturelle, compréhensible par le premier venu, parce que cela correspond à quelque chose que tout le monde sait, et que, par conséquent, personne ne pourra nier. C'est le fameux consensus nécessaire à l'harmonisation de l'humanité, qui pourrait alors réunir non seulement les différents courants réincarnationistes, mais aussi ceux qui n'y croient pas.

Voici donc ce que je me propose de démontrer.

La réincarnation se fait automatiquement, chaque fois qu'un enfant vient au monde, car chacun de ses parents lui donne une partie de son âme. C'est pourquoi chaque génération se construit sur le terreau de la génération précédente, en lui ajoutant ses propres découvertes et prises de conscience. C'est ainsi que l'humanité avance, car on pourrait dire que sa mission est de comprendre les erreurs de ses ascendants, afin de les corriger.

C'est le grand principe de ce concept: On revient sur terre pour comprendre et corriger nos erreurs passées. Si on accepte de considérer honnêtement ma proposition, on est forcé de reconnaître qu'elle entérine simplement une vérité fondamentale du processus de la conscience collective de notre humanité. Nul besoin alors d'inventer d'étranges théories pour justifier cette réincarnation. Elle se produit automatiquement, grâce à la procréation.

Ce dossier comporte une analyse à travers les rêves, puis un décryptage du livre tibétain des morts, qui est une sorte de référence, en ce qui concerne la réincarnation.

L'approche traditionnelle.

La réincarnation n'est pas seulement une vision orientale de l'évolution humaine. Les Grecs appelaient cela "la métempsycose" (=transmigration de l'âme d'un corps dans un autre). Cette entrée particulière s'adapte parfaitement à mon décodage, puisqu'on pourrait dire que l'âme des parents 'transmigre' dans celle de leurs enfants.

Toutefois, différentes écoles s'opposent.

Les Bouddhistes pensent que l'homme peut se réincarner dans une autre espèce vivante. C'est ce qui justifie leur principe de ne détruire aucune vie, que ce soit un poulet ou un insecte. Ils sont donc végétariens, et respectent la vie sous toutes ses formes.

Les Rose-Croix n'envisagent que des réincarnations humaines. Toutefois, ils pensent que le règne qui suit le nôtre parviendra un jour à la conscience. Autrement dit, les animaux prendront la suite de l'homme, quand celui-ci aura terminé son évolution.

De nombreuses sectes utilisent aussi cette croyance, en y ajoutant la vision propre de leur gourou.

Pour finir, beaucoup de gens l'ont adoptée aussi, de façon très personnelle, chacun dans son coin, pourrait-on dire, en l'adaptant à son mode de pensée..

De nombreux courants existent aussi à l'intérieur de chaque grand groupe. Il est probable que certaines personnes ne se reconnaissent pas dans ce que je viens de dire. Je ne prétends pas donner ici toutes les subtilités qui ont cours au sein du concept des vies antérieures et futures.

Des querelles intestines fleurissent ensuite sur un point qui leur paraît crucial, et qui concerne la façon dont l'âme (du mort) va choisir de se réincarner. Est-ce à la conception? Est-ce pendant la grossesse? Est-ce à l'instant de la naissance? Ou encore pendant les premières semaines ou les premiers mois de la vie du bébé? Tout est possible, mais hélas, rien n'est vérifiable, et c'est pourquoi je me méfie des idées qui débouchent obligatoirement sur le terrorisme intellectuel, et l'intolérance religieuse. Tant que les hommes accepteront de croire à des postulats impossibles à vérifier, ils ne pourront faire l'expérience véritable de la fraternité universelle - qui est pourtant leur but affiché, dans la plupart des cas. Quand une théorie mène au contraire de ce que l'on souhaite, le plus naturel serait de l'abandonner. Force est de constater que c'est rarement le cas.

La recherche des vies antérieures.

Certaines personnes proposent de partir à la recherche des vies antérieures, afin de savoir qui on a été dans le passé. La méthode classique est généralement l'hypnose ou le rêve éveillé dirigé. Mais il faut savoir que beaucoup de rêves nocturnes parlent (ou semblent parler) de vies antérieures. Ils sont en général pris au premier degré, et le thérapeute les utilise souvent comme une preuve d'une vie antérieure du rêveur.

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Le rêve, vecteur d'une vie passée ? ou du passé de la vie ?

Remarque. Le principe absolu d'un rêve, c'est qu'il ne faut jamais le prendre au premier degré, sous peine de perdre le véritable sens du message. J'ai donc toujours cherché un autre sens à ce type de rêve, sens qui doit obligatoirement "parler" au sujet, c-à-d le connecter à un épisode de sa vie parfaitement connu (non encore cicatrisé) - mais aussi, tout simplement, lui donner une information codée sur un comportement personnel qui lui pose problème.

Voici le rêve d'une femme de 40 ans :

"Je vois un groupe de cavaliers approcher. Ils sont tous habillés comme au XVII° siècle. Soudain, tous, ils tombent de cheval."

L'impression globale est celle d'un accident brutal. On pourrait parfaitement interpréter ce rêve comme une évocation d'une vie antérieure, qui se serait terminée par une chute de cheval. Question: Qu'est-ce que cela apporte au rêveur? Est-ce une information qui lui permet d'avancer? Dans la mesure où elle est invérifiable, cette explication met le rêveur dans une impasse. En effet, aucune évolution ne peut se faire sans prise de conscience, et chaque prise de conscience doit s'enraciner dans l'expérience vécue du sujet. Le problème, avec la "découverte" d'une vie antérieure, c'est qu'elle n'a aucune racine dans la mémoire du sujet, puisqu'il ne s'en souvient pas. Personnellement, je me méfie toujours de ce qui est invérifiable...

On peut aussi aborder ce rêve par la valeur symbolique du cheval = la mère ou l'inconscient. En effet, le cheval porte l'homme, comme la mère porte l'enfant, (et comme l'inconscient porte le conscient). La référence à une époque (quelle qu'elle soit) met en général en scène le passé du rêveur. Une question semble donc pertinente:

" Que s'est-il passé, dans votre relation avec votre mère, pour que le rêve vous montre une chute de cheval brutale ?"

La réponse explique tout, y compris le XVII° siècle: "Ma mère est morte quand j'avais 17 ans..."

L'avantage de ce type d'explication, c'est que le rêveur se trouve en phase avec lui-même, avec la réalité de son vécu. Garder les pieds sur terre est pour moi toujours essentiel. Or, avec le rêve comme outil, le seul moyen de se connecter avec la réalité, c'est de permettre au rêveur de sentir dans son coeur si l'explication est juste ou si elle ne l'est pas. Malheureusement, beaucoup de thérapeutes ne consultent pas le rêveur, ce qui est une façon de ne pas lui faire confiance. Pourtant, qui sait mieux que lui ce qui se passe à l'intérieur de lui? Le meilleur moyen de le mettre sur la voie de sa réalité intérieure, c'est souvent de lui poser la bonne question.

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Remarque. L'inconscient utilise des images pour donner une information au rêveur. Mais la langue symbolique ne se limite pas au rêve nocturne. Toutes les visions (spontanées) qui interviennent alors que le sujet est parfaitement réveillé, doivent aussi être traduites, si on veut accéder au message qu'elles véhiculent. Le rêve éveillé dirigé et l'hypnose sont des techniques qui font surgir des images, alors que le sujet ne dort pas. Ces images, également, ont un sens codé, et leur décryptage est tout aussi indispensable...

En voici un exemple, tiré d'une émission sur le rebirth (reportage filmé diffusé sur la 5).

Dans un groupe de personnes allongées au sol, en état de relaxation, une femme se dresse tout à coup, en hurlant : "Je suis un loup ! Je suis un loup !" Autant que je me souvienne, aucune explication n'a été donnée, mais on sentait nettement qu'une vie antérieure en tant que loup n'était pas écartée du tout. Or, c'est rester au premier degré, et de plus, cela n'apporte pas grand-chose au sujet. Que va-t-il pouvoir faire de cette information? Selon moi, cela charge seulement son mental d'une croyance supplémentaire, complètement invérifiable.

Tout change si on applique la symbolique du loup = l'ego. Dans ce cas, le sujet comprend immédiatement que son ego prend toute la place à l'intérieur de son âme. C'est lui qui est à l'origine de sa cruauté, si cruauté il y a vis à vis d'autrui, mais surtout de son propre comportement destructeur vis à vis de son âme-brebis. C'est la première chose à savoir, si on veut pouvoir combattre efficacement cet ego-animal, qui cherche depuis toujours à évincer les valeurs humaines dont seule, notre âme est porteuse.

En voici un autre exemple, tiré d'une consultation en cabinet.

Gaspard est un petit garçon de 9 ans, que sa maman m'amène pour essayer de corriger une timidité maladive. C'est un petit Colombien, adopté à 22 mois. Sa maman me raconte tous les détails de l'adoption. Manifestement, leur relation est bonne, et avec le papa, il n'y a pas de problème non plus. Gaspard raconte un rêve de Gaulois et de Romains, dans lequel un trésor a été volé. Il adore le film d'Astérix, et se l'est déjà passé 5 fois. Cela pourrait bien signifier que cette histoire lui correspond exactement (elle image son fonctionnement intérieur). Pour explorer cette piste, je lui explique qu'il est double, partagé entre son coeur (sa véritable identité) et son ego (son ennemi intérieur). Le faux Gaspard habite dans sa tête. Il identifie immédiatement un certain discours intérieur qui le dévalorise complètement:

"J'entends toujours une petite voix qui me dit que je suis nul et que je n'y arriverai jamais..."

La traduction est donc très simple: Son ego lui distille des perfidies qu'il prend pour argent comptant dans la mesure où il croit que cette petite voix est la sienne. En effet, tout le pouvoir de l'ego est fondé sur l'usurpation d'identité: il est très difficile de se battre contre soi-même, et c'est la raison pour laquelle il est essentiel de comprendre que l'ego est un autre. Cet autre est symbolisé dans les rêves par un ennemi, et souvent un animal. En ce qui concerne Gaspard, son ego (les Romains) vole son trésor (lui-même) aux Gaulois (encore lui). Pour la vérifier cette traduction, je propose un rêve éveillé.

Voici ce qu'il raconte immédiatement:

"Deux hommes arrivent du Moyen-Âge, jusque dans le futur. Je les vois très bien. L'un d'eux est un chevalier, l'autre est un pauvre paysan. Le chevalier brutalise le paysan, qui ne peut pas se défendre."

J'aurais pu dire: "Voilà l'explication. Dans une vie antérieure, tu as été sous la coupe d'un méchant chevalier, et tu en ressens encore aujourd'hui la situation de servitude." Et qu'est-ce que cela lui aurait apporté? Une information invérifiable, une sorte de fatalité contre laquelle il ne peut rien, puisque cela a été, et continue encore aujourd'hui à être...

J'ai dit: "Voilà l'ego. C'est le chevalier, qui te maltraite, car le paysan, c'est toi. Révolte-toi, tu es plus fort que lui, maintenant que tu as compris ce qui se tramait vraiment à l'intérieur de toi."

"Le chevalier est très fort. Le paysan ne peut rien contre lui. Il est obligé de se laisser frapper. Le chevalier lui dit: De toute façon, tu es laid, tu es nul, et tu es incapable de te battre...."

Je lui fais remarquer tout de suite que c'était exactement la petite voix qu'il entendait dans sa tête: "As-tu reconnu son discours ?" Cela lui donne aussitôt un peu d'espoir, ce qui se concrétise par l'apparition de la Police. "C'est la partie de toi qui veut mettre de l'ordre, et rétablir la justice. Peuvent-ils mettre le chevalier en prison?"

"Non. Il se sauve en entraînant avec lui le pauvre paysan. Ils repartent dans le moyen-âge."

Seule, une explication juste peut faire évoluer les images dans le sens de l'intérêt du rêveur. J'explique donc que le moyen-âge représente son passé, et que le comportement de son ego est certainement très ancien: il a toujours été injuste avec lui. Mais ce moyen-âge peut aussi représenter son propre inconscient (=ce qu'il ne comprend pas sur lui-même), et que son ego met à profit pour le réduire en esclavage. Du reste le mot cheval (= inconscient) est la racine de chevalier, ce qui pourrait signifier que son ego utilise cette partie de lui pour son usage personnel... Mais le cheval est aussi un symbole de la mère (= sa génitrice), que son ego utilise pour le dénigrer: "Puisqu'elle t'a abandonné, c'est que tu le méritais...".

"Le chevalier est obligé de revenir, et cette fois, le paysan se révolte. Il lui dit : "Cela suffit ! Laisse-moi tranquille !" Il le frappe. Il lui fait mal... Il a gagné ! Le chevalier est reparti dans le moyen-âge, mais cette fois, il s'est sauvé...."

Je le félicite. C'est une victoire. Toutefois, je vérifie la traduction. "Consulte ton coeur: C'était bien l'ego? Tu en es sûr? Est-ce que cela pourrait être quelque chose d'autre? Peut-être que je me suis trompée? Est-ce que le chevalier pourrait être ton papa? ou même ta maman?" Il frappe légèrement son doigt contre son front:

"Non. Le chevalier, je l'ai bien senti... là."

Il est probable que le fait d'avoir été abandonné à sa naissance alimente le discours de l'ego de cet enfant: Tu es nul, tu ne présentes aucun intérêt, puisque ta première maman n'a pas voulu de toi.... Mais l'ego (il vaut mieux le savoir) peut utiliser n'importe quelle situation, même la plus favorable, pour mettre le sujet en difficulté.

Je tiens à préciser que chaque fois qu'une personne m'a raconté une vie antérieure (découverte avec un thérapeute adepte de la théorie de la réincarnation), j'ai trouvé une autre explication directement connectée à son passé. Autrement dit, ce type d'expérience met en scène "le passé antérieur" du sujet, vu comme "une autre vie"... Exactement comme les expressions de notre vocabulaire courant: J'ai changé de vie.... Je commence une autre vie.... J'ai l'impression d'avoir eu plusieurs vies...etc....

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Remarque. L'humanité de l'Antiquité croyait que Dieu lui parlait à travers les rêves et les visions. On peut faire l'hypothèse que les rares lettrés de cette époque-là ne prenaient la peine de consigner par écrit que ce qu'ils estimaient être suffisamment important, par exemple la parole divine (=leurs rêves et leurs visions). Cela expliquerait la raison pour laquelle tous les textes sacrés sont pleins d'incohérences, de contradictions, de bizarreries et de "miracles". Exactement comme dans les rêves. Mais dans ce cas, tous ces textes doivent impérativement être traduits, si on veut accéder à leur sens véritable. C'est l'exercice auquel je vais me livrer maintenant.

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Le Bardo-Thödol.

Mon troisième exemple est pris, si j'ose dire, à la source. En effet, ce sont des textes (plus ou moins connus) qui ont incité notre humanité à croire en la réincarnation. Parmi ces textes, il y en a un qu'on trouve dans le Livre Tibétain des Morts (aussi appelé : Bardo-Thödol). (Editions Albin Michel, collection "Spiritualités vivantes").

Comme tous les textes sacrés, celui-ci possède un second degré. Globalement, il pourrait bien s'agir des multiples morts intérieures par lesquelles l'homme doit passer, afin d'accéder peu à peu à la libération de son âme, c-à-d à la conscience totale.

Voici quelques moments forts du processus:

Le moment de l'application : Lorsque cesse la respiration extérieure et que le souffle afflue dans le canal subtil central et que la connaissance apparaît comme étant lumière, lucidité de l'esprit en laquelle rien n'est produit. Après quoi, le souffle s'échappant dans les canaux subtils latéraux de droite et de gauche, les impressions du bardo s'élèvent progressivement dans l'esprit...(p.92)

On a généralement vu là une approche de la mort physique. On peut tout aussi bien y voir une approche de cette mort temporaire qui serait tout simplement le sommeil. Si on relit le texte selon cette nouvelle optique, on peut parfaitement lui trouver ce sens. J'ajoute que le mot "connaissance" est associé à "lumière" et à "lucidité de l'esprit", ce qui évoque sans problème la zone consciente. La contradiction n'est qu'apparente, puisque le rêve, qui intervient pendant le sommeil, permet à l'être humain de prendre conscience de sa réalité intérieure, à condition d'être compris.

Dans ce cas, il est intéressant d'essayer d'approfondir le mot Bardo. Que signifie-t-il? D'après Alexandra David-Neel, cela signifie "le passage entre deux états". Les deux états en question ont l'air d'être la vie et la mort, mais pourraient tout aussi bien être l'éveil et le sommeil. Pourquoi pas? Le texte lui-même en donne plus loin une explication fort intéressante:

Tu disposes de ce qu'on appelle le corps-mental venu des tendances inconscientes de ton esprit. Comme tu n'as plus de corps de chair et de sang, tu n'as rien à craindre des sons, de la lumière et des rayonnements qui te parviennent puisque tu ne peux mourir. Il te faut seulement les reconnaître comme les manifestations de tes propres projections. Sache que c'est le bardo. (p.113)

Les mots "inconscient" (très souvent utilisé dans les textes bouddhiques), "corps mental" et "projections" parlent nettement de notre dimension psychique. Or, notre inconscient se manifeste surtout pendant la nuit, lorsque nous dormons. Le texte dit "puisque tu ne peux mourir", alors qu'on attendait "puisque tu es déjà mort..." Effectivement, ce n'est pas notre corps de chair et de sang qui agit, lorsque nous vivons un rêve très angoissant. Le rêveur n'a rien à craindre des "sons" et des images (lumière et rayonnements) qui l'atteignent, même lorsqu'il est en danger de mort, puisqu'il lui suffit de se réveiller pour que tout rentre dans l'ordre (= "Tu ne peux mourir."). C'est ce que pourrait bien dire le texte: Il te faut les reconnaître = Il te faut reconnaître de quoi il s'agit. Effectivement, il suffit de comprendre son cauchemar pour avancer dans la connaissance de soi. Dans le cadre de cette explication, il est très possible que bardo = rêve.

Revenons au texte de départ. Lorsque l'être humain se détourne du monde extérieur, pour chercher sa "respiration" dans son monde intérieur, il alimente son conscient grâce à son inconscient, et les impressions laissées par ses rêves s'élèvent progressivement dans son esprit.

Mode d'application : Il est recommandé d'entreprendre le transfert de conscience au moment où la respiration est près de s'arrêter. (p.92)

Si on cesse de penser qu'il s'agit vraiment de la mort physique, pour prendre la piste que je propose, il n'y a aucune contradiction. "Le transfert de conscience" (= le passage des contenus de l'inconscient dans le conscient) se fait au moment où l'être humain se détourne du monde extérieur, afin de chercher sa respiration dans son espace intérieur... Ce qui est une façon de laisser mourir la partie de soi-même qui était attachée au monde. Aucun bouddhiste ne me contredira sur cette dernière phrase. Or, il y a transfert de conscience chaque fois qu'un rêve est correctement traduit.

Le moment de l'application et le mode d'application sont dans l'introduction. Plus loin, se trouve un passage très étonnant, qui tente d'expliquer les raisons pour lesquelles on ne doit pas entrer dans la matrice (ceci, apparemment, afin de ne pas se réincarner). Le premier degré étant non seulement invérifiable, mais aussi complètement incohérent du point de vue de la logique, j'ai cherché à savoir s'il n'y avait pas une autre explication. Mais voici d'abord le texte:

Ainsi qu'il a été dit, tu verras un homme et une femme s'unir. A ce moment-là, à cause de ton aversion, tu entreras dans la matrice, et deviendras cheval, oiseau ou être humain ou quelque chose de semblable. (p.190)

Du strict point de vue de l'explication de texte, il est évident qu'il y a un problème. Un couple d'humains ne peut concevoir un cheval ou un oiseau... Or, si ce texte est vraiment important, il doit être intelligent. Le seul moyen de lui rendre cette intelligence, c'est de lui accorder un sens symbolique. Cheval = Inconscient. Oiseau = Âme... Cela devient déjà plus acceptable, puisque ce sont deux aspects de l'être humain (= ou de "quelque chose de semblable").

J'ajoute que, sur le plan concret, ce qui entre dans la matrice - à ce moment précis - c'est le pénis de monsieur. Restons simples... et ce sera peut-être intéressant d'y revenir tout à l'heure. En attendant, il faudrait savoir ce que c'est que cette "aversion." La suite du texte est proprement stupéfiante:

Si tu dois devenir un homme, tu te vois apparaître toi-même mâle et tu éprouves un sentiment de haine à l'égard de ton père, et une attirance jalouse à l'égard de ta mère. Mais si tu dois devenir une femme, tu te vois femelle, et tu éprouves un sentiment de jalousie haineuse à l'égard de ta mère, et un sentiment d'attirance et de convoitise à l'égard de ton père.

On croirait entendre Freud et son complexe d'Oedipe. Sauf qu'ici, il s'agirait d'un être humain en train de se réincarner... ce dont je doute fort, toujours pour la même raison que cela reste invérifiable. Si l'homme peut accéder à la connaissance de lui-même, il faut obligatoirement qu'il puisse avoir des preuves des explications qu'on lui propose.

Il y a donc une autre entrée.

La haine et l'attirance (vis à vis des parents) sont des sentiments forts ressentis uniquement par le jeune adulte, et indiquant seulement que le cordon avec eux n'est pas coupé. C'est tout. Mais c'est énorme, car cela va influencer douloureusement le reste de la vie de l'être humain concerné, puisqu'il risque "d'épouser" son père ou sa mère, ce qui est le meilleur garant d'un mariage malheureux. On peut donc supposer que le texte possède deux explications superposables.

L'une sur le plan extérieur = Un être humain resté infantile ne peut véritablement accéder à son identité propre, puisqu'il reste dépendant de papa-maman. Et comment gérer une vie d'adulte dans ces conditions? C'est tout aussi difficile que si on demandait à un enfant d'être le parent d'un bébé, d'assumer une profession, etc... J'ajoute toutefois que beaucoup de gens qui sont dans cette situation psychologique ressentent leur dificulté majeure surtout dans le domaine sentimental.

L'autre sur le plan intérieur = Un jeune adulte dans cette situation, au lieu de quitter l'utérus maternel, y retourne, symboliquement bien entendu... Cette image virtuelle est du reste fréquemment donnée dans les rêves. C'est ce que dit le texte, si on le comprend symboliquement.

C'est dans ces conditions que tu pénètres dans la matrice et, à l'instant même où l'ovule et la semence se rencontrent, tu ressens la joie innée et dans ce bonheur, tu t'évanouis. Tout d'abord substance liquide, puis substance solide, le corps grandit, puis, lorsque tu quittes la matrice et que tu ouvres les yeux, tu te trouves être un jeune chiot ayant son existence propre. (p.191)

Dans la langue symbolique, tous les animaux représentent des aspects de l'être humain, et les bébés-animaux sont souvent révélateurs d'un aspect enfant chez un adulte.

Le texte semble bien parler du plaisir sexuel généré par la première expérience amoureuse. Je m'appuie toujours sur des situations basiques parce que collectivement vraies. Or, ce plaisir est universellement ressenti, surtout par les garçons, et on peut bien identifier ici un garçon: La substance liquide = le sperme = la "liqueur séminale", qui vient d'abord, et permet au pénis de devenir "substance solide", et de "grandir" ... Et, effectivement, lorsque l'orgasme est terminé, beaucoup d'amants (et amantes) "ouvrent les yeux" au sens propre.

Mais le sens figuré exige d'être pris en compte: Ouvrir les yeux est une expression connue, qui parle de prise de conscience = Ouvre les yeux sur toi-même, et prends conscience de ta véritable situation psychologique: bien qu'adulte dans ton corps (=tu viens de faire l'amour), tu es resté un petit garçon dans ton âme, face à tes parents (le jeune chiot).

Etais-tu précédemment un être humain, te voilà devenu chien, et contraint de supporter les souffrances d'une vie de chenil, ou de porcherie, ou de fourmilière, comme un insecte dans son trou, un veau, un chevreau ou un agneau ; tu ne peux plus faire demi-tour.

Le trou est symboliquement l'utérus maternel, dans lequel tant de gens se retrouvent, pour avoir été incapables d'en sortir. Cela les confine dans une vie rétrécie, une vie animale, une vie d'enfant, malgré le temps qui passe et vieillit leur corps.

L'allusion au chien évoque cette obéissance que les enfants adultes croient devoir à leurs parents, et qui perdure parfois malgré la vieillesse et les vrais besoins de l'âme. (cf les Sectes). Bien entendu, cette obéissance sera souvent vécue aussi vis à vis d'un chef, un patron, un supérieur (cf Psychiatrie). Cela débouche facilement sur le harcèlement moral, ou toute autre situation injuste (par exemple un mariage difficile) subie par le sujet, qui est incapable de s'en libérer parce qu'il est toujours enfermé dans l'utérus maternel (ce que le bardo-thödol exprime par ces mots, très proches: N'entre pas dans la matrice.)

L'allusion au porc évoque plutôt cette dépendance au sexe, (par exemple le don-juanisme), et qui traduit souvent ce besoin irrépressible de se retrouver vraiment dans l'utérus maternel, besoin jamais satisfait, puisqu'aucune conquête féminine ne sera jamais semblable à la mère toute puissante...

L'allusion aux fourmis évoque - Soit une inconscience totale, par rapport à cette situation psychologique. - Soit le rôle de l'ego, capable de "coloniser" l'être humain, d'autant plus facilement qu'il est resté infantile, aspect dont parlent les "petits" de la vache, de la chèvre et de la brebis (trois grands symboles maternels).

Si cette traduction est exacte, le texte dit que les souffrances de la vie sont directement liées à cet état de dépendance (= de libération non accomplie par rapport aux parents).

Tu devras endurer le mutisme et toutes sortes de souffrances dans un état de grande stupidité et d'ignorance. Ainsi tourneras-tu enchaîné à la ronde des six états d'existence, parmi les êtres infernaux et les esprits avides, au milieu de tourments innombrables. Il n'y a pas de plus grande violence, de plus grande peur, de plus grande frayeur que cela.

En lisant le texte de cette façon, on peut faire le lien avec tous ces êtres humains enfermés dans leurs souffrances, incapables même de les exprimer, parce qu'ils n'en ont pas une conscience claire... La chaîne, je le rappelle, parle en général du cordon ombilical, et le Six est un grand symbole, justement, de l'impossibilité de prendre conscience.

C'est dans ce contexte, bien sûr, que l'ego (= les esprits avides et les êtres infernaux) peut le plus facilement installer sa tyrannie. Les tourments qu'il génère sont innombrables. Malheureusement, qu'on soit bouddhiste ou non, qu'on croie en ce texte ou non, on risque fort d'être justement dans cette situation - qu'on craint pour sa prochaine vie - et qui touche en réalité douloureusement la vie actuelle.

Hélas, hélas, que c'est terrifiant, hélas ! Ceux qui n'ont pas reçu l'enseignement d'un Lama tomberont dans les précipices et les gouffres du monde du cycle des existences où ils seront éternellement pourchassés par des souffrances abominables. Ecoute donc mon enseignement. Je t'ai montré les instructions pour fermer la porte de la matrice en conjurant l'attirance et l'aversion. Ecoute ces paroles et souviens-t'en ! (p.191)

Comme toujours, l'enseignement parle de connaissance de soi, et le Lama évoqué dans le texte symbolise (pour moi) l'instance intérieure que chaque être humain porte en lui (lama pour les Bouddhistes, prêtre pour les Chrétiens, chaman pour les Indiens etc...). Mais en aucun cas, cette instance ne peut être un être humain extérieur, car personne ne peut savoir ce qui se passe réellement à l'intérieur d'un individu, à part lui-même. Mais pour cela, il faut qu'il ait accès à cette connaissance, distillée par ses propres rêves, et dont toutes les Ecritures Sacrées lui parlent aussi, de façon collective. (Bible : "Ils ont des yeux pour ne pas voir, et des oreilles pour ne pas entendre.")

Ici : Ecoute donc ces paroles et souviens-t'en.

Malheureusement, s'il ne les comprend pas, il tombe dans le précipice et le gouffre, qui sont justement deux grands symboles, à la fois de l'utérus et de l'inconscient, sans oublier le sens de "dépression", souvent symbolisée dans un rêve par un "creux" dont on n'arrive pas à sortir.

Inversement, sitôt que l'être humain se met à l'écoute de cet enseignement, il peut enfin "fermer la porte de la matrice" (= il cesse d'être prisonnier de l'utérus maternel), parce qu'il a coupé son cordon ombilical. Il n'éprouve plus ni attirance, ni aversion. Il est enfin libre (= adulte) en face de ses parents. Cela fait une grande différence dans la conduite de la vie. Cela suppose que l'enseignement en question a été réellement compris. L'accès au monde extérieur est devenu possible - dans la liberté.

Il est intéressant de revenir un instant sur la description du Bardo.

Ainsi, ô noble fils, si tu ne reconnais pas tout ceci comme étant tes propres projections, quelles qu'aient été les pratiques que tu as accomplies de ton vivant parmi les hommes, si tu ne rencontres pas ces enseignements, tu auras peur des lumières, tu seras effrayé par les sons et terrifié par les rayonnements. Si tu ne connais pas la clef des instructions, tu ne reconnaîtras pas les sons, les lumières et les rayonnements et tu erreras dans le cycle des existences.

Personnellement, je pense qu'on peut parfaitement identifier ici les cauchemars, qui font souvent si peur, et qui cessent d'intervenir dès que le sujet les a compris. Or les cauchemars mettent en scène, soit une situation extérieure qui terrifie le rêveur (un proche), soit une situation intérieure qui a le même effet (l'ego). Mais si on ne connaît pas la clef des instructions (= le code), qui permet de comprendre son cauchemar, on continue à le faire, encore et encore (récurrent ou différent, mais ayant le même sens). L'intérêt réel, c'est que le rêveur réussisse à "reconnaître les sons, les lumières et les rayonnements comme ses propres projections," c'est-à-dire comme son propre vécu (= vie extérieure et/ou vie intérieure). C'est à ce moment-là qu'il en deviendra le maître, ce qu'il pourra vérifier directement, car il se sentira beaucoup mieux et ne sera plus torturé par ses cauchemars.

"Le sens de cet enseignement est que tu reconnaisses dans chacune des apparitions, si horrible soit-elle, la manifestation de tes pensées." (p.112).

Or, j'identifie presque toujours l'ego dans une apparition particulièrement horrible. Quand cela correspond à la vérité du rêveur, cela suffit pour le rassurer et lui permettre d'être mieux armé contre son ennemi intérieur qui "pense" à sa place dans sa tête...

Si mon analyse est juste, cela signifie que toutes les pratiques accomplies (quelle que soit la religion adoptée) resteront sans effet, tant que l'homme ne connaîtra pas la clé des instructions. Autrement dit, cela signifie que ce texte (comme tous les textes sacrés) possède un sens crypté, qui reste inaccessible à celui qui n'en possède pas la clé. Et si le Bardo est vraiment le rêve, alors, cela signifie que l'homme ne pourra vraiment achever son évolution que lorsqu'il comprendra les messages de son inconscient. C'est une hypothèse que je vérifie tous les jours en consultation.

Très bizarrement, la suite du texte explique comment entrer dans la matrice.

Demande à tous les Bouddhas de bénir cette matrice comme un palais divin et de te transférer leur pouvoir de réalisation. Et ainsi, entre dans cette matrice.

L'idée que l'utérus d'une femme puisse être comparé à un palais divin me laisse perplexe. Je ne peux me laisser séduire par cette idée, bien que je sois une femme... Du reste, tout de suite après, le texte parle de matrice pure et de matrice impure. Qui va en décider? Je préfère penser que tout ce qui est matière (la matrice de chair) appartient à la matière (ni pure, ni impure, mais simplement soumise à la mort). Inversement, tout ce qui est Esprit (l'âme consciente et inconsciente) appartient à l'Esprit, ce qui semble cohérent puisqu'on nous parle de "Palais divin". On pourrait dire que l'inconscient est une matrice de vie (impure si elle est soumise à l'ego, pure si elle est libérée de lui). Mais cela suppose que l'homme en prenne conscience.

On peut également relier ce texte à un passage connu de l'Evangile de Jean.

"En vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? peut-il rentrer dans le sein de sa mère, et naître ?"

Ici, il s'agit d'une seconde naissance, ( qui n'a pas du tout été comprise comme une réincarnation ) qui, de toute façon, est donnée comme obligatoire. Certes, Nicodème reste au niveau du corps. Il est impossible de retourner dans l'utérus maternel ! C'est vrai, mais ce que tout le monde ignore, c'est qu'il est surtout très difficile d'en sortir - psychiquement... (cf Les Sectes). La réponse de Jésus devient claire, si on la comprend sur le plan intérieur.

"En vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne t'étonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau."

L'eau = l'inconscient, et l'Esprit est immatériel, comme l'âme. Ces paroles nous mettent en garde. Ne confondez pas votre dimension physique avec votre dimension psychique = votre âme avec votre corps. Cette nouvelle naissance, c'est celle de notre véritable identité, et elle ne peut se faire que dans un contexte de connaissance de soi (grâce à l'eau de l'inconscient). Dans l'Evangile, il s'agit de la crèche, dans le Bardo-Thodol, il s'agit d'une matrice-palais-divin, mais la différence est mince, car tout est symbole.

Si ce palais divin est notre propre inconscient, matrice de la vie de notre âme, alors le texte prend une toute autre dimension, car le pouvoir de réalisation est celui de "se réaliser", c-à-d de prendre sa vie en mains, et de devenir le propriétaire de sa propre âme. Et certes, dans ce cas, il faut entrer dans cette matrice qui serait l'inconscient. (cf Psychanalyse de la Bible).

Agis donc de la manière suivante : Dès qu'une porte de matrice pure t'apparaît, n'éprouve aucun attachement, et dès que tu vois une porte impure, n'éprouve aucune aversion. Sans te saisir de ce qui est bon, et sans rejeter ce qui est mauvais, il te faut demeurer dans la grande équanimité dépourvue d'attachement et d'aversion. C'est la profonde instruction clef.

A mon sens, le texte parle ici de l'attirance et de l'aversion, marques visibles de l'attachement à la mère. Qu'elle soit bonne ou mauvaise, il est impératif de se détacher d'elle. Du reste, elle peut être, (et c'est normal), parfois bonne et parfois mauvaise. Et justement, pour entrer dans son propre inconscient, matrice de sa propre identité, il est indispensable de se libérer de sa génitrice.

Personne ne peut se construire sur la dépendance. Mais pour cela, il ne faut pas se fier aux discours de l'ego qui justifie l'inacceptable, et impose l'invérifiable. Il vaut mieux se brancher sur son propre inconscient, et faire confiance aux messages qu'il nous envoie à travers les rêves.

Même pour ceux qui ne peuvent pas se débarrasser de l'attachement et de l'aversion, pour ceux dont les facultés sont les plus basses et même pour les grands pêcheurs qui sont comme des animaux, le sort peut être conjuré par la prise de refuge.

Le texte est au présent, ce qui est parfaitement justifié si le mort en question est toujours vivant. J'aime bien aussi la comparaison sur les grands pêcheurs qui sont comme les animaux (cf les animaux évoqués dans le texte un peu plus haut...). La prise de refuge pourrait être l'entrée dans l'inconscient, où toutes les questions que l'homme se pose peuvent trouver des réponses fiables.

Noble fils, si l'influence de tes actes t'oblige à devoir entrer dans la matrice, je vais te donner une autre instruction pour choisir la porte de la matrice. Ecoute ! Quelle que soit la matrice qui t'apparaît, n'y entre pas.

On est bien avancé... sauf si on comprend cela comme la nécessité de devenir psychiquement adulte, en évitant de se laisser piéger par l'utérus maternel, quelle que soit la mère du sujet...

Il existe deux enseignements. L'un est le transfert de conscience dans les Purs Champs de Bouddha, l'autre est celui qui permet de faire le choix d'une matrice dans le cycle impur de l'existence.

Autrement dit, faire passer les contenus de l'inconscient dans le conscient permet de devenir "Eveillé", comme Bouddha. Et cela n'est pas incompatible avec le fait de fonder une vie de couple harmonieuse (= choisir une bonne matrice), dans le contexte de la vie extérieure (le cycle impur de l'existence). J'ajoute toutefois qu'un couple harmonieux est l'indice extérieur d'une union intérieure (masculin + féminin) réussie. Cela pourrait donc signifier qu'entrer dans son inconscient est une nécessité, pour celui qui veut vivre le mieux possible cette vie terrestre.

Ce que je trouve le plus gênant dans le premier degré, c'est que madame soit finalement réduite à une matrice.... Tant pis. Nous nous consolerons, mesdames, avec cette idée que ces messieurs - en Orient, comme en Occident - se sont mutilés eux-mêmes, en réduisant l'humanité au sexe fort.

Il me semble que, dans notre humanité moderne, où l'égalité des sexes est en train de s'installer, où plus de justice est demandée (droit des femmes, droit des enfants, droit des petits et des obscurs, face aux puissants), une autre lecture de tous ces textes doive être faite, afin de les rendre plus justes, eux aussi. Je ne cherche pas à choquer, ni à déstabiliser ceux qui y croient. De plus, j'ai parfaitement conscience que je peux me tromper. Mais ouvrir une autre porte, chercher une autre piste, apporter une autre explication, cela ne me paraît pas dangereux, au contraire, puisque tant de questions restent posées par rapport au sens profond dont les spécialistes eux-mêmes sentent bien que, parfois, il leur échappe. D'ailleurs, page 136, voici ce qui est écrit.

Ici se termine l'enseignement de la Grande Libération par l'Ecoute, concernant la lumière de lucide clarté dans l'état intermédiaire après la mort, et la reconnaissance de l'état où apparaissent les divinités paisibles dans le bardo de la Vérité en Soi.

Tous les mots utilisés parlent de connaissance de soi (enseignement, reconnaissance, Vérité en soi...), de conscience (lumière, lucidité, clarté, paix), et de se mettre à l'écoute de sa voix intérieure dans le bardo (= le rêve) afin d'être libéré (grâce à la mort de tout ce qui nous enchaîne, et en dernier ressort, à celle de l'ego). Voici une traduction possible de cette phrase écrite (selon moi) dans la langue symbolique:

=Ici se termine l'enseignement de la libération de l'âme humaine, grâce à l'écoute, concernant les prises de conscience, dans l'état du rêve, entre éveil et sommeil. Cette croissance du conscient débouche sur l'état de connaissance de soi. Cet état se construit sur la vérité propre à chaque être humain, et fait apparaître la paix intérieure.

Cette fin de chapitre se termine par un mantra (que je ne peux reproduire ici qu'approximativement):

iti o/o Samaya o/o ya gya gya o/o

Le sens n'est pas donné, mais seulement l'information suivante: "Mantras qui scellent le secret du texte." Autrement dit, le texte est crypté. Son sens apparent n'est pas son sens réel... Or, si on lit toutes les explications données par les lamas autorisés, on peut se rendre compte que le texte est pris au premier degré. En revanche, ma traduction est un vrai décryptage...

*

Nouvelle incarnation = Naissance d'un nouvel être humain.

Cela nous amène à une dernière hypothèse, simplement fondée sur le sens des mots.

Quand on parle des animaux, on utilise le terme de reproduction.

Quand on parle des êtres humains, on peut utiliser le même terme, qui débouche sur les générations. Bien entendu, ces mots ne semblent toucher que le corps, mais c'est quand même bien dans le corps que se trouve l'âme... A l'inverse, les écoles spiritualistes qui parlent de réincarnation, ne visent que l'âme, mais celle-ci a besoin d'un nouveau corps pour s'incarner. Les deux approches s'emboîtent parfaitement.

Pour la grande majorité des gens, seule (ou surtout) compte la vie du corps. Probablement parce que personne ne peut la mettre en doute.

Qu'en est-il de l'âme ?

Lorsqu'un couple donne naissance à un enfant, la mère a fourni un ovule, le père un spermatozoïde. Qu'y a-t-il dans chacune de ces deux cellules vivantes? Manifestement, certains contenus dont on ne peut contrôler la nature. La seule chose qu'on puisse dire, c'est que cela fait partie de l'hérédité. L'ovocyte contient des caractéristiques maternelles, et le spermatozoïde contient des caractéristiques paternelles. On peut faire l'hypothèse que chaque cellule est porteuse d'une petite partie de l'inconscient de chacun des parents. Les savants appellent cela le patrimoine génétique. C'est l'approche scientifique.

Les approches religieuses sont fondées sur cette même vérité, exprimée dans le langage symbolique: La vie est sacrée, que ce soit la vie d'un insecte (bouddhisme) ou d'un foetus (catholicisme). Ce que ces deux grandes religions oublient, c'est que la première vie à respecter, c'est celle de l'individu lui-même. Autrement dit, l'insecte que je ne dois pas écraser, c'est... moi ! Et l'enfant que je dois respecter, c'est encore moi, qui n'ai pas pu grandir, souvent pour cause d'enfance troublée.

C'est le principe de la projection, qui est le fondement même de la psychanalyse.

La seule vie sacrée est celle de l'âme. Celui qui la met constamment en danger est l'ego. C'est lui qui projette sur le plan extérieur les vérités intérieures. Tous les interdits viennent de lui, parce qu'il reste au premier degré, et garde la lettre au détriment de l'esprit.

Je peux donc écraser un insecte, ou manger de la viande... mais je ne dois pas me laisser écraser, ou 'bouffer' par mes proches ou par mon ego. Si je donne la priorité à mon âme, je laisserai le monde animal en paix, sauf s'il s'invite chez moi sans ma permission. Les souris ne sont pas des locataires désirables, et j'ai parfaitement le droit de m'en débarrasser, d'autant plus que du point de vue symbolique, ce petit animal est une représentation de l'ego... Quant à la viande, elle symbolise la chair, ce 'péché' fustigé par de nombreuses religions, et il serait intéressant de séparer l'objet de son symbole, afin de ne plus être soumis à la confusion.

Quant à l'IVG, seules les femmes savent ce que cela signifie. Dans une société où la honte d'une grossesse hors mariage était véhiculée par l'Eglise, et où la famille elle-même jetait l'anathème sur la pauvre coupable, sans jamais mettre en cause le partenaire masculin, l'avortement était la seule issue, avec tous les risques que cela comportait. Puis les choses ont changé et l'interruption volontaire de grossesse est devenue un droit des femmes. La religion ne pouvant plus exclure la mère célibataire, elle a choisi de sacraliser l'enfant dès la conception. Ceux qui entériennent cette approche, vont parfois jusqu'à s'enchaîner devant les grilles d'une clinique qui pratique les IVG, ou même jusqu'à assassiner le médecin qui applique la loi. Où est la tolérance? l'intelligence? l'humanité? le respect pour la décision d'autrui? Si la religion se mêlait de ce qui concerne l'âme, et laissait à chacun le droit de décider de ce qui concerne son corps, on éviterait beaucoup d'incohérences et d'absurdités... fondées sur la projection.

Car celui qui sacralise l'enfant dès la conception projette sur le foetus sa propre enfance brisée, détruite, ou simplement inachevée. Il manifeste alors par sa prise de position que son évolution est restée bloquée, et qu'il n'est pas complètement adulte. Reconnaître un reste d'enfance en soi et le faire grandir, cela change tout... car on se retrouve dans un comportement enfin humain et intelligent, où règne le simple bon sens. L'ego animal, incapable de compassion et d'indulgence, applique bêtement la loi du plus fort, ce qui passe très souvent par la lecture fondamentaliste des textes sacrés. Dans ces cas-là, l'amour est toujours perdant, ce qui est le signe que l'on a perdu Dieu de vue...

Revenons à la réincarnation.

L'âme des parents s'incarne dans un nouveau corps, celui de leur enfant. Le principe de réincarnation serait alors la mise en scène symbolique de cet événement très naturel, compris au premier degré...

Les enfants reproduisent souvent certains comportements parentaux, mais aussi certaines maladies, et même certains événements, selon les découvertes de la psycho-généalogie. Les problèmes non réglés des générations précédentes peuvent être transmis aux générations suivantes, et réactivés à la faveur de certains facteurs.

Si l'âme contenue dans une cellule féminine ou masculine (ou dans les deux) véhicule trop de souffrances, le corps dans lequel elle va s'incarner pourrait manifester cette souffrance par divers handicaps psychiques ou même physiques. (Il faut pour cela faire des investigations dans la vie et l'enfance des parents qui donnent naissance à un enfant à problèmes). cf Psychiatrie et Santé mentale.

Si l'ego accède à un pouvoir excessif trop tôt, il peut empêcher l'âme de prendre sa place (vers l'âge de trois ans), et cela déboucherait sur des maladies psychiatriques comme l'autisme (un corps où l'âme ne peut pas s'installer, parce que l'ego occupe les lieux). Mais ce pouvoir peut intervenir à tous les âges de la vie, et l'impossibilité d'exister donnerait alors tous les troubles psychiques répertoriés par la psychiatrie moderne - sans exception. La vérification, ici encore, est relativement simple. Dans tous les cas, l'information à donner est celle de la dualité humaine afin de permettre au sujet, si jeune soit-il, de se battre contre son ego, en le lui faisant identifier comme un ennemi qu'il peut vaincre. (voir Incarnation.)

L'ego ne traduit jamais les textes sacrés. Il les prend tels quels, ce qui est le meilleur moyen d'assurer son pouvoir sur l'homme. En effet, seule la compréhension juste des problèmes permet de les résoudre. Tant qu'on parle de vies passées et de vies futures, la vie présente reste sous la coupe du tyran-ego. Et, d'une certaine façon, c'est lui seul qui se réincarne, puisque c'est lui seul qui garde le pouvoir, à chaque génération, avec toutes les souffrances que cela génère, sur le plan individuel et sur le plan collectif...

Dans ces conditions, comment donner sa place à la partie psychique qui anime le corps?

En comprenant enfin que les Ecritures nous mettent seulement en garde contre le pouvoir des parents et contre celui de l'ego. Bien entendu, pour résoudre ces deux obstacles, il faut entrer dans le Bardo, c-à-d se brancher sur son inconscient et en comprendre la langue.

*

Le symbole peut résoudre certains problèmes.

Je tiens à évoquer deux autres difficultés en ce qui concerne les vies antérieures.

- La plupart du temps, elles mettent en scène de grands personnages. Quand on lit un auteur comme Edgar Cayce, on découvre avec surprise que ses "lectures" affirmaient à ses consultants qu'ils avaient été Grands Prêtres, grands chefs de guerre, rois ou fils de rois, ou encore Jeanne d'Arc, et même Achille ! Pour moi, cela peut avoir un sens très simple. Tous les grands personnages présentés par l'inconscient sont en fait des symboles de l'ego, qui se veut le plus grand, le plus fort, le premier...

- Un des principes de base, c'est qu'on a "choisi" la famille dans laquelle on s'est incarné. Cela me semble être un leurre inacceptable. Autrefois, on pouvait dire à ses parents: "Je n'ai pas choisi de venir au monde, c'est vous qui m'avez voulu(e) ! Maintenant, vous devez assumer." C'était juste, car enfin, c'est (en principe) les parents qui veulent avoir un enfant et qui le mettent en route... Et ils savent bien, selon toute apparence, que cet enfant subira le cadre dans lequel il va arriver: la pauvreté, les tensions familiales, l'exclusion (enfant non désiré), ou au contraire l'aisance, l'entente familiale, la tendresse (enfant attendu). Il suffit d'un peu de lucidité pour le reconnaître et le prévoir. Il n'y a rien là de sorcier, et nul besoin non plus de spéculer sur une hypothétique réincarnation.

Car l'inacceptable (selon moi) vient du fait qu'on ne peut plus s'insurger contre les comportements iniques des parents. On les a choisis, on les a mérités, à cause de ses propres erreurs (invérifiables) dans une autre vie. Cela ressemble beaucoup à cette culture de la souffrance, privilégiée par la plupart des religions, surtout le catholicisme. En plus, ici, on est coupable. Les découvertes de la psychogénéalogie semblent s'inscrire en faux contre cette approche, puisqu'elles font apparaître les souffrances qui se reproduisent de génération en génération. Pour moi, le remède le plus efficace pour conjurer cela, c'est de couper le cordon ombilical avec ses géniteurs. Mais pour ce faire, il est indispensable de les voir tels qu'ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts, car seule une vision objective de la relation avec nos proches peut nous permettre de nous libérer d'eux (et de tout le passé qu'ils trainent avec eux). Quand les parents ont une attitude inacceptable envers leur enfant adulte, il ne faut pas l'accepter. Pourtant, en général, c'est ce qu'on fait, au nom de l'un ou l'autre de ces deux principes soi-disant religieux:

Soit "Tu dois le respect à ton père et à ta mère." (cf Les Dix Commandements).

Soit "Tu as ces parents-là parce que tu as choisi de les avoir, pour avancer dans cette vie-là..."

Je serais d'accord si cela permettait vraiment d'avancer. Mais cela fait souffrir, c'est tout. Certaines personnes disent que cela les aide à accepter cette souffrance. Mais la seule chose qui justifierait cette théorie serait l'effacement de cette souffrance. Comme ce n'est pas le cas, je la refuse. J'ajoute que là encore, l'ego est le seul bénéficiaire : tant que l'être humain ploie sous le joug de la souffrance, l'ego garde le pouvoir.

Dans ce cas, le rêve est un outil précieux, car il peut mettre en scène cette image, qui signifie tout simplement: "Tes parents te font chier", ce qui a le mérite d'être facile à comprendre. De plus, cela permet au rêveur de ne plus douter de ce qu'il ressent vis à vis d'eux: cela légitime son point de vue, et à terme, cela le libère de leurs abus de pouvoir. Quand il n'y a plus de souffrance, outre qu'on se sent bien, on peut nouer avec ses parents une relation sereine, ce qui me paraît tout aussi important, pour leur bien-être, à eux aussi...

Note. Les parents ne sont pas les seuls concernés. Certaines autres relations sont également très difficiles et la croyance aux vies antérieures les pérennise trop souvent. Ainsi la mère d'un jeune homme violent affirma tranquillement à sa future belle-fille que son fils la battait parce qu'elle l'avait elle-même tyrannisé dans leur vie précédente. Une explication de ce genre est tout simplement un abus de pouvoir. L'ego, dans cette approche, prolifère et se multiplie... Une autre explication, beaucoup plus simple, et probablement beaucoup plus vraie, serait que ce garçon était sous la coupe de son ego, qui exerçait sa propre violence à travers lui, sur sa fiancée.

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Conclusion.

Cette analyse m'est personnelle. Elle diffère des approches classiques sur la réincarnation en ce sens qu'elle cherche à établir un lien cohérent entre une croyance très répandue et la vie de chaque être humain. On quitte alors l'invérifiable - domaine royal du pouvoir de l'ego - pour se brancher sur son vécu, son expérience, sa relation avec ses proches et avec soi-même. Si des connexions sont vraiment faites, on a gagné en conscience, perdu en inconscience, et le pouvoir de l'ego en a pris un coup. Quand on se comprend mieux, on comprend mieux les autres. Les Bouddhistes ne sont pas mieux placés que les autres dans la course à la spiritualité. Comment pourraient-ils accéder au Nirvana sans avoir réglé leurs problèmes à papa-maman, sans avoir pris conscience que leur ego est tout-puissant à l'intérieur d'eux-mêmes?

Tous les discours trop intellectualisés risquent de passer à côté de la vérité. En ce qui concerne le bouddhisme, l'aspect intellectuel, abstrait, obscur, compliqué, est évident. Les extraits cités plus haut le montrent bien, et mes traductions se veulent au contraire simples, ancrées dans la chair et la vie quotidienne, afin de rendre aux textes la valeur d'un vécu pouvant toucher tout le monde.

On ne peut accomplir un vrai parcours spirituel, si on ignore que l'ego, cet ennemi intérieur, peut prendre la place d'un être humain, dès la petite enfance (cf Psychiatrie), et parfois même dès la naissance. Dans toutes les religions, on occulte les problèmes terrestres relationnels, en promettant à l'individu une récompense spirituelle (cf Sectes) qui se révèle être un leurre, à plus ou moins court terme. On ne bâtit rien sur des théories intellectuelles, si séduisantes soient-elles. La construction de l'âme exige la prise en compte de sa vérité propre, c-à-d de ce qui se passe réellement à l'intérieur du monde psychique. Mais on ne peut pas le savoir, si on n'entre pas soi-même dans son propre inconscient, afin d'y installer la lumière du conscient.

Le Bouddhisme a trouvé en Matthieu Ricard un défenseur occidental très efficace. Son livre, "Plaidoyer pour le bonheur" est extrêmement intéressant, mais il oublie un paramètre essentiel, qui touche pourtant beaucoup de gens. Aimer autrui est une ligne de conduite exploitée savamment par l'ego, qui en fait une de ses têtes de pont. En effet, à force de se donner aux autres, on risque de s'oublier soi-même, lorsqu'on est inséré dans la société. Evidemment, celui qui est engagé dans un couvent ou un ashram peut y trouver son compte et cela semble être le cas de l'auteur. Mais a-t-il pensé à tous ces gens qui font la même chose dans le cadre de leur vie quotidienne?

Je pense à une femme qui se dévoue du matin au soir pour sa famille et ses amis, et qui a l'impression d'y perdre son âme, de ne plus exister, d'être proprement épuisée, de n'avoir plus rien à donner, et d'être pourtant obligée de continuer dans ce système, parce que les autres, habitués à ce fonctionnement-là, ne pourraient comprendre qu'elle cesse de l'utiliser. C'est son ego qui la coince là, sous couvert de générosité, en lui interdisant de faire pour elle-même ce qu'elle accorde aux autres. Car l'ego est très malin, et il est capable de pervertir même la bonté et l'ouverture. Beaucoup de gens se savent pas dire non, ou n'osent pas, et quand le pli est pris, il est trop tard.

L'homme a toujours cru que la Connaissance de Dieu passait par des textes sacrés, qu'il a lus au premier degré, et qui n'ont alimenté que son ego. L'homme n'accèdera à une spiritualité authentique qu'en passant par la connaissance de lui-même, c'est cela, le chemin vers Dieu - s'il existe... Et c'est en faisant ce chemin qu'on finit par savoir, justement, qu'Il existe. Mais il ne s'agit plus alors d'une croyance, il s'agit d'une certitude intérieure qui exclut tout prosélytisme. Et cette certitude doit être accompagnée de bien-être, sans quoi, elle ne vaut rien.

J'ajoute que la seule existence sûre, pour chaque être humain, c'est la sienne. Si on laisse l'ego la diriger, on vit l'enfer sur terre. Si on réussit à donner le pouvoir à son âme, on découvre le paradis sur terre. Cela pourrait bien signifier que la divinité se trouve à l'intérieur de chacun d'entre nous: c'est notre âme. La preuve de l'existence de Dieu sera donnée le jour où chaque personne se reconnaîtra dans sa véritable identité. Pour cela, il faut que l'humanité devienne adulte, et frappe son ego d'ostracisme.

Car l'infantilisme et la tyrannie de l'ego sont nos deux obstacles majeurs. Tous les textes sacrés peuvent être lus dans ce sens et tous les rêves abordent ces deux problèmes. A mon avis, aucune amélioration ne sera vraiment possible tant qu'on ne le saura pas, d'abord sur le plan personnel et ensuite seulement sur le plan collectif. Quand un nombre suffisant d'individus sera libéré, la collectivité suivra. C'est le chemin inverse de ce qui a toujours été proposé. L'enseignement donné aux masses affirme pouvoir apporter le salut. C'est manifestement faux. La connaissance de soi au niveau particulier doit être le terreau de la réalisation globale de notre humanité.

 

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